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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Avril 2005 Manu Anciaux - Pierre et rouille A la Bastien Art Gallery |
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;; Qu’il
s’agisse des mégalithes de Stonehenge, de l’Aphrodite de Cnide ou même de
la fontaine qui enchanta le parc (Josaphat) de notre enfance, tous tracent
dans l’espace une image de mystère et d’éternité amplifiée par leur
structure en trois dimension à nulle autre pareille. La
pierre est un matériau durable et dont la noblesse a fait, et fait toujours, rêver
sculpteurs et artisans de tous poils. Manu
Anciaux, né en 1944 et chimiste de formation, vint à la pierre par hasard et se
fit la main dans une entreprise de rénovation de monuments classés. La
technique lui plait, il suit des cours, ensuite enseigne lui-même le travail de
la taille avant que de se mettre à la sculpture. Ses
œuvres sont actuellement exposées à la galerie Bastien-Art qui n’est pas
lieu d’accueil idéal pour ce type d’œuvres qu’on verrait plus volontiers
dressées au
bout d’un chemin ou tapies dans un coin de verdure. Sauf de petit format, la
sculpture s’accommode mal d’être confinée à l’intérieur. Mais,
contre mauvaise fortune bon cœur, imaginons la nature et accordons à l’œuvre
de Manu Anciaux une certaine sensibilité inspirée par de multiples sources. Le livre est, chez lui, sujet de prédilection. On admirera dès l’entrée ce gros ouvrage ouvert fait de petit granit, de fer rouillé, de ficelle patinée et de plomb. Il semble raconter l’épopée même de la pierre et l’on aimerait en tourner les pages pour surprendre quelque secret. D’autres
livres attendent le visiteur, au hasard des vitrines. Minces et discrets, ils
disent tantôt "Ces traces qui nous poursuivent", tantôt "La
chair de la vérité"… Ils sont toujours posés sur un
socle qui, pour l’artiste, a de l’ importance tant il fait partie de
l’œuvre et "lui donne son élan vers l’univers de l’homme, celui des
créations"… Manu
Anciaux a travaillé de nombreuses pierres comme la pierre de Denée, le noir de
Mazy, le marbre de Carrare mais sa préférence va à la pierre bleue qu’on
appelle aussi petit granit dont le "gisement" le plus important se
trouve en Hainaut et est exploité depuis le XV° siècle. Strié,
clivé, bouchardé, ciselé, poli, le petit granit inspire l’artiste. Voyez
ces galets patinés "sur les rivages d’un monde sans fin"
faisant allusion, de façon très zen, à Christian Dotremont ou encore cette
"Nature morte de géomètre", cette "Incertitude du cylindre",
ce "Sursaut" aux formes géométriques premières comme le cercle et
qui sont autant d’assemblages de pierre et de métal rouillé nés d’une énergie
forte et pourtant minimale. La
rouille teintée de rouge évoque l’incertitude et s’insinue entre les
anfractuosités de la pierre dévorée par le ciseau. "Je m’enfouis",
bloc de petit granit posé sur son socle d’acier corten illustre bien cette
notion de vie permettant à la pierre de respirer tout en gardant sa forme
initiale à peine retouchée. Anciaux
connaît bien la technique de la taille et en joue parfois avec subtilité, il
sait aussi orchestrer avec force l’espace et le temps. Voyez "Le
sommeil" et cherchez, à l’intérieur de cette grande boîte dressée
aux multiples ouvertures, l’escargot
rouillé sur son bout de pierre. Le travail est plaisant et pourtant…il lui
manque un frémissement, une flamme, un supplément d’âme..
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Je m'enf(o)uis
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Bastien Art. 61 rue de la Madeleine. 1000 Bruxelles. Jusqu’au 10 avril.. |
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| Du mardi au samedi de 11h à 18h30. Le dimanche de 11h à 18h. | |
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Exposition accessible jusqu'au 10 avril 2005. |
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