LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Octobre 2004. 
   Tatu-tattoo ! Une exposition qui "marque"...
  
Au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles
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Depuis quelques mois, les Musées Royaux d’Art et d’Histoire tentent d’attirer un nouveau public dans ses salles en rapprochant l’art ancien et l’art contemporain. Les MRAH ont ainsi trouvé une nouvelle voie à explorer. Dans ces lieux dépoussiérés le tatouage est à l’honneur, replacé dans un contexte historique, géographique et culturel.

L’exposition, qui se divise selon 12 thèmes, aborde le tatouage sous ses aspects techniques et culturels. Ce sujet vaste et original est pour la première fois traité dans une exposition d’envergure, qui peut se vanter de présenter des pièces rares et directement issues des collections bruxelloises mais aussi étrangères.

Le tatouage, au même titre que d’autres modifications corporelles (scarification, amputation, mutilation dentaire, etc.), permet à un individu de marquer sa place dans la société à laquelle il appartient. Un tatouage situe avant tout le tatoué dans sa communauté. Longtemps, en Occident, ces procédés n’ont touché que les milieux marginaux comme les marins, les prisonniers, les motards ou les forains. Cependant, depuis quelques années, le tatouage suscite un véritable engouement dans nos sociétés occidentales, toutes couches sociales confondues.

Il en va tout autrement pour les sociétés traditionnelles, en Océanie, Amérique, Asie où le tatouage avait une haute fonction symbolique. Souvent lié à un rite de passage, le tatouage permettait de marquer sa place dans la société. Des statuettes préhistoriques, des momies égyptiennes, des sculptures gréco-romaines ou encore des céramiques pré-colombiennes sont autant de témoignages qui traduisent le caractère historique et sociologique du tatouage. De nombreux objets illustrent les différentes techniques employées, des plus barbares et minimalistes au plus sophistiquées actuellement utilisées par les tatoueurs.

A travers les différents témoignages historiques et contemporains, on constate que la douleur et le sang qui peuvent être liés à ces pratiques sont aussi importants que l’acte lui-même. Il s’agit d’un véritable défi, d’une volonté de prouver que l’œuvre réalisée a été durement mais justement acquise.

A côté du tatouage, d’autres modifications parfois bien plus délicates et dangereuses étaient pratiquées sur des corps marqués ainsi à vie : scarifications, amputations, déformations du crâne, limage des dents. Une autre découverte aussi étrange que macabre est cet ensemble de peaux humaines tatouées dont les étudiants en médecine pratiquaient le trafic au XIXè siècle.

L’exposition remplit également une mission pédagogique qui touchera certainement les plus jeunes, en répondant à différentes questions autour du tatouage et des conséquences qu’il peut parfois entraîner.

Par cette exposition originale, le Cinquantenaire aborde un thème que l’on croyait contemporain : le body art. Finalement le monde de l’art n’est qu’un éternel recommencement, ce qui change c’est la valeur donnée aux actes posés.

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'art         
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Plaquette

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Fig. 2

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Fig.3 Ruth-Sylvia

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Fig. 4

Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, 
Parc du Cinquantenaire, 10 –1000 Bruxelles. 
Tél. 02.741.73.00

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Fig. 5

Du mardi au dimanche de 10 à 17h, fermé le lundi.
Exposition accessible jusqu'au 27 février 2005.

Copyright © 2004 Mémoires et Françoise Bernardi.
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