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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Novembre 2004. "Les murs s'affichent" : affiches de la Belle Epoque Au Musée d'Ixelles. |
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;; Au fil du temps, les dons et les acquisitions sont venus compléter les collections du Musée d’Ixelles qui aujourd’hui peut se vanter de posséder toutes les affiches de Toulouse-Lautrec à une exception près. Les écoles belge, française et anglaise sont magnifiquement représentées avec Rops, Livemont, Combaz, Chéret, Grasset, Mackintosh ou Bradley. Quelques affiches allemandes, autrichiennes et américaines complètent également les impressionnantes réserves du musée bruxellois. La révolution industrielle et sociale de la seconde moitié du XIXè siècle confère à l’image imprimée sa nouvelle forme. Les ateliers lithographiques donnent naissance à ces affiches très vite convoitées pour leur esthétique. L’affiche illustrée reflète cette société en pleine mutation. La femme mène une vie active, loin de cette image de bourgeoise cloîtrée. Elle devient le support essentiel de l’affiche. L’époque est à la découverte et au profit de plaisirs nouveaux. L’exposition se veut éclectique. Elle présente les richesses d’une collection avec pour seule division celle des écoles nationales. On commence la visite par la France et l’incontournable Jules Chéret. La jeune femme rousse qui se trouve sur la plupart de ses affiches est si caractéristique qu’on la prénomme la chérette. Eugène Grasset va lui aussi connaître le succès mais avec un modèle de jeune femme qui sera plutôt pensive et intériorisée. Sa réalisation la plus célèbre étant certainement celle utilisée par les éditions Larousse (Je sème à tous vents). Avec les affiches culturelles de Lautrec ou Steinlein, on est plongé dans cette ambiance des cabarets et des concerts. Des personnalités comme Aristide Bruant ou Yvette Guilbert ont imposé leurs silhouettes sur les murs de Paris. Ces images sont synthétiques et dépouillées, les artistes directement influencés par les estampes japonaises, utilisent de grands aplats délimités par des cernes. On peut voir aussi les très belles affiches de Mucha qui a véritablement popularisé l’image et la personnalité de Sarah Bernhardt. En cette fin de siècle, la
Belgique est un centre d’art important. Sa prospérité économique favorise
son développement artistique. Le Groupe des XX et puis la Libre Esthétique
ont l’ambition de réunir et de promouvoir toutes les disciplines artistiques.
Bruxelles devient un pôle d’art privilégié pour les rencontres et les échanges
entre les artistes de tous horizons. De nombreux affichistes belges vont se
distinguer comme Privat Livemont, Henri Meunier, Edouard Duyck, Gisbert Combaz,
etc... Une dernière section réservée
aux affiches anglaises vient clore cet impressionnant tour d’horizon avec des
œuvres de Beardsley, Bradley ou Mackintosh. Après 1850, les villes se modernisent et sont éventrées par de grandes avenues. Ces grands travaux entourés de palissades deviennent pour les affiches des lieux privilégiés. On y vante des produits divers : les vélos, des spectacles, des alcools, des biscuits ou encore des sites touristiques. Les plaisirs s’affichent en couleurs et en grand format. Dans une société qui comprend encore un grand nombre d’analphabètes, l’affiche est un moyen de communication idéal pour toucher un large public, mariant l’information à l’esthétique. Les différents commanditaires font appel à des artistes de renom qui signent toujours leurs œuvres ou y apposent leur monogramme. On ne peut en douter, l’art est dans la rue ! Françoise Bernardi,
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* Des
illustrations * |
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Musée d’Ixelles, Rue J. Van Volsem, 71 –
1050 Bruxelles. |
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| De 13 à 18h30 ; samedi et dimanche de 10 à 17h, fermé le lundi. | |
| Exposition accessible jusqu'au 16 janvier 2005. |
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