LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Marc-J. Ghens.  Octobre 2005 
  "La Douleur", exposition d'Art Brut
  
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u Musée du Dr Guislain à Gand, avec un symposium en novembre

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Il n’est plus besoin de présenter l’institut psychiatrique du Dr. Guislain, à Gand.

Encore que… Agée de plus d’un siècle, cette institution s’est donc consacrée au soin de ceux d’entre nous qui, pour un certain nombre de raisons, "perdent les pédales", comme dit le bon peuple. On arguera que, par les temps qui courent, cette institution devrait refuser du monde ! Mais là n’est certainement pas notre propos.

Ce qui concerne l’amateur d’art est le fait que, ayant survécu aux méfaits (selon certains !) du grand Sigmund, la dite institution s’est attachée, dans un cadre thérapeutique, aux œuvres d’Art réalisées par des patients en psychiatrie. Le mouvement n’est pas nouveau et il a conduit au concept d’Art Brut, encore dénommé à tort d’ailleurs Art Naïf. Car rien n’est moins naïf qu’en ce domaine délicat !

Toujours est-il que cet intérêt pour cet art très brut, effectivement, (et combien "premier" car non encombré des scories de la culture) a conduit à la création d’un musée permanent qui, outre une partie purement historique sans en être aussi intéressante, organise régulièrement des expositions passionnantes autour du sujet.

Cet institut, de par son engagement médical d’abord, son éclectisme ensuite dans le choix et l’orientation de ses expositions, mérite certainement un article approfondi. Votre serviteur, en amateur d’art peu éclairé mais cherchant avidement la lumière, y pense.

Ce sera pour une prochaine parution dans ce prestigieux magazine qui reste pour nous tous, on en conviendra, un phare sinon une bouée dans nos ténèbres baignées d’anxiété (ouf !).

Mais revenons à l’actualité.

Le musée du Dr. Guislain organise donc du 8 octobre courant au 30 avril 2006 une exposition dont le thème général fait, d’emblée, peur : La Douleur. Nous y reviendrons certainement plus en détail dans cet article annoncé plus haut et actuellement en concoction. D’ici là, d’ailleurs, bien des cris, larmoiements et chuchotements à Charleroi occuperont les esprits !

Mais ce qu’il est urgent de signaler est l’organisation les 18 et 19 novembre de notre sainte année 2005 d’un symposium qui entend présenter l’art de que l’institut nomme "les outsiders", aux courants de l’Art et de la Culture actuelles.

Le titre seul en dit déjà long : "Brut, fascination et inspiration".

Le programme en est fastueux, tant par la diversité des exposés, les thèmes abordés et les approches diverses que semblable sujet mérite et demande -sinon impose- de soi.

Cette manifestation se déroule évidemment sur place mais des traductions simultanées vers les différentes langues civilisées (sic) sont prévues.

Un événement important, très certainement. Espérons que les minutes en seront publiées.

Signalons enfin, pour les intellectuels non encore internés, la saveur du titre : "Brut" et surtout sa traduction en néerlandais et en anglais : "Rauw" et "Raw". Ce qui, dans la langue de Rabelais signifie "Cru". J’en salive derrière les barreaux de ma cellule.

Mais revenons à l’exposition "La Douleur".

Le programme complet de cette exposition ne nous est pas encore parvenu. Mais on peut gager que le contenu sera à la hauteur des précédentes manifestations similaires de l’institution.

Car quel sujet fabuleux qui se manifeste dans toute l’histoire de l’Art et la jalonne comme un chemin de croix. Ne citons même plus, sinon pour rappel, les œuvres archi-connues telles le Laocoon, le Cri de Munch, les innombrables Christs, les autoportraits de Van Gogh. Sans oublier les délectables images de vierges au martyre dont notre Sainte Mère l’Eglise a été longtemps prolixe. (Et qui a provoqué bien des rêves d’adolescent, sinon bien des vocations à quelques âmes féminines bien nées !).

Il en va bien autrement de nos jours dans l’approche du musée Guislain, en fait toute la valeur et justifie un article beaucoup plus circonstancié que nous soumettrons donc bientôt à la foule d’amateurs avides se pressant, affamés de savoir, sous les voûtes de cette cathédrale qu’est ce site. (re-ouf !)

Nous y saisirons l’opportunité, outre l’aspect historique indispensable (Histoire de l’Art obligeant) d’examiner de manière approfondie cette exposition. Laquelle, rappelons-le, se poursuivra jusqu’en avril, époque belle où nos compagnes nous montrent enfin de nouveau leurs jambes. Les éclairées, cela va de soi.

Qu’ajouter encore ? Rien finalement, dans le cadre de cette rubrique qui se veut simplement informative. Quelques illustrations ci-jointes témoignent à suffisance que chaque œuvre d’art est un cri. Cri de délivrance, cri de joie parfois ou cri de réflexion.

Mais cri d’une certaine douleur, toujours.

Et quelle meilleure évidence en est l’art des enfants, brut dans sa pureté et sa naïveté, et cet art "Brut" encore précisément, des internés psychiatriques ?

A suivre, très certainement.

Marc-J. Ghens          

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Baignoire 'de soins'

 

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Ronny Delrue

 

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Jean Rustin

 

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Joris Coudeville

 

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Henri Darger

 

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Ronny Delrue

 

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Ebergist

 

Musée du Dr Guislain,  J. Guislainstraat 43 à 9000 Gand.  

 

Le site où se procurer toutes informations : www.museumguislain.be.
Courriel :
info@museumdrguislain.be.
Exposition accessible du 8 octobre 2005 au 30 avril 2006.

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