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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Mars 2005 La statuaire de Nicolas Alquin A la Galerie Lanzenberg et au Musée d'Ixelles |
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;; Au premier abord, on rechigne un peu au spectacle de cette statuaire
longiligne si proche de la sculpture primitive qu’on n’y voit pas de véritable
originalité. Tant d’artistes s’essaient à l’art des effigies de bois, un rien
didactiques, sommairement équarries et dressées comme totems protecteurs d’un
clan, objets de tabou ou de devoirs particuliers. Et puis, à observer plus intensément les œuvres en s’efforçant de
dépasser les a-priori, en faisant fonctionner le
regard plutôt que l’œil, on découvre une liberté d’expression qui se démarque
du déjà vu. Une histoire se glisse dans la peau des formes, les rend universelles,
intemporelles, somme tout dégagées de toute contingence. Voyez ces multiples
"Passantes" - vigilante – rêveuse – du
matin – des salines, elles témoignent d’un incessant travail de mémoire axé sur
le passé tout en adhérant au présent. La spiritualité qui guide leur moindre
attitude, le mouvement qui régit leurs gestes économes donnent à chacune
d’elles un nouveau pouvoir de fascination. Les formes issues d’une réalité concrète basculent peu à peu vers
l’abstraction et le questionnement sur
le temps qui entraîne l’artiste d’un thème à l’autre, d’une civilisation à une autre. Si l’art primitif, même revisité, saute aux yeux, l’art roman vient,
lui aussi, interférer sur le chemin de la création. Chez
Lanzenberg, un émouvant "Face à la
brume" perdu entre les formes oblongues et envolées de matériau patiné
figurant un oiseau ou un arbre en mouvement, ressemble à un chapiteau médiéval
au cœur duquel l’artiste aurait sculpté quelque anecdote biblique. Alquin travaille essentiellement le bois de chêne,
celui que les ans et les eaux ont rendu imputrescible. Sa vigueur est éternelle
et sa densité permet à la main habile tous les traitements. L’artiste ne le
ménage pas d’ailleurs. Il le scie, le coupe, le taille, l’entaille, le creuse,
le décompose, brise les lignes, dynamise les courbes, patine les entailles.
Parfois il laisse au bois son aspect naturel, parfois le couvre de chaux ou de
couleurs diluées qui donnent aux figures une nouvelle vie accrochant symboliquement la lumière. Ailleurs (chez
Lanzenberg encore) quelques
dessins au trait raffiné évoquent un "Vrai visage de Moïse" ou une
série de "Bythia" d’une touchante
simplicité. Bythia, avons-nous appris, était la fille
du pharaon qui recueillit Moïse. La grâce qui enveloppe ces dessins vaut à elle
seule une visite. Au Musée d’Ixelles, l’idée peut surprendre mais prouve aussi que l’art
autorise toutes les audaces, les "Bois flottés" de l’artiste se
mêlent au quotidien des salles. Entre les toiles d’Anna
Boch, Evenepoel, Delvaux, déambulent "Salomé", "Hérodiade" ou un superbe
"Gardien de l’abîme", témoins
silencieux et privilégiés de la permanence de l’art. Colette Bertot |
Cliquez
sur Bythia
Face à la terre
Gardien de l'abîme |
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Galerie Fred
Lanzenberg. Avenue des Klauwaerts 9. 1050 Bruxelles. |
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Du mardi au samedi de 10h à 12h30. De 14h à 19h. Le dimanche de 10h à 13h. |
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Musée d’Ixelles. 71 rue Jean van
Volsem. 1050
Bruxelles. |
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Bertot.
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