LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Colette Bertot.  Mars 2005 
  Abstractions textiles : universalité de l'abstraction
  
Au Rouge Cloître - Espace Parallèle

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Pour avoir été modestement initiée par une grand mère experte en la matière et donc fascinée, dès l’enfance, par la broderie, la tapisserie, le jeu des textiles plus ou moins riches assemblés, décorés, matelassés avec virtuosité, nous résistons mal au plaisir que procurent certains lieux comme la Fondation de la Tapisserie à Tournai par exemple ou, plus discret, comme l’Espace Parallèle, ce coin de sérénité tapi dans les Anciennes Ecuries de l’Abbaye du Rouge Cloître au cœur de la forêt de Soignes.

Chantale Noël y peaufine une superbe collection de divers travaux à l’aiguille tant anciens que contemporains et concocte aussi, de temps à autre, une exposition sortant des sentiers battus pour mettre en valeur la richesse de ce savoir faire.

C’est de langage géométrique qu’il est ici question parce que la géométrie est une des bases des écritures antiques et de la construction. Les premières villes, en effet, étaient organisées autour d’un carré ou d’un rectangle, lignes droites qu’on retrouve dans l’architecture des jardins suspendus en Perse, dans l’agencement des jardins médiévaux et jusqu’au 18° dans les jardins à la française.

Ce même langage géométrique se retrouve, forcément, dans les textiles traditionnels des sociétés anciennes.

Cet art abstrait avant l’heure a influencé bien des artistes occidentaux. Nous songeons à Braque, Mondrian, Klee voire Tapies, détachant ses formes géométriques sur des fonds très nuancés.

Quelques textiles anciens de belle lignée proviennent, ici, du Nord de l’Inde et sont réalisés par les femmes banjara produisant, aujourd’hui encore, des tentures murales, des parures de coussins, des harnachements d’animaux décorés de broderie, de perles, de miroirs, de coquillages aux coloris chatoyants et dont l’inventivité des formes géométriques et des jeux de ligne sont remarquables.

Au large de Panama, les femmes des indiens Kuna confectionnent des pièces d’étoffe appelées "Molas" qui sont de véritables tableaux graphiques, d’esprit contemporain, variés, vivants, pleins d’humour. Elles les réalisent au moyen de couches de tissus découpés qui composent le corsage de leur vêtement traditionnel.

L’Espace Parallèle présente, en exclusivité, ces pièces venues du bout du monde ainsi de que superbes quilts anciens – le dada de la maîtresse des lieux – créés il y a plus de cent ans dans les chaumières du Pays de Galles, d’Angleterre, des Etats-Unis quand les femmes n’avaient pour seul souci que de tenir au chaud leurs mouflets en assemblant, en couches superposées, des bouts de tissus voire de papier et pour seule activité sociale de se retrouver, entre elles, ailleurs qu’à la maison tout en faisant quelque chose d’utile…

Colette Bertot         
 
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51iltxtlinde.JPG (57603 octets)

Parure de coussin,
inde

 

 

51iltxtlmola.JPG (44594 octets)

Mola, Panama

 

Espace Parallèle. 
Anciennes Ecuries de l’Abbaye. 7a Rouge Cloître. 1160 Bruxelles.
Encore ouvert les dimanches 6 et 13 mars de 14h à 18h 
et sur rendez-vous jusqu’au 15 mars. 
Tel. 02/ 675.27.23.

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