LA LETTRE MENSUELLE

La chronique de Marie-Pierre Desmergers.  Octobre 2005 
  L'actualité de l'art belge et en Belgique
  
La concurrence est sérieuse, mais nous réalisons des prouesses

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Contrairement à nos rejetons, le marché de l’art ne dispose pas de deux mois de vacances pour se remettre d’une année parfois laborieuse, à coup sûr stressante, mais aussi souvent surprenante, excitante et totalement imprévisible ! Pas de repos pour les braves antiquaires, galeristes et autres marchands. Ces gens-là ne s’arrêtent pas, ils "bossent". Il faut dire qu’ils ont tout intérêt à rester vigilants malgré le calme commercial des mois de juillet et août. Les terrasses de la place du Grand Sablon à Bruxelles ont manqué d’habitués cet été, et ça n’a rien à voir avec les conditions climatiques !

Un vent chaud souffle sur notre plat pays. C’est un vent nouveau et prometteur, c’est un vent que l’on attendait depuis longtemps. C’est enfin officiel : la Belgique confirme sa place attractive et dynamique dans le monde merveilleux du marché de l’art…Rien de neuf me diriez-vous, tout belge qui se respecte le sait depuis bien longtemps.

Après des années de travail acharné, de volonté et de persévérance, ses acteurs ont réussi à garder la part belge dans un gâteau où les grosses portions sont exclusivement américaines, anglaises et françaises. Mais la grande nouveauté de cette année, c’est que notre part fait des envieux. Les gros gourmands, précédemment cités, salivent.

Pour preuve, je me réfère au festival BRUNEAF, grande vitrine des arts primitifs, qui se tenait à Bruxelles en juin dernier. Quatre-vingt marchands venus de tout le Vieux Continent et du Nouveau Monde présentaient leurs dernières découvertes. Tous les experts et amateurs internationaux avaient déjà réservé leur billet. Les deux semaines s’annonçaient plus que prometteuses. 

Hélas ! Vexées et apparemment pas prêteuses, les salles de ventes parisiennes n’ont pas voulu laisser la première place à notre capitale. Pour attirer l’attention des futurs acheteurs, elles ont organisé un marathon de vacations d’art primitif très attractif, et ce, juste avant l’ouverture du festival. Le bilan est plutôt positif pour Paris, quant à Bruxelles, on préfère nous répondre avec un sourire coincé que tout s’est bien passé. Autant dire que la part du gâteau en prenait un sacré coup de cuillère…

Mais le belge est tenace et robuste. Loin de s’avouer vaincu et pas prêteur non plus, il retrousse ses manches et après réflexion, il agit en conséquence.

Ainsi, depuis cet été, une nouvelle salle de vente uniquement dédiée à notre chère BD a vu le jour grâce à deux passionnés. Son nom est prédestiné au succès : banque dessinée (à voir sur www.banquedessinee.com).

La Foire des Antiquaires de Belgique qui se déroule en février change de présidence : l’antiquaire Jan De Maere laisse sa place à madame Grethe Zeberg. D’origine danoise, cette passionnée de Renaissance et du XVIIe siècle exerce à Anvers, elle y dirige depuis huit ans la « Antiquairs Antwerpen vzw ». On la dit dynamique et déterminée. On la compare même avec la "dame de fer" britannique Margaret Thatcher. La Foire des Antiquaires de Belgique risque donc de prendre un grand tournant. Qu’on se le dise.

Et enfin, du côté des salles de ventes, les stratégies mises en place depuis quelques petites années aboutissent au succès. Les ventes spécialisées, ou ventes de prestige, ne sont plus occasionnelles mais habituelles à Anvers chez Campo et Campo, Bernaerts, et à Bruxelles chez Horta et aux Beaux-Arts. Ce qui prouve que les belles pièces n’ont plus à sortir du pays pour s’assurer une belle enchère. Les déposants font confiance à nos salles et elles leur rendent bien.

Juste pour le plaisir, signalons quelques adjudications du mois de septembre (frais inclus). Chez Horta, "Les haies", une huile sur toile d’Anto Carte est partie pour 126 000 €, un bronze de Dionysos signé Victor Rousseau montait à 15 600€ et un dessin de Fernand Knopff à 16 800 €.

Chez Vanderkindere, un petit tableau d’Albert Servaes "Les moissonneurs" a satisfait un amateur pour 11.500 €, tandis qu’un autre se plaira à rêver pour 8.000 € devant une rue d’une casbah d’Afrique du nord peinte par Camille Barthélémy, celui-ci plus habitué à nous montrer des paysages ardennais.

Bref, vous l’aurez bien compris, le marché de l’art en Belgique se porte bien. Sa part du gâteau lui est toujours réservée, n’en déplaise à certains. Et entre nous, en vue des prochaines ventes, foires et salons, ça risque de durer…

Marie-Pierre Desmergers         
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Miniatures 
et oeuvres
supprimées :
Albert Servaes
Anto-Carte


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