LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Mai 2005 
  Le Romantisme en Belgique, indissociable de la Belgique naissante
  
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ux Beaux-Arts, à l'Espace ING, au Musée Wiertz à Bruxelles

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L’exposition Le Romantisme en Belgique s’étend sur trois lieux pour embrasser au mieux cette vaste et riche période artistique qui prend naissance sous le règne de Léopold Ier (1831-1865). Sur le plan historique, social et artistique, la Belgique nouvellement créée vit des changements majeurs dont les artistes se font l’écho. Il s’agit de trouver des thèmes, des sujets, des héros dignes de représenter la nouvelle nation indépendante. 

Les trois espaces d’exposition sont intimement liés et se veulent complémentaires : les dessins et la sculpture à l’Espace ING, la peinture au Musée des Beaux-Arts et la figure emblématique de Wiertz dans son atelier-musée à Ixelles.

Un accrochage thématique permet d’aborder le Romantisme en Belgique le plus largement possible. S’il reste difficile de définir des dates précises pour ce courant artistique, on peut plus facilement lui définir des thèmes et des artistes qui se sont le plus souvent revendiqués de ce mouvement culturel du XIXè siècle. Les voyages, la nature comme reflet de l’âme, la littérature, les batailles, les personnages historiques sont autant de thèmes richement abordés par les romantiques. 

En 1830, quand la Belgique devient indépendante, elle est en pleine quête nationale, il lui faut définir des symboles, des mythes et des héros capables de la définir.

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Wappers
Episode des journées de septembre

Les récents événements historiques seront mis en scène par différents peintres comme Gustaf Wappers ou Ferdinand De Braekeleer pour doter la Belgique d’images fortes. La peinture vient rendre hommage à la nation nouvelle. Comme la France l’avait fait des années plus tôt avec Jacques-Louis David et ses peintures napoléoniennes.

La peinture romantique belge accompagne l’histoire, s’en fait le reflet avec ses nuances, ses prises de positions, ses accents héroïques et parfois triomphants. On met en scène le nouveau monarque, on le portraitise pour asseoir au mieux son nouveau pouvoir. Les artistes cherchent aussi dans le passé des personnalités héroïques capables d’établir un lien avec leur histoire récente. 

La mise en scène est étudiée, la théâtralité a largement sa place comme dans Episode des journées de Septembre (1835) par Gustaf Wappers ou les Derniers honneurs rendus aux comtes d’Egmont et de Hornes (1849-1851) par Louis Gallait. L’Espace ING offre les magnifiques dessins préparatoires de Gallait pour ce tableau ainsi que pour L’Abdication de Charles Quint.

La découverte de nouveaux horizons gagnera l’imagination des peintres attirés par la nouveauté et l’exotisme. Si l’Italie reste le passage obligé, des destinations plus lointaines et moins connues attirent les peintres principalement suite aux campagnes militaires menées à la fin du XVIIIè siècle. 

Les couleurs, les costumes, les paysages et l’architecture de l’Egypte et de l’Orient deviennent source d’inspiration et donnent à la peinture du XIXè une nouvelle dimension. (Jean-François Portaels Le Simoun/Souvenir de Syrie, 1847 ; François-Joseph Navez Agar et Ismaël dans le désert, 1819) .

A côté des sujets officiels, plutôt classiques, on retrouve des thèmes plus marginaux et inhabituels. 

Le quotidien et la brutalité de la vie ne sont pas occultés par des artistes comme Charles De Groux ( L’ivrogne, 1853) ou Joseph Stevens (Plus fidèle qu’heureux, 1848) qui abordent ces thèmes dans une peinture empreinte de réalisme et de pathétisme. 

La mort fascine et trouble comme en témoigne La belle Rosine (1847) de Wiertz ou encore cette étrange série de tableaux de Hendrik Schaefels consacrée au Caveau de Pierre Paul Rubens (1855).

Les trois expositions intimement liées permettent une mise en lumière d’une période riche de notre histoire culturelle. Ce sont les débuts, les artistes travaillent dans un premier temps au service de cette nation naissante. La peinture d’histoire tente avec ses moyens de définir et de symboliser la Belgique indépendante.

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'Art         

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Th. Fourmois

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Van der Haert

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Denis Simon

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van Ysendijck

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Kinsoen

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Warlencourt (attr.-)

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Henri Leys

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Navez

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Gallait

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Decaisne

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A. Wiertz

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Van Brée

 

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Decaisne

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Wappers

Une exposition, trois lieux : 
* Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 3, Rue de la Régence ;  
* l’Espace culturel ING, 6, Place Royale ; 
* Musée Antoine Wiertz, 62, Rue Vautier
Tél. : 02 508 32 11

 

 

Du mardi au dimanche de 10 à 17h, nocturne le jeudi jusque 21h.
Fermé le lundi.

Exposition accessible jusqu’au 31 juillet 2005.

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