LA LETTRE MENSUELLE

Une chronique de Vera Lewijse.  Avril 2004 
 "Une vision intérieure - L'esprit libre de Roger van Akelijen"
  
Au Château Sorgvliedt de Hoboken (Anvers).

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Le spectateur qui tente d’approcher l’art de Roger Van Akelijen dans l’espoir d’une lecture directe, comme on lirait par exemple les peintures d’un Edgar Degas, c’est-à-dire une impression de mouvement et de lumière et un monde peuplé par des personnages très reconnaissables, aura ici un petit problème. Van Akelijen nous parle par symboles qui fondent un monde imaginaire, surréaliste. Il invite le spectateur à mettre l’image en question.

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L'artiste 

Notre culture, ce système d’opinions, d’attitudes et de valeurs qu’on partage, dont on fait part grâce à la compréhension des symboles qui en donnent forme, et d’un consensus mutuel dans l’emploi des signes qui expriment le sous-jacent, est ici malmené. 

Un arbre n’est plus simplement symbole pour une plante chargée de pérennité et qui porte des fruits, une maison n’est plus une place de refuge et une construction destinée à l’habitation humaine. Les objets familiers perdent leur signification, ils deviennent amorphes et chargés d’un amoncellement de désarrois "dénaturés".

Dans quel monde vivons-nous ? Qu’est devenu notre biotope ? Que se passe-t-il  autour de nous ? Et surtout, comment puis-je digérer tout cela ?

Van Akelijen a trouvé refuge dans son art ; par son langage artistique, il nous offre sa vision personnelle sur notre société. Un monde peuplé d'êtres bizarres qui rappellent les figures fantastiques de Hiëronymus Bosch, et qui dans certaines de ses figurations approchent le monde d’un Magritte.  

Il y a aussi un côté enluminure du Moyen-âge dans son oeuvre graphique. Les eaux-fortes faites pour toute une série d’éditions bibliophiliques, en coopération avec des écrivains comme Staf De Smedt, Marleen de Cree-Roex, Kris Geerts, Marcel van Maele et Karel Ringoet, témoignent de son talent sensible. En contemplant les petits chef-d’œuvres de l’art d’un maître aquafortiste, on regrette de ne pas avoir pris avec soi une loupe pour mieux lire l’histoire qui se cache dans ses miniatures. Souvent elles sont pleines d’humour, souvent aussi c'est l’érotisme qui conduit le conte de Van Akelijen.

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"Double vide" 

A côté de ses peintures, aquarelles, dessins et eaux-fortes, il expose une douzaine de boîtes à image, qui nous permettent de jeter un regard dans le huis clos d’un monde apaisé. Souvent exécuté en tendres couleurs pastel, ce monde stylisé attire par sa beauté esthétique. Mais en même temps déséquilibré par la présence d'une anomalie qui se fait sentir sans se laisser découvrir d'emblée. 

Van Akelijen est né à Anvers en 1948. Il suit les cours de peinture de l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, devient ensuite élève du peintre Prof. Rudolf  Meerbergen  (Anvers 1908 – Charente-Maritime F.1987). Ce peintre moderniste avait débuté par un art proche de l’animisme, puis qui a évolué par l’art abstrait vers un art à tendances mystiques. Il était membre de la ‘Jeune Peinture belge’ et rédacteur à la revue d’avant-garde Tijd en mens’

Ensuite van Akelijen se tourne vers le graphisme et devient élève du Prof. Jos Hendrickx, (Anvers 1906-1971), graveur et dessinateur merveilleux, qui a signé de grands vitraux, notamment pour l’église Sainte Lutgarde à Tongres. Le thème de l’arbre revient d’une façon permanente dans l’œuvre de Hendrickx. Van Akelijen devient alors élève de Anton van Omme. Ensemble, ils exposent en 1969 à la galerie ‘De Zwarte Panter’ tout récemment fondée.

Il se lie d’amitié avec les nombreux artistes qui forment à ce moment le noyau de la galerie : Jan Cox, Fred Bervoets, Walter Goossens, Wilfried Pas, Ysbrant, Marcel van Maele, Frank Maieu, e.a. La Zwarte Panter sera dès lors son port d’attache.

Le Château Sorgvliedt
(non "cliquable")

Son œuvre se prête à plusieurs interprétations mais elle rayonne d'une tendance existentielle qui est prépondérante. Actif depuis plus de trente ans, cet artiste trop modeste nous ouvre actuellement une fenêtre sur son monde fantastique et coloré.

L’exposition occupe les trois étages du merveilleux Château Sorgvliedt, au style rococo classique, construit par l’architecte Jean-Pierre van  Bauerscheit le Jeune (1699-1768). 

Vera Lewijse,         
Historienne de l'art          

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les miniatures 

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"Métamorphose" 

 

 

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"Echo" 

 

 

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"L'ascète"

 

 

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"La peinture vivante" 

 

 

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Titre n. c.

 

 

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Titre n.c.

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Titre non communiqué

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L'artiste et une oeuvre

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"Boîte à image"

Château Sorgvliedt, Marneflaan 3, 2660 Hoboken – Anvers.
Tous les jours de 10h00 à 16h00, sauf le samedi, dimanche et jours de fête.
Info : Galerie De Zwarte Panter - Tel. 03.233 13 45 - Fax. 03.231 38 12 
GSM 0474 54 54 72  - 
Email galerie@dezwartepanter.be 
Jusqu’au 14 mai 2004.

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