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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Avril 2004 "Max Neumann - Angoisses existentielles" au Musée d'Ixelles. |
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;; L’angoissante réflexion dans laquelle les images de l’artiste prennent
forme a également séduit l’asbl "Les amis du
Musée d’Ixelles" qui est à la base de cette importante exposition, sa
première dans un musée belge réalisée en collaboration avec la galerie Vidal
Saint Phalle de Paris et -naturellement- Pascal Polar
de Bruxelles. Ce qui ne gâche rien, le musée accueille, aux mêmes dates, les
dessins de Munch. Les œuvres récentes, ici rassemblées, relèvent indéniablement de l’art
figuratif sans pour autant se perdre dans les méandres de la narration.
L’artiste, en effet, ne se soumet ni aux diktats d’un sujet, ni aux exigences
d’un symbole. Il se contente de répondre à l’envie qu’il éprouve d’exercer son
art le mieux possible. Entre formes et couleurs, il peint – et répète – d’étranges personnages
autour desquels il compose une histoire, sans rien laisser au hasard. Qui sont-ils ? Où vont-ils ? Nul ne le sait mais l’univers
particulier dans lequel ils évoluent intrigue. Ainsi de ces deux hommes, vêtus d’un manteau rouge quadrillé de noir, se faisant face, les yeux bandés pour ne pas voir mais les oreilles dégagées pour mieux entendre les rumeur du monde… Image fascinante de la dualité cachée en chaque être humain. Ailleurs, un visage vide et fantomatique emmanché d’un long cou blafard se détachant sur un vêtement rouge évoque une indicible menace dont on ne possède pas de clé pour déchiffrer l’énigme. On aimerait savoir pourtant que cache ce visage aveugle… Parfois des androïdes se faisant face gueulent, bouche
ouverte, leur silencieuse révolte. Parfois une bête hurlante ou un personnage estropié viennent se
superposer à l’image initiale comme pour la mieux torturer. Techniquement le trait est incisif, les images sont simples pour dire
l’essentiel tout en laissant au sujet la liberté de s’exprimer et d’avancer –
en zombie – dans un monde impénétrable. "Depuis des années, note André De
Nys
dans le catalogue, Neumann peint de l’humain la part dionysiaque et animale. Il
nous renvoie l’image de personnages mus par leurs premiers instincts…". Les œuvres n’ont pas de titre. Les images se suffisent à elles-mêmes et
se moquent bien des interprétations qu’on pourrait leur donner. Les couleurs
sont libres mais la rigueur est de mise et la gamme chromatique utilisée par
l’artiste privilégie les noirs, les rouges, les gris d’une sobre matité qui
absorbe étrangement la lumière. Pour rendre plus intense le climat de la toile,
Neumann use essentiellement de la tempera à l’ancienne. Rien de clinquant dans
cette réflexion picturale qui fait un peu songer à l’univers de Kafka. Voyez ce visage sans nez, sans bouche, sans œil, planté sur ce cou
musclé et cerclé de noir tel un esprit sans corps prêt à gravir les marches
sombres et architecturées d’un chemin menant à la quiétude ou à l’inquiétude,
c’est selon. Et que penser de cet homme buste partagé en deux, exhibant une moitié
de visage strié de noir, une autre plus claire sur laquelle s’échappe d’un
récipient une fumée blanche et mystérieuse. Autoportrait ou personnage
équivoque, double de son double, trompe-l’œil ou trompe la mort ? Neumann exprime des émotions fondamentales et ambiguës dont il est seul
à détenir le secret et qui font froid dans le dos... Son œuvre insaisissable ne
demande pas d’explication. Elle existe. Elle bouscule. Elle trace, sobrement "l’ombre incertaine de l’avenir"… Colette Bertot |
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sur Sans titre, 2003
Sans titre, Avril 2003
Sans
titre,
Sans
titre, |
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Musée d’Ixelles, 71 rue Jean van
Volsem, Ixelles (Bruxelles). |
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Du mardi au vendredi de 13h à 18h30. Samedi et dimanche de 10h à 17h. |
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| Jusqu’au 16 mai 2004. |
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Bertot.
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