![]() |
LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Décembre 2004. Corps et cosmos : la sculpture précolombienne du Mexique A l'Espace Culturel ING de Bruxelles. |
|
;; L’homme et les dieux sont
au centre de la création artistique précolombienne. Il n’y a évidemment pas
de notion d’art pour l’art, chaque pièce a une
valeur fonctionnelle et religieuse. A travers ces nombreuses sculptures, c’est
tout un système de pensée qui se révèle à nous. La création de l’homme
et de l’univers est au centre des interrogations mais aussi des rites des
peuples méso-américains. Des idéologies cosmogoniques
ou des valeurs abstraites comme la fertilité se sont vues personnifiées. Les
dieux prennent aussi un visage humain. Il y a une ordonnance, un agencement du
monde qui se voit ainsi représenté. A partir de ces représentations, des
rituels sont organisés, pour le bon fonctionnement et l’harmonie de la société.
Ces rituels lient le corps (l’homme) au cosmos. Et c’est autour des différents
rituels que s’organise l’exposition. La mort est vue comme un
voyage, un passage dans l’au-delà. Cette croyance amène les peuples méso-américains
à créer différents objets liés au culte funéraire, urne, parure, crâne décoré,
os décorés etc. La mort mène à la vie, à une renaissance comme le symbolise
ce récipient en forme de coquille enroulée duquel sort un vieillard souriant.
Cette notion de vie qui renaît influence l’homme dans ses rites et son
rapport au monde. Les rituels de fertilité occupent également une place importante chez les peuples méso-américains. La fertilité humaine ainsi que la fertilité de la terre assurent la survie du groupe. Le dieu de la pluie, Tlaloc, joue un rôle important dans ces rites. Les représentations de femmes enceintes, allaitant ou même accouchant sont nombreuses tout comme celles des phallus géants. La nudité et la sexualité sont très présentes dans les œuvres sculptées qui personnifient des valeurs humaines essentielles pour ces peuples. Les sculptures précolombiennes témoignent du rôle central de l’homme comme soutien de l’univers. C’est lui qui fait le lien entre la terre et le ciel, donc les dieux. L’art permet une matérialisation de ces dieux vénérés lors de rites qui leurs sont propres. Les rituels cosmiques occupent donc une place essentielle chez ces
peuples méso-américains. Il faut rappeler qu’ils ont développé une
connaissance très précise de l’astronomie. Les rites cosmiques consistaient
à donner une partie de l’énergie terrestre aux dieux célestes, il ne faut
surtout pas interrompre un rythme et donc l’énergie circule en continu grâce
à ces différents rituels qui permettent une bonne répartition des énergies
entre les hommes et les dieux. Le jeu de balle ainsi que les sacrifices
participent à ces rites cosmiques. Les représentations de ces joueurs de balle
se retrouvent dans différentes civilisations séparées parfois de plusieurs siècles.
Bien que très éloignées de notre culture par le temps mais aussi l’espace, les œuvres précolombiennes nous touchent parce qu’elles abordent des valeurs intemporelles. C’est la vie et la mort qui guident chaque rituel où parfois le prix à payer est celui du sacrifice humain, c’est ce que semble nous dire la dernière sculpture maya de l’exposition. Françoise Bernardi,
|
Cliquez
Tête
"Xipe - Totec"
Porteur d'étendard
|
|
Espace culturel
ING, Mont des Arts, Place Royale 6, 1000 Bruxelles. |
|
|
Tous les jours de 10 à 18h y compris les
week-ends et jours fériés, |
|
| Exposition accessible jusqu'au 23 janvier 2005. |
Copyright © 2004 Mémoires et
Françoise Bernardi.
Tous droits réservés.
Les autres articles sont accessibles via nos
archives.
Inscrivez-vous pour recevoir les
infos de la lettre mensuelle.
Retour à la lettre
Retour à l'accueil