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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Avril 2004 "Pierre Paul Rubens - Un humaniste, simplement..." Au Palais des Beaux-Arts de Lille. |
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;; Cocorico… ne soyons pas chauvin mais nous avons tout de même éprouvé
une certaine fierté en écoutant Madame Martine Aubry, maire de la ville et
Monsieur Tapié, nouveau conservateur des lieux, parler de "dimension
transfrontalière" pour célébrer Rubens, oui Rubens, cet artiste bien de chez
nous, plutôt que Poussin ou Watteau, originaires de la région. "Un homme
du nord, un flamand mâtiné de culture antique et européenne… un homme de grande
spiritualité, un diplomate, un sage, un épicurien"… Qui dit mieux ? Il faut bien admettre que la figure rubénienne tient une place à part
dans l’histoire de la peinture, projetant tout au long d’une œuvre gigantesque
le sens de la fête comme celui de la méditation. P.P. Rubens (1577 – 1640) né en Westphalie de parents anversois et
revenu à Anvers au décès de son père, fut un génie d’une force créatrice sans
égal. Son imagination sans borne, son art de composer l’image, sa façon de
décomposer le mouvement et de faire éclater la lumière sautent au yeux comme
une évidence lorsque on parcourt les cimaises de l’exposition. Nous n’étions
pas une inconditionnelle de l’artiste et de ses corpulences, nous avons quitté
les lieux, ébranlée par le dynamisme, la diversité et la rigueur de son œuvre,
reflet de la grandeur d’une époque. Chronologie Le parcours mis en place par le musée suit les grandes lignes de la vie
de Rubens, s’attachant dans une première section à évoquer sa formation
anversoise et son séjour en Italie, moment décisif de sa carrière puisqu’il
entre au service du duc de Mantoue, voyage de Venise à Rome et subit
incontestablement l’influence de grands maîtres italiens comme Titien et
Tintoret. De cette période on épinglera un
"Portrait d’une dame avec son
nain" magnifiant la beauté de la dite dame en contraste avec la laideur
de son nain et un superbe "Autoportrait en compagnie d’amis" dont
Rubens est le personnage essentiel, sûr de lui et regardant avec une certaine
suffisance vers l’extérieur du tableau. Une deuxième section met l’accent sur les commandes officielles. Rubens
est rentré d’Italie tout auréolé de gloire et la bourgeoisie anversoise s’en
donne à cœur joie de jouer les mécènes et de commander des travaux à l’artiste.
De nombreux paysages, allégories, portraits illustrent cette période avec,
entre autres, une "Venus Frigida" (qui appartient au Musée des
Beaux Arts d’Anvers) nue, de dos et d’une grâce infinie dans sa façon de
réchauffer son enfant, le petit Cupidon déjà dodu comme sa mère ! Passons à la section des commandes princières et Dieu sait s’il y en
eut. L’artiste travaille pour les Archiducs Albert et Isabelle, pour les
maisons royales de France et d’Angleterre. Aux cimaises, un imposant portrait
"d‘Anne d’Autriche, Reine de France", jeune femme au visage
clair et au regard mélancolique, trônant à mi-corps dans une énorme robe noire rehaussée
d’un col et de manchettes en dentelle blanche, voisine avec un "Paysage
avec Saint Georges et le dragon" accompagné d’une remarquable étude pour
ce paysage, un dessin sur papier à la pierre noire, plume et encre brune où
l’on admirera l’attitude des personnages et le mouvement musclé du cheval
effarouché. Viennent les sujets religieux chargés de sentiments parmi lesquels une
des innombrables "Descente de croix" peinte par Rubens à la demande
des églises de l’actuel Nord de la France. Celle-ci, propriété du Musée des
Beaux-Arts de Lille, est construite toute en lignes diagonales et soulignée par
un clair-obscur digne du Caravage. De nombreux dessins, études sur le vif, exercices de style
préparatoires aux œuvres monumentales et aux tapisseries (dont ici l’histoire
de l’empereur Constantin) témoignent du coup de crayon incisif, large,
essentiel de l’artiste. Lille peut être fière de cette importante exposition à propos de
laquelle nous regretterons tout de même l’absence de quelques œuvres majeures
comme l’un ou l’autre portrait de la jeune seconde épouse de l’artiste, Hélène
Fourment ou encore "Les têtes de nègres" du Musée d’Art Ancien de
Bruxelles. Nous regretterons aussi, dans les salles, le manque de recul qui
permettrait d’apprécier mieux la qualité et les dimensions des 160 œuvres
rassemblées en hommage à un artiste grandiose que Delacroix qualifiait
simplement d’ "Homère de la peinture"… Colette Bertot |
*
"Autoportrait
avec
"Venus frigida"
"Portrait
d'Anne
"Le
mariage de
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| Palais des Beaux Arts. Place de la République, Lille | |
| Tous les jours de 11h à 19h. Vendredi de 11h à 21h. Fermé le mardi. | |
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Au départ de Bruxelles Midi Thalys et Eurostar rejoignent Lille en 38
minutes. |
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| Jusqu’au 15 juin 2004. |
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Bertot.
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