LA LETTRE MENSUELLE
Un article de Marc-J. Gehens, réalisateur - Mai 2005.

      Art et Cinéma du Fantastique, un miroir lointain
      (Merci, Madame Barbara Tuchman) 
      Deuxième partie : La nef des fous ; la troisième en juin

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J. Bosch,
'La nef des fous'


Finalement, il s’agit d’un voyage dans lequel oser, à l’instar des premiers conquistadores, se lancer. Les nombreuses "Nefs des Fous" de la peinture du Moyen Age voguent sous les mêmes latitudes que les vaisseaux spatiaux de la Science-Fiction. Destination identique : l’inconnu.  

Que trouverons-nous dans nos voyages interstellaires de demain ?  

"In space nobody hears you cry". Belle phrase publicitaire pour "Alien" (1979) de Ridley Scott. Tout est là : l’inconnu, qu’est-ce que cela ? Sinon nous-mêmes ?  

Il y a eu quatre films nous présentant le monstre né de l’imagination (ou du subconscient ?) de l’artiste suisse R.G. Giger. 

Il apparaît, dans le quatrième volet de la série ("Alien 4, Resurrection", de J.P . Jeunet), que la bête ne cherche en fait qu’une chose : une maman.

Ici, la raison chavire, bien sûr, elle le ferait à moins.

Mais en est-il autrement de certains personnages que nous peint Francis Bacon ?

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Alien,
Sigourney Weaver

Dans ces cris qui sont autant de rictus teintés de désespoir, ne retrouvons-nous pas, dans le film comme dans l’œuvre du peintre, une même angoisse qui nous laisse muets ? Comme devant un lointain miroir de nous-mêmes.

Précisons également : dans ce "Alien 4, Resurrection", le personnage principal Ripley (une fort attirante Sigourney Weaver ma foi), n’est en fait qu’un clone d’elle-même, détruite dans l’épisode 3.  

Mais sommes-nous ici tellement loin des poupées de l’antiquité grecque ? Ou de Vaucanson ?

La raison raisonnée s’égare de nouveau ou, à tout le moins, perd pied.

Exemplaire à cet égard est cette scène où Ripley, clone parmi les survivants humains et tentant de s’échapper de ce vaisseau spatial tombeau, se trouve confrontée avec d’autres clones d’elle-même, inachevées encore, mais bien vivantes déjà. Quelle autre alternative a-t-elle que de les détruire, car elles sont les images d’un bestiaire de nous-mêmes qui ne font que nous confronter de nouveau au miroir lointain. Particulièrement pour un clone (cette image du soi !) conscient de n’être qu’un duplicata ?

La porte du labyrinthe est fermée après vingt heures

Malgré son apparence se référant peu à la mythologie classique, la bête orpheline d’Alien a bien des parentés avec ce domaine. Mais au contraire du minotaure grec qui évoluait en plein air, elle est prisonnière d’un vaisseau spatial-labyrinthe créé de main d’homme. On voit la nuance psychanalytique… laissons aux disciples de Freud le soin d’aiguiser leur crayon.

Mais cette sympathique créature bien d’aujourd’hui s’avère, à bien y regarder, cousine directe de bien d’autres parentes qui composent le bestiaire de notre moyen âge occidental.

Les sculpteurs et les peintres de cette époque ne se sont pas privés de représenter l’impossible issu du péché et de ses horreurs en leur donnant la forme de monstres d’autant plus impossibles, précisément.

Ils ont le visage de ces possibles craints parce qu’inconnus. Ils présentent le faciès de nos peurs. Le cinéma fantastique a trouvé là terrain fertile et donnant de bien noires récoltes.

Mort dans l’après-midi

Il est curieux de constater que la cérémonie de la corrida, offrande au soleil, a récupéré le mythe du minotaure comme pour en domestiquer la force première. 

Enfermée dans le lieu clos d’une arène, la bête doit mourir, sacrifiée à nos croyances rassurantes.  

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Pasiphaé et le Minotaure

Le fantastique dans tout cela ? Il nous apparaît évident : même notion de sacrifice à valeur d’exorcisme, de la Crête à Goya, et de lui à Hemingway. Un autre écrivain, Henry Sienkiewicz, nous a donné une version plus curieuse du mythe : dans son "Quo Vadis" de 1895, le taureau entre dans l’arène portant sur son dos une vierge nue.

Résurgence d’une coutume antique ? Je ne sais, mais on imagine sans peine l’allégresse du sacrifice. On frise là le fantastique d’un surréalisme à venir encore, où les frontières du plausible s’effritent.

Un autre mythe, celui de Pasiphaé, n’est pas loin et, de l’antiquité au King-Kong de Schoedsack et Cooper en 1933, même constante dans un fantastique qui dissimule bien des racines de la psyché, dangereusement profondes.

Les gargouilles de nos cathédrales ont une valeur d’avertissement, bien oubliée. Toujours présente toutefois, dans le fantastique. Mais, comme les films anciens, on ne les regarde plus.

Remarquons que dans ce film, fidèle ainsi au roman de Victor Hugo, c’est le personnage principal, Quasimodo, qui fait de par sa laideur office de gargouille et d’exutoire à la crainte superstitieuse du peuple. Un pas plus loin donc, dans le fantastique conjugué au quotidien.

Les campagnes hallucinées

S’est-on jamais avisé que les cathédrales sont devenues, de nos jours, monuments fantastiques à part entière ? Elles subsistent immuables, et ne font pas partie de ces ruines romantiques chères aux 18° et au 19° siècle et encore présentes dans le cinéma fantastique et dans le cadre dit gothique de certains films d’épouvante. Ces dernières y avaient la fonction bien définie d’affirmer un présent immobile au lieu même du passé. Dans leur impavidité, les cathédrales restent en dehors du temps, le leur mais aussi le nôtre.

Les architectures du fantastique semblent bien fragiles, en peinture comme en cinéma. Le feu d’incendies purificateurs remet vite les choses à leur place.

Restent, après le sort de Sodome et Gomorrhe, des villes fantastiques qui ont acquis ce statut par leur présence incongrue dans notre temps cartésien.

Elles sont souvent en ruines, comme des regrets qui peuvent, aussi antinomique que cela puisse paraître, se révéler prémonitoires.

Ou encore, elles possèdent l’étrangeté d’impossibles rendus possibles, sinon cohérents, par l’artiste.

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E. Hopper, Nighthawks

Le fantastique rôde encore dans nos mégalopoles actuelles. Chez Edward Hopper (1882-1967), par exemple, le vide apparent qui hante rues et trottoirs transforme en autant de fantômes les êtres humains fragiles accoudés dans un bar terriblement anonyme.

Le cinéma de l’après-guerre surtout, l’a bien compris. Le "film noir" avec ses contrastes aigus et prononcés hérités du film expressionniste d’avant guerre, traduit une angoisse qui est un moteur essentiel de l’Art.

Ces peintures, ces décors où l’ombre propice à toutes les frayeurs règne en souveraine, ils possèdent en commun de se révéler, de par le doute même qu’ils suggèrent, le lieu par excellence où peut régner l’innommable que pressentait déjà Goya (1746-1828).

La tentation de Saint Sigmund

L’innommable (le bien nommé d’ailleurs) a trouvé souche et humus fertile dans l’art et, par héritage en droite ligne, dans le cinéma. L’être par définition peu nommable, c’est le mort-vivant.

Le Moyen Age déjà, nous avait présenté une belle cohorte de défunts venus hanter les vivants.

Le cinéma en remet et, fort de la magie des effets spéciaux alliés au morphing et à des maquillages de plus en plus élaborés, ravive avec jouissance nos peurs les plus improbables.

Au-delà de son impact visuel qui est d’habitude (et par la force des choses, dira-t-on) peu engageant, le mort-vivant dérange pour une autre raison. Il est une insulte à la raison, au possible admis comme tel, il n’a pas sa place dans notre quotidien, il fait tache sur la nappe de nos habitudes et conventions.

Et une différence fondamentale se fait jour : dans les temps anciens et l’art y afférent, il prenait, grâce à notre sainte Mère l’Eglise, valeur d’avertissement, d’épouvantail pour les faibles moineaux que nous étions devant l’incommensurable de Dieu.

Aujourd’hui, le mort-vivant a changé de statut. Né sur la banquette arrière de la Chevrolet de Papa dans un drive-in des années ’50, il est devenu simple surenchère dans les salles multiplex ou devant notre télévision digitale. Il ne sert plus qu’à faire sursauter notre voisine qui s’agrippe à nous presque par réflexe conditionné. L’amateur de voisine éclairé (sic) aurait tort de s’en plaindre, d’ailleurs.

Sympathy for the devil

Mais il est un autre personnage auquel l’art autant que le cinéma fantastique ont fait la part belle : le Diable, pour le nommer par son nom.

Dangereux et présomptueux, de parler du Malin. Pas qu’il soit perché sur notre épaule dès lors que l’on prononce son nom, il est bien plus malin, justement. Mais bien, tout simplement, parce que des centaines de livres l’ont disséqué, analysé, catalogué. Et ceci depuis des siècles.

Nous ne nous étendrons donc pas sur les implications multiples du personnage, que ce soit du point de vue philosophique, historique, théologique ou même simplement ethnographique.

Car il est présent dans toutes les religions et toutes les ethnies, ce bougre. C’est tout dire.

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Marlène Dietrich

Contentons-nous d’évoquer Marlène Dietrich. Le diable une femme ? Mais bien sûr, c’est l’évidence même, voyons.

Maintenant pour rester sérieux (nonobstant les jambes de Marlène) : une, sinon la principale caractéristique du personnage, c’est d’être protéiforme. Et l’art autant que le cinéma en a fait un élément incontournable de l’iconographie de tous temps et de tous pays.

Le Diable, quel que soit le sexe dont il s’affuble, revêt une autre caractéristique qui mène loin : il est la tentation. Ceci apparaît clairement dans les nombreuses "Tentation de Saint Antoine" qui jalonnent l’histoire de l’Art. Ici également, il faut parler d’archétype.

Et le cinéma, dans la dualité inhérente à un personnage bien dessiné, confirme la chose : le "bon" est toujours confronté à la tentation de "l’autre".

Il faut s’arrêter un instant à un personnage de John Wayne, car il est emblématique. Dans des dizaines de films, il est le héros, pur et par définition sans peur et sans reproche.

Et puis, dans un film de John Ford, "The Searcher" de 1956, il devient une crapule reaganienne qui ne cherche qu’à bouffer de l’indien comme d’autres du noir. Cette dualité, seul le cinéma peut la permettre.

Bien sûr, il y a ce fameux portrait de Dorian Gray dont on parle beaucoup… Mais je n’ai jamais vu la toile aux cimaises de la Tate Gallery.

L’être et le Néant

Le lien avec le fantastique et le Diable ? Il nous semble aller de soi : le Diable ou l’enfer, ce n’est pas les autres, comme l’énonçait un philosophe. Le Diable est en nous-même, chacun le sien dans le miroir lointain et trouble, souvent, de la conscience.

Il a été dit souvent que le Diable avait, outre le rouge à lèvres (merci pour l’idée, Madame Rita Hayworth), bien des tours dans son sac à main. L’un de ses avatars pernicieux, parent des morts-vivants déjà évoqués, est le vampire.

Ce beau personnage, beau dans l’horreur et la peur qu’il suscite (c’est sa force), remonte à bien loin. On le retrouve dans l’Egypte antique comme à Rome, en Chine et en Afrique.

Son avantage sur les morts-vivants, ses cousins par alliance ? Sa séduction.

D’où son revival par les romantiques, en littérature comme en art. Que dire du cinéma !

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Gore !

L’aura de ce mythe ancien devenu archétype tient au fait évident que, devenu le "héros-vilain" du gothique, il conjugue en lui la beauté et la terreur de son asservissement au Mal. 

Il a choisi d’être damné et il s’adonne au mal avec la certitude absolue que c’est à jamais. Sa soif de survie par le sang de ses victimes acquiert paradoxalement valeur de rédemption.  

Et elle, la victime délicieusement pantelante toujours (re-sic), sait que malgré ses dénégations, l’être qu’elle fuit n’est qu’une autre image d’elle-même.

Le décor et les personnages sont plantés, les draperies du romantisme deviennent suaires.

La représentation gothique peut donc commencer, en donnant libre cours à l’image de la contradiction en noir et blanc, une contradiction qui exprime fondamentalement celle d’une pensée qui n’arrive plus à se reconnaître dans les limites que le rationalisme lui a fixées.

Ne cherchons pas plus loin l’origine de ce phénomène d’attraction / séduction qui se fait jour envers ce personnage et les films qui l’illustrent. Et c’est là une notion indissociable de l’érotisme, ne le perdons pas de vue. Le spectateur retrouve là, inconsciemment sans doute, une belle mais redoutable constante de sa nature humaine profonde.

A suivre...

 Marc-J. Ghens      

Lien vers la première partie.
Lien vers la troisième partie.

Bibliographie :
J. Siclier, Ingmar Bergman, Classiques du Cinéma. Paris 1960

Moulin J-P. & Dalain Y., J’aime le Cinéma I-II. Ed. Denoël Paris 1962

Caen M.e.a., Midi/Minuit Fantastique, n° 14, juin 1966. Paris

Jeanne R. & Ch. Ford, Histoire illustrée du cinéma 1-2.  Marabout Université Verviers 1966

Brion M., L’Art fantastique. Marabout Université Verviers 1968

Cowgill B. e.a., The art of Hollywood. A Thames Television Exhibition at the Victoria and Albert Museum. Fifty Years of Art Direction.  London 1979

Miller F., Censored Hollywood. Sex,  Sin & Violence on Screen.  Turner Publishing Atlanta 1994

Marigny J., Sang pour sang. Le  réveil des vampires.  Galimard 1993

Van Lennep J;, Alchimie; Contribution à l’histoire de l’art alchimique. Crédit Communal de Belgique 1984-1985

Argan G.C., L’Art Moderne. Du siècle des Lumières au monde contemporain. Paris 1992


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Star Trek
The Enterprise

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F. Bacon,
'Innocente X'

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Giger, Alien

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Marionnettes 'Gotsi'

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Vaucanson,
Poupée automatique

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St-Pierre, Moissac

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J. Bosch,
Tentation de St-Antoine 

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Goya,
Suerte de Vara

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P. Bartel,
Death race

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King Kong, 1933

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Gargouilles, Paris

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Le Bossu de Notre-Dame,
W. Worsley

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Beloved Rogue

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Daniel van Heil,
Incendie d'Anvers

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Menzies, Storyboard

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E. Berman, Nightfall

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Paul Klee,
Livre des villes

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Menzies,
Things to come

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L'exorciste, 
W. Friedkin

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Goya, Sabbat

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H. Wolgemut,
La danse de la mort

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F. Stuck, 'Sin'

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G. Romero,
Le mort-vivant

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S. Rosa, Sorcellerie

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W. Blake

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Goya, Saturne
dévorant son fils

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The Joker, Nicholson

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Fuseli, Cauchemar

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Dracula, Jack Palance 

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Ersebeth Bathory

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The Hunger,
Deneuve et Bowie

 

Picasso,
Weaping Woman :
Supprime, Sabam

 

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