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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Avril 2004. Autour du Symbolisme - Photographie et peinture au XIXe siècle Au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. |
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;; Avec l’apparition de la photographie, certains vont proclamer la mort de la peinture. Mais, cette exposition vient nous démontrer le contraire. S’il est vrai que la photographie emprunte nombre de ses motifs à la peinture, on constate que ces deux modes artistiques se nourrissent l’un de l’autre. L’émergence de la photo va obliger la peinture à se redéfinir et à s’orienter vers de nouvelles formes artistiques. C’est dans ce contexte de renouveau que naîtra l’abstraction. L’exposition s’ouvre sur des photos du XIXème directement inspirées par la peinture : portraits, natures mortes et marines dont les plus célèbres sont celles de Gustave Le Gray, ici mises en parallèle avec un Corot (mais quel dommage que ce tableau soit si peu mis en valeur !). On découvre ensuite ces photographies à la mise en scène étudiée, proches de l’univers théâtral et intimement liées aux thèmes picturaux. Humbert de Molard privilégiait les scènes de genre pittoresques. Ses amis se prêtaient volontiers au jeu des séances de pose. Marconi avait une réelle fascination pour Michel-Ange et ses photographies n’en sont que le reflet. Dans un style plus sensible, Julia Margaret Cameron nous touche par ses images poétiques et floues. Les photos de cette période se caractérisent
par une certaine rigueur où l’artiste laisse peu de place au hasard et décide
de la mise en scène. On parle alors d’images "performées".
Les thèmes religieux, volontiers traités par la photographie au XIXème,
sont le reflet de la filiation qui existe avec la peinture (Femme crucifiée). Les photographes se réfèrent à des codes
artistiques connus et donc la peinture et ses thèmes seront repris en
photographies. Ce qui donnent des tableaux vivants comme celui de Rejlander
qui s’est inspiré de la composition de Raphaël pour l’Ecole d’Athènes.
Vers les années 1850, peintres et
photographes travaillent dans la forêt de Fontainebleau pour réaliser des
paysages naturalistes libérés des contraintes académiques. Les artistes
travaillent alors en parallèle chacun selon sa propre technique. Petit à petit, les peintres vont exploiter la photographie comme un outil de travail proche du modèle d’atelier. Louis Igout réalise des planches d’attitudes : mains ou nus masculins photographiés selon différents angles de vue. Les images de Julien Vallou de Villeneuve serviront de modèles à Courbet et Delacroix. La photographie devient un outil documentaire utile aux peintres. Certains d’entre eux vont d’ailleurs se laisser tenter par cette nouvelle technique. Franz Von Stuck, Henri Evenepoel, Fernand Khnopff vont réaliser eux-mêmes leurs photographies, ce qui les rend libres et indépendants dans leurs créations. La photographie se démocratise et elle devient, vers 1890, accessible au grand public. Dans ce contexte de banalisation de l’art photographique, plusieurs artistes vont se mobiliser pour "faire de la photographie une épreuve artistique unique au même titre qu’un dessin ou une gravure". La technique va alors se complexifier avec l’utilisation de gomme, encre ou pigments particuliers. Emile Joachim Constant Puyo, Paul Burty Haviland, George H.Seeley permettent à la photographie de se libérer de la peinture et de prendre conscience de ses potentialités techniques. Françoise Bernardi,
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Anonyme
Drtikol
Marconi |
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Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Rue Ravenstein, 23 – 1000 Bruxelles. Tél. : 02 507 82 00. |
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| Du mardi au dimanche de 10 à 18h, jeudi jusqu’à 21h. | |
| Exposition accessible jusqu'au 16 mai 2004. |
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