LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Décembre 2004. 
   Corps et cosmos : la sculpture précolombienne du Mexique
  
A l'Espace Culturel ING de Bruxelles
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La magnifique exposition Corps et Cosmos rassemble près de 200 pièces provenant de plus de 40 musées et sites archéologiques. Cette vaste exposition constitue une première pour l’Europe où de nombreuses pièces n’avaient encore jamais été montrées. L’intérêt et la volonté clairement affichée de cet événement est de mettre en avant les qualités artistiques et esthétiques de la sculpture précolombienne. Si les œuvres présentées ne peuvent être détachées de tout contexte, leurs qualités plastiques leur donnent une portée universelle.

L’homme et les dieux sont au centre de la création artistique précolombienne. Il n’y a évidemment pas de notion d’art pour l’art, chaque pièce a une valeur fonctionnelle et religieuse. A travers ces nombreuses sculptures, c’est tout un système de pensée qui se révèle à nous. La création de l’homme et de l’univers est au centre des interrogations mais aussi des rites des peuples méso-américains. 

Des idéologies cosmogoniques ou des valeurs abstraites comme la fertilité se sont vues personnifiées. Les dieux prennent aussi un visage humain. Il y a une ordonnance, un agencement du monde qui se voit ainsi représenté. A partir de ces représentations, des rituels sont organisés, pour le bon fonctionnement et l’harmonie de la société. Ces rituels lient le corps (l’homme) au cosmos. Et c’est autour des différents rituels que s’organise l’exposition.

La mort est vue comme un voyage, un passage dans l’au-delà. Cette croyance amène les peuples méso-américains à créer différents objets liés au culte funéraire, urne, parure, crâne décoré, os décorés etc. La mort mène à la vie, à une renaissance comme le symbolise ce récipient en forme de coquille enroulée duquel sort un vieillard souriant. Cette notion de vie qui renaît influence l’homme dans ses rites et son rapport au monde.

Les rituels de fertilité occupent également une place importante chez les peuples méso-américains. La fertilité humaine ainsi que la fertilité de la terre assurent la survie du groupe. Le dieu de la pluie, Tlaloc, joue un rôle important dans ces rites. Les représentations de femmes enceintes, allaitant ou même accouchant sont nombreuses tout comme celles des phallus géants. La nudité et la sexualité sont très présentes dans les œuvres sculptées qui personnifient des valeurs humaines essentielles pour ces peuples. 

Les sculptures précolombiennes témoignent du rôle central de l’homme comme soutien de l’univers. C’est lui qui fait le lien entre la terre et le ciel, donc les dieux. L’art permet une matérialisation de ces dieux vénérés lors de rites qui leurs sont propres. 

Les rituels cosmiques occupent donc une place essentielle chez ces peuples méso-américains. Il faut rappeler qu’ils ont développé une connaissance très précise de l’astronomie. Les rites cosmiques consistaient à donner une partie de l’énergie terrestre aux dieux célestes, il ne faut surtout pas interrompre un rythme et donc l’énergie circule en continu grâce à ces différents rituels qui permettent une bonne répartition des énergies entre les hommes et les dieux. Le jeu de balle ainsi que les sacrifices participent à ces rites cosmiques. Les représentations de ces joueurs de balle se retrouvent dans différentes civilisations séparées parfois de plusieurs siècles.

Bien que très éloignées de notre culture par le temps mais aussi l’espace, les œuvres précolombiennes nous touchent parce qu’elles abordent des valeurs intemporelles. C’est la vie et la mort qui guident chaque rituel où parfois le prix à payer est celui du sacrifice humain, c’est ce que semble nous dire la dernière sculpture maya de l’exposition.

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'art         
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Tête

 

 

 

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"Xipe - Totec"

 

 

 

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Porteur d'étendard

 

Espace culturel ING, Mont des Arts, Place Royale 6, 1000 Bruxelles.
Tél. 00 32 2 547 22 92  -  Fax. 00 32 2 547 38 00.


Tous les jours de 10 à 18h y compris les week-ends et jours fériés,
mercredi jusque 21h, 
Fermé uniquement le 25 décembre 2004 et le 1er janvier 2005.

Exposition accessible jusqu'au 23 janvier 2005.

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