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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Avril 2005 La Belgique visionnaire - C'est arrivé près de chez vous Au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles |
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;; Le parcours se veut plutôt thématique que chronologique. Il rassemble des artistes plasticiens, des poètes, des cinéastes, des écrivains ou architectes autour de ce caractère VISIONNAIRE commun à tous. L’exposition est riche et dense. Harald Szeeman propose une approche transversale et non linéaire pour toucher au plus près de la grande diversité d’un pays visionnaire. Si l’art reste le fil rouge de tout le parcours, il existe un lien très fort et toujours présent avec les habitants de ce pays, leur vécu et leur ressenti face aux nombreux événements qui ont jalonné son histoire. Les différentes affiches politiques viennent témoigner des divers bouleversements vécus. L’indépendance, les luttes ouvrières et le colonialisme sont autant d’événements qui sont venus marquer les hommes mais aussi les artistes qui s’en font les porte-parole. La volonté de Szeeman était de définir un « portrait spirituel » de la Belgique. Les nombreux artistes présents sont tous traités avec les mêmes honneurs, quelle que soit leur renommée. La singularité du discours de chacun manifeste la multiplicité des approches artistiques. Tout au long du parcours, on retrouve les grandes figures de l’art belge comme Ensor, Magritte, Wiertz, Evenepoel, Broodthaers, Charlier, Vantongerloo, etc..., mêlés à des artistes plus marginaux qui entrent difficilement dans une quelconque catégorie artistique. Ainsi, on redécouvre les concepteurs du Mundaneum, cet ambitieux projet qui visait la création d’un musée mondial et d’une bibliographie universelle (sur fiches papiers !), la tour d’Eben-Ezer de Robert Garcet entièrement construite en silex, les artistes de l’art différencié, les pataphysiciens, les oulipiens, la danseuse Charlotte Bara, imprégnée de mysticisme. Une section tout à fait surprenante est consacrée au cochon, animal hautement symbolique, à la fois obscène, goinfre, impur et familier. Johan Muyle, Wim Delvoye, Félicien Rops ont trouvé chez le cochon une source d’inspiration singulière qui dévoile la part bestiale de l’homme. La thématique du corps souffrant trouve également une place particulière dans le parcours notamment avec les corps de cire de Berlinde De Bruyckere. Le cinéma expérimental trouve sa juste place tout au long de cette exposition avec des courts métrages principalement découverts lors du Festival international du film expérimental de Knokke-le-Zoute. Ce festival singulier se voulait un pôle d’attraction pour des pratiques artistiques très diverses misant sur la création d’avant-garde. La galerie de portraits (politiciens, scientifiques, chercheurs,…) qui vient clôturer l’exposition témoigne de la volonté de multiplier les approches. La Belgique visionnaire est un pays fait de personnalités diverses et fortes qui par leurs utopies sont venues marquer l’histoire. Avec cette ultime exposition, Harald Szeeman a réussi à définir notre indicible Belgique. Françoise Bernardi,
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* L'affiche
Carsten Höller
Carsten Höller
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Palais
des Beaux-Arts
de Bruxelles, Rue Ravenstein, 23
– 1000 Bruxelles |
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| Exposition accessible jusqu’au 15 mai 2005. |
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