LA LETTRE MENSUELLE
La chronique du marché de Marie-Pierre Desmergers - Septembre 2004.

     Nouvelles des salles de vente belges, en début d'année 
 Publiées avec retard, elles gardent tout leur intérêt

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En marge des foires et des salons qui rythment les premiers mois de l’année en Belgique (Foire des Antiquaires de Bruxelles, Eurantica, ArtBrussels, …), le marché de l’art "s’agite" aussi dans nos salles des ventes. Devrais-je plutôt dire que le marché de l’art "frémit" dans nos salles des ventes belges depuis ce début d’année 2004 ?

A entendre certains spécialistes, je cite : « les ventes [aux enchères] se déroulent plus mornes les unes que les autres ». Sévère critique au lendemain des mêmes foires et salons qui eux, fermèrent leur porte sur les visages radieux et satisfaits des galeristes et des antiquaires. Il semblerait que les amateurs se détournent de nos belles commodes liégeoises et de nos magnifiques bouquets champêtres égayant les fonds des assiettes en porcelaine de Tournai, au profit d’œuvres contemporaines d’artistes connus et re-connus, voire même d’artistes aujourd’hui inconnus mais qui ne le seront plus dans peu de temps…

Que l’on se rassure ! Ces mêmes spécialistes aux premiers abords défaitistes annoncent, je cite encore : "de temps à autre un rayon de soleil pour rompre cette triste grisaille". A nous de comprendre ici que les belles pièces trouveront toujours un acquéreur et ce, à n’importe quel prix.

Pour preuve, quelques adjudications de ces dernières semaines(*) qui méritent d’être mentionnées. 

A Liège, berceau du fleuron belge en matière de mobilier du XVIIIe siècle, l’hôtel des ventes Mosan proposait lors de sa vente cataloguée des 17 et 18 mars, une commode en chêne s’ouvrant à trois tiroirs dans le pur style Régence liégeois, riche de ces ornements rocailleux et autres crêtes de coq. Elle séduira l’amateur à 9.000 €. Résultats plus qu’honorables et bien au-delà de leurs estimations pour le peintre Floris Jespers « Porteuses africaines » adjugé à 5.000 € et le sculpteur Raymond de Meester pour le « Couple de perruches » à 4.200 €. 

Toujours dans la cité ardente, chez Lhomme, la vente de bandes dessinées du 06 mars a connu aussi de bons résultats : les archives de Richard Heintz à 7.564 € et « Tintin au pays des Soviets » de Hergé à 6.588 €.

Sur la place bruxelloise, les enchères sont restées proches des fourchettes des estimations données par les spécialistes. Aux Beaux-Arts, la section des tableaux se démarque du mobilier et des objets de collections par quelques belles adjudications : 4.800 € pour un portrait (ou autoportrait ?) d’un homme assis de Jef Leempoels, 6.000 € pour « L’Heure du thé » d’Edward Verschaffelt, et enfin, le meilleur résultat de la vacation pour une huile sur panneau de Joseph Gyselinckx «  La toilette des enfants » datée 1868 à 98.500 €.

Chez Vanderkindere, le peintre Franz Gailliard occupait le devant de la scène lors de la vente des 17 et 18  février : on retiendra les 19.000 € donnés pour une huile sur toile intitulée « Femmes donnant à manger aux pigeons, place Saint-Marc à Venise » et les 20.500 € pour une autre représentant « L’Acropole à Athènes ». Signalons une belle volée d’enchères qui anima la soirée du 16 février chez Horta pour le magnifique et  célèbre bronze « Le baiser » » signé du sculpteur français Auguste Rodin, parti à 96.000 €.

Enfin, chez nos amis anversois, les maisons Campo Vlaamse Kaai et Campo & Campo organisaient toutes deux, les 30 et 31 mars, leurs traditionnelles ventes de tableaux du XIXe siècle. 

Chez les premiers, l’anversois Joseph Schippers obtient le plus haut prix à 29.000 € pour une ‘singerie’ intitulée « Le banquier », soit près du double de son estimation haute. Une marine de François Musin, « Le déchargement des navires » atteint les 14.000 € et deux tableaux de Rik Schaefels montrant des combats navals partirent à 9.000 € chacun. Une scène anecdotique de Gerard Portielje « Les nouvelles de la ville » fut adjugée 11.000 € chez Campo & Campo, soit le meilleur score de la session. 

Précisons tout de même les 36.000 € chez Amberes pour un bureau mazarin à sept tiroirs en bois noir et doré, orné d’incrustations de laiton, d’écaille et de nacre.

Le premier trimestre 2004 a été plutôt calme pour les salles de ventes belges : peu de pièces de qualité, trop peu de volées d’enchères, mais toujours dans une salle comble où l’acheteur, prudent, veille. Il faudra attendre les ventes internationales de prestige prévues en mai et en juin pour se réjouir pleinement de la vitalité (et des beaux scores !) du marché de l’art dans nos salles. Il est fort à parier que nos experts nous réservent quelques bonnes surprises…

Marie-Pierre Desmergers       

Note : les prix sont donnés frais non compris.
(*) : pour rappel, l'article a été écrit en avril 2004.


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45commosan.jpg (50746 octets)

Commode liégeoise XVIIIe,
Mosan Liège

 

 

 

 

 

45servarts.jpg (17587 octets)

J. Gyselinckx,
Servarts

 

 

 

 

 

45il_schippers.jpg (33936 octets)

J. Schippers,
Campo Vlaamse Kaai

 

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