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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Mars 2005 Visions singulières - Art en marge, l'art comme alternative aux mots Au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles |
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;; Carine Fol, commissaire de l’exposition, a choisi les œuvres dans les collections du Museum Docteur Guislain à Gand, du Musée d’Art Différencié à Liège et du centre Art en Marge à Bruxelles. Les œuvres exposées sont d’une intensité rare et donnent effectivement une vision singulière de l’univers de ces artistes en marge du cercle traditionnel de l’art. C’est avec un regard neutre et sans a priori qu’il faut aborder ces œuvres qui sans nul doute toucheront le visiteur par la sincérité d’un certain monde qu’elles donnent à voir. L’exposition s’articule autour de trois thèmes : la relation de l’artiste au monde, l’artiste et son intériorité et l’autoportrait. Ce parcours traduit l’implication de ces artistes dans le monde qui les entoure. Ils ne vivent pas en totale déconnexion. Ils ressentent peut-être les choses de façon beaucoup plus vive et intense que des gens dits "normaux". On constate que leur inspiration n’est pas éloignée de celle d’autres artistes. L’art est pour eux un merveilleux moyen de s’exprimer. Comment ne pas être bouleversé et profondément touché par ces œuvres sincères entre réel et imaginaire ? La création permet à ces artistes singuliers de s’exprimer en dehors des mots et de donner leur image du monde. La première partie de l’exposition témoigne de l’influence profonde des images du quotidien : la ville, ses voies rapides, ses lignes de métro, son trafic intense de voitures et camions. Les œuvres sont souvent denses comme les villes très réalistes de Willem Van Genk et les embouteillages de Jan Wellens. Elles traduisent l’oppression et le chaos du monde urbain pour ces artistes. L’expression artistique offre une alternative. Elle permet d’exprimer tout un monde intérieur fait de troubles, d’obsessions et de peurs. On observe souvent un caractère compulsif, répétitif du trait comme chez Cecile Franceus ou Fernanda Reyns. Certains artistes ont choisi de travailler la matière, de s’exprimer par des formes plus imposantes comme Heide De Bruyne qui crée des sortes de cocons géants faits de cordes, de branchages et de plumes. Pascal Tassini fait des nœuds avec des morceaux de tissus. Antonuio Dalla Valle rassemble ses carnets et les lie entre eux avec du papier collant. Dans la dernière section consacrée au portrait ou autoportrait, l’artiste se dévoile. Il se raconte au public et tente de donner une certaine image de lui. Paul Duhem par exemple exploite le portrait de façon infinie. Pourquoi cette thématique est-elle récurrente chez l’artiste, que veut-il nous dire ? Est-ce pour l’artiste une façon de se livrer, de s’affirmer au monde ou alors de se libérer ? Marie-Christine Devuyst réalise un portrait au crayon tout à fait troublant proche du réel mais qui témoigne d’une évidente difficulté de s’affirmer. On le voit tout au long du parcours, ces
artistes dits singuliers ou en marge ou encore ces outsiders abordent des
thématiques très fortes, profondément liées à leur être. Cette justesse et
cette profondeur ne peuvent que toucher le public. Les différentes œuvres
exposées abordent avec sincérité l’intériorité de chacun. La couleur, le trait,
la forme et le mouvement permettent de transcender les mots. Françoise Bernardi,
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* Cécile
Franceus,
Heide De
Bruyne,
Paul
Duhem, |
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Palais des
Beaux-Arts, Rue Ravenstein, 23 –
1000 Bruxelles. |
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D |
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| Exposition accessible jusqu’au 15 mai 2005. |
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