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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Avril 2005 Magritte et la photographie : sa collection personnelle Au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles |
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;; Le commissaire de l’exposition Patrick Roegiers, belge exilé à Paris depuis de nombreuses années, redécouvre son pays par le biais de l’écriture : Le mal du pays, dictionnaire biographique de la Belgique et La Belgique, le roman d’un pays (paru en Découvertes Gallimard) où il propose une vision globale, tant historique que culturelle de notre pays si complexe. Depuis deux ans, il travaille sur cette exposition consacrée à une facette méconnue de Magritte, dévoilant un artiste qui avait le goût de la mise en scène. Avant que l’exposition parte pour une longue tournée de deux ans qui l’emmènera notamment à Paris, New York, Madrid ou encore Londres, prenons le temps de découvrir Magritte dans ce qu’il offre de plus sincère et personnel. Les photos de famille qui ouvrent l’exposition racontent déjà beaucoup sur l’histoire même du jeune Magritte. Le caractère solennel, classique et strict de ses premières photos témoignent de rapports assez rigoureux et distants avec ses parents dont il ne fera d’ailleurs jamais mention dans son travail ultérieur. Ses photos d’adolescent nous montrent un garçon soucieux, solitaire mais qui joue déjà sur son image. Et puis c’est la rencontre avec Georgette, son seul amour. Le bonheur envahit le cliché et son épouse participe alors à chacune de ses mises en scène. Elle sera pour toujours son modèle. La force des sentiments qui unit ces deux êtres est présente sur chaque cliché. Et les dernières photographies qui nous montrent Georgette seule à la suite du décès de Magritte sont bouleversantes. On y voit encore l’amour d’une femme, plus fidèle que jamais à son mari, entourée de nombreux objets crées par celui-ci. Magritte posait lui-même et avec beaucoup de bonheur pour ses photographies comme dans Le Thérapeute dont il existe au moins quatre versions peintes. Tout comme aux origines de la photographie où celle-ci servait le peintre, Magritte utilise abondamment ses propres clichés pour donner naissance à ses œuvres picturales. Elles permettent à l’artiste de mesurer l’impact de sa mise en scène et éventuellement de la retravailler. La mise en scène, voilà exactement ce qui anime chaque photo. Bien plus que la peinture, cet art le passionne et l’amuse. C’est une affaire de groupe à laquelle participe ses proches. On retrouve Scutenaire, Nougé, Colinet, Mesens et bien d’autres. La photo est pour Magritte un jeu, un art qui permet de s’amuser du réel par des mises en scène incongrues, drôles et improbables. Nombre de ses clichés lui serviront de modèles pour ses réalisations picturales. Mais ici aucune peinture n’est présente si ce n’est par de petits montages vidéos qui permettent une mise en abîme de sa peinture et de sa photographie. On retrouve aussi toute la complicité qui l’unissait à ses amis surréalistes dans une série de petites vidéos. Magritte jouait beaucoup sur son image de l’homme au chapeau boule, parfois distant et en décalage avec le monde. L’exposition apporte un éclairage nouveau sur un artiste déjà si souvent étudié. La photographie était tellement essentielle à son art qu’il était nécessaire qu’un tel événement fasse la lumière sur cette facette de sa création. Françoise Bernardi,
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"La coquetterie"
"L'éminence grise"
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Palais des
Beaux-Arts, Rue Ravenstein, 23 – 1000 Bruxelles. |
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| Du mardi au dimanche de 10 à 18h, jeudi jusque 21h | |
| Exposition accessible jusqu’au 15 mai 2005. |
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