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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Octobre 2005 Pascal Courcelles - Au plaisir de la matière A la Galerie Clairmarais de Turnhout |
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;; Pourquoi
Bruxelles aurait-elle le monopole des expositions de qualité ? Il
y a peu, nous découvrions, à Bastogne, la courageuse et jeune galerie Leukos
démarrant au cœur de la nuts’city. C’est
aujourd’hui vers Turnhout que nous nous tournons où la galerie
Clairmarais s’est installée dans les vestiges d’une abbaye
cistercienne fondée, en son temps, par un compagnon de Bernard de Clairvaux
en même temps que l’abbaye des Dunes de Coxyde et la grange Ter Doest de
Lissewege. A
la limite du dépouillement monacal les lieux se prêtent admirablement au déploiement
coloré des coups de brosse de l’artiste Pascal Courcelles qui donnait toute
la mesure de son talent, en 2003, à la galerie Fred Lanzenberg. Le
catalogue, plaisant comme un livre d’images, conjugue d’ailleurs les œuvres
des deux expositions même si toutes ne figurent pas à Turnhout. "L’esprit"
Courcelles qui ne s’invente pas est, ici, bien présent avec sa joie de
vivre, ses excès, la délicatesse de sa manière malgré l’abondance de la
matière. Ce
grand gaillard un peu déplumé, né en 1956, vit et travaille à Bruxelles et
si son œuvre fascine c’est qu’elle relève d’une véritable force,
celle qui permet aux géants de déplacer les montagnes ! Force
intérieure d’abord due à la volonté d’imprimer à la toile un
foisonnement pictural exprimant "la liberté de peindre comme il veut,
ce qu’il veut". Force
physique ensuite que l’on imagine indispensable pour étaler la matière et
lui donner cette épaisseur qui en fait la particularité et le charme. Presserait-il
directement les tubes de couleurs sur le support, serait-il maculé des pieds
à la tête comme un sale gamin désobéissant, que cela ne nous étonnerait
pas… Ses
premières œuvres, de grand format, ressemblaient à des chaos de matière
dans lesquels – en prenant du recul – on pénétrait par effraction pour
deviner un paysage vibrant de coulées vertes, bleues, roses dignes des
Impressionnistes et pourtant la démarche se veut abstraite. C’est
l’intensité de l’émotion qui fait la différence. Au
fil du temps, Courcelles a réduit ses formats. Non pas que la fougue créatrice
ait déserté ses brosses mais, sans doute, a-t-il choisi une approche plus
lisible du sujet et un contact plus direct avec la nature. Les
grands magmas de couleurs se sont mués en toiles vives aux motifs simples et
joyeux. Ici,
de grosses fleurs s’étalent en pétales jaunes striés de touches bordeaux
encadrées de reliefs blancs intensément prononcés. La pâte est épaisse et
brillante. La patte est toujours vigoureuse, un peu plus sage peut-être… Là,
sur fond rose-bleuté et rugueux, quatre fragments de fleurs orangées
occupent les coins de la toile. Fripées, soyeuses, fragiles, elles semblent
prêtes à s’envoler au moindre souffle de vent. Ailleurs encore,
c’est un parterre de fleurs d’un rose un rien passé qui s’ébroue sur
fond turquoise. Il
suffirait d’imprimer sur mousseline ces motifs colorés et vibrants de lumière,
de les ourler, de les nouer autour du cou de quelques belles "allurées"
pour que le geste de l’artiste devienne réalité et passe du paysage mental
à l’objet quotidien… Mais l’artiste, pensons-nous, n’aimerait pas ces
mutations de langage. Il lui faut rêver ses
émotions et les disperser seulement au vent de l’esprit. Colette Bertot |
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Pascal Courcelles
Pascal Courcelles
Pascal Courcelles
Pascal
Courcelles
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Clairmarais,
Kunsthuis, Oud Dijk 11, Turnhout.
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Tel. 014 : 42.35.21 |
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Du 10 octobre au 20 novembre 2005. |
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