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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Février 2004 "Mig Quinet : La main verte" Joie de vivre, joie de peindre à la Galerie Quadri. |
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;; Née
à Ransart en 1906, elle décède à Bruxelles en 2001. Nonagénaire donc et
toujours jeune d’esprit. Une leçon pour bien des artistes d’aujourd’hui
figés dans un système qui les arrange. Stéphane
Rey, mon père, qui était de sa robuste génération, disait qu’elle était,
avec Marie Howet et Alice Frey « une des dames d’âge qui laisseront
une trace dans l’histoire de la peinture belge de la fin du XX° siècle »… Avec
Anne Bonnet, Louis Van Lint et quelques autres, Mig Quinet co-fonda en 1945,
le mouvement de "La Jeune Peinture Belge" qui n’est pas une école
mais un groupe d’artistes soucieux de "libérer l’art de ses
contingences traditionnelles", de structurer le sujet, de donner à la
couleur des nuances inédites. En
matière de couleurs, celles de Mig Quinet sont franches et fraîches, frémissantes
et nerveuses. Quel qu’ait été son cheminement, elle fut une coloriste
pointue privilégiant les dissonances subtiles (que de fois on lui reprocha
ses jaunes acidulés accolés à des roses bonbon ! ), les tons clairs,
les joyeuses transparences. Passant,
au fil des ans, d’un figuratif empreint de fantaisie à une abstraction allègre
et géométrique schématisant le réel, pour renouer avec l’univers
figuratif, l’artiste, où qu’elle se situe, s’affiche comme coloriste
hors pair "fuyant le stable, l’abouti, le figé" pour vivre
avec sensibilité le tumulte de ses métamorphoses. La
galerie Quadri, dont nous ne dirons jamais assez la rigueur, a concocté ici
une sélection d’œuvres exubérantes de couleurs et de lumière témoignant
de l’appartenance de l’artiste à une modernité sans concession. D’une
période à l’autre, d’une gouache à une aquarelle, d’une huile sur
toile à un dessin, toute la poétique de l’artiste se lit au premier coup
d’œil. Ici,
une sage « Fenêtre à Auderghem » datant de 1937, là une
« Cage » datant de 1945 évoquent la vie quotidienne avec, en
prime, quelques touches d’un nouveau langage. L’huile sur toile intitulée
« Vert et vif » datant de 1956, est comme un éclatement presque
agressif de traînées de couleurs striées de deux gros traits verts. Même
dans ce brouhaha, on devine une secrète fidélité à la figuration. « La
table au poisson », datée de 1945 bariolée de francs aplats de bleus,
de verts, de rouges que n’auraient reniés ni Dufy ni Matisse, s’inscrit
dans une mouvance fauve intensément colorée traduisant simplement les émotions. A
cette table là, on se mettrait volontiers pour le seul plaisir de partager
les symphonies chromatiques et gourmandes déclinées par Mig Quinet avec une
joie de vivre qui, sans doute, lui ressemble ! Si
le fil conducteur de l’exposition est la couleur (en l’occurrence verte)
exploitée par l’artiste tout au long d’une carrière riche d’ardeur et
de fantaisie, on ne manquera pas d’admirer, jusque dans le détail, la
rigueur de son travail graphique hachurant le support papier au crayon ou à
l’encre de Chine pour faire apparaître un moment de « Récréation »
ou un sympathique « Ornithophage » léger, léger comme les plumes
d’oiseaux ébouriffées en tous sens qui lui recouvrent le corps. On imagine
la patience déployée pour développer le rêve sous-jacent qui fait "à l’infini varier le caractère même de ces attaques de la plume sur le
papier". L’écriture
fougueuse de l’artiste illustre, ici, en grands et petits formats, sa volonté
d’un perpétuel recommencement. C’est probablement cela l’art véritable… Colette Bertot |
* *
"Table au poisson"
"Vert et vif"
"L'ornithophage"
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Galerie
Quadri. 49 rue Tenbosch. 1050 Bruxelles. Tel. 02/ 640.95.63. |
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| Les samedis de 14h à 18h et sur rendez-vous. | |
| Jusqu’au 14 février 2004. |
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Bertot.
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