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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Vera Lewijse. Mars 2005 Natures de peintres - Boulenger, Artan, Rops, Vogels, Ensor Le "pleinairisme" à l'Hôtel de Ville de Bruxelles |
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Avec l’école dite de Barbizon,
la manière dont les peintres se présentent, dans la nature et dans la manière
dont ils la représentent, se manifeste une grande tournure d’esprit. La nature n’est plus soumise à
un sujet historique, religieux ou mythologique.
La nature ne ‘sert’ à rien qu’à soi même, elle est. Les peintres Belges ont épuré à leur manière la voie tracée par Courbet. Noch het franse landschap noch het nederlandse landschap kent dezelfde ontwikkeling.
L’impression de la nature qu’ils
avaient perçue en plein air devrait être conservée chèrement dans leurs
esprits, compositions et esquisses, pour être parachevée dans l’atelier. Pour le public contemporain, il
est incompréhensible que les toiles ici réunies aient pu choquer les visiteurs,
elles sont tellement d’une simplicité surprenante. Mais à l’inverse des
tableaux conçus en atelier et destinées aux Salons des Beaux-Arts de Paris,
Bruxelles, Anvers et Gand, qui devaient respecter la hiérarchie des
différentes manières de traiter le paysage conçue par l’enseignement académique,
ces œuvres ne pouvaient en aucun manière trouver grâce auprès du grand public
et des maîtres d’académie. On ne demandait pas au peintre de mettre son âme,
son expérience personnelle dans une toile : au contraire, connaître et
suivre les règles était le credo des Salons. Je cite ici Camille Lemonnier
pour mettre l'accent sur l'esprit novateur de ces jeunes peintres : (…)
faire de la peinture saine et forte, sans jus ni recettes : en
revenir au sens vrai du tableau, aimé non pour le sujet mais pour sa
matérialité riche, comme une substance précieuse et comme un organisme
vivant ; peindre la nature dans sa réalité, sa franchise et son accent,
dans un détachement des maîtrises et des systèmes connus.[1]
Francis Carette en fait la remarque dans le catalogue de l’exposition : ces six artistes constituent la veine principale autour de laquelle la peinture belge du paysage se construit[2]. Bien sûr il y en avait d’autres, également importants et qui ne sont pas présents ici, comme Huberti, Coosemans, Heymans, Dubois, Pantazis, Meunier, Baron, Verheyden, etc.[3] La sélection que les
organisateurs ont faite repose sur la conviction suivante : certains
paysagistes belges à la fin du XIXème inventent un
langage pictural original et remarquable. Ce langage s’insère dans l’ensemble des mouvements picturaux européens
de l’époque et répond évidemment à des interrogations identiques. Il n’en
constitue pas moins un développement spécifique basé sur une vision et une
expression suffisamment diverse et cohérente pour ne pas être considéré comme
l’appendice d’un mouvement venu d’ailleurs. Je vous souhaite une bonne
visite en découvrant des œuvres qui mettent en valeur un patrimoine artistique
belge trop souvent enfermé dans les réserves de nos musées ou simplement laissé
à la seule jouissance de quelques collectionneurs privés. Vera
Lewijse, |
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Boulenger,
F. Rops,
G. Vogels,
L. Artan,
H. De
Braekeler,
F. Rops et
L. Artan,
H.
Boulenger,
F. Rops et L. Dubois
L. Artan, |
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Hôtel de Ville de Bruxelles, Grand Place, 1000
Bruxelles. Infos : 02-279.64.34 |
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| Du mercredi au lundi, de 10 à 17h, ouvert les jours fériés. | |
| Exposition accessible jusqu’au 12 juin 2005. | |
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Notes : [2] F. Carette, Un choix particulier : Boulenger, Artan, Rops, De Braekeleer,
Vogels, Ensor dans Natures de peintres/Schildersignatuur. [3] Robert Hozee, Het landschap in de Belgische kunst 1830-1914. [Cat.d’exp.], Gand 1980 est l’ouvrage de référence pour l’histoire de la peinture paysagère moderne en Belgique. |
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