LA LETTRE MENSUELLE

Une chronique d'Alix Walsh.  Février 2004 
  Voyages fantastiques - Jacques Zimmermann,
  
à l'International Art Gallery de Lasne.

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« Gardiens nocturnes, gardiens du jour, les châteaux de proue balisent 
la futaie…Au cœur du vol, au cœur des sèves, interminable transhumance,
flux et reflux sans cesse, de la graine au bourgeon, du ferret aux étincelles,
 de la fleur à l’humus, de la braise à l’éveil,… »
 
Pierre Dhainaut, 

(Zénith, rubis de la lumière - hommage à Jacques Zimmermann, extrait)

Jacques Zimmermann est né à Hoboken, Belgique en 1929, et vit actuellement à Beersel.

Depuis ses 20 ans, il fréquente la galerie-librairie Saint-Laurent, dirigée par Ph.E Toussaint, ce dernier étant à l’origine de l’exploration de ses propres talents.

Le futur artiste y lit alors beaucoup de poésie, telle que celle de Léon-Paul Fargue, disciple de Mallarmé, et y découvre une langue riche en images insolites.

Après sa première exposition de sculptures à la galerie Saint-Laurent en 1951, Zimmermann se lance dans une peinture proche de celle de Giorgio de Chirico où apparaissent des personnages imaginaires à contre-jour.

Un voyage au Congo en 1956 s’avère être une expérience marquante, faisant découvrir à l’artiste une végétation équatoriale et une forêt luxuriante, des horizons infinis, un univers aux végétaux aïgus. Cette expérience est à l’origine d’une nouvelle vision picturale du paysage, celui-ci allant devenir plus agressif, plus mouvementé avec le temps.

Délaissant peu à peu la figuration surréaliste, Zimmermann pratique une peinture plus gestuelle tendant vers l’abstraction.

Grâce à son activité au sein du groupe "Phases" (*) dès 1957, Zimmermann peut mettre à profit cette convergence entre l’abstraction lyrique et une orientation surréaliste, et il s’orientera au début des années ’60 dramatiques vers des paysages chaotiques.

Après un passage à la sculpture, au dessin en noir et blanc, à une peinture en trompe-l’oeil, Zimmermann retravaille la couleur et fait vibrer la lumière au passage de larges coups de brosse noirs, tels que ceux de Hans Hartung. Les techniques de Zimmermann sont variées : emploi d’empreintes de papier et de tissu, projection de pigments, utilisation de la palette.

C’est à partir des années ’80 que le lyrisme gestuel parfaitement maîtrisé par l’artiste s’impose. Il puise dans le domaine du rêve, du fantastique. Ses paysages intérieurs sont nimbés d’une luminosité, d’une coloration poétique où la perception du cosmos, animé de vaisseaux, invite et transporte le spectateur.

Face à ces toiles, on ne peut que ressentir une force créatrice puissante partant des plus lointaines profondeurs. L’emploi d’une tonalité recherchée des couleurs ainsi que la matière dense contribuent à l’énergie mouvante de ces tableaux où la nature prend une place prépondérante. L’effet est saisissant.

Alix Walsh         
Historienne de l'art         

(*) Mouvement surréaliste auquel adhère également Jacques Lacomblez
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42zimmvent.JPG (29047 octets)

 'Vent - Contrevent' 

 

 

 

 

42zimmephem.JPG (33040 octets)

'Maison de l'Ephémère'

 

International Art Gallery s.a, Bois Lionnet, 16, 1380 Lasne. 
Tél: 02/633 18 06.

Tous les jours de 14h à 19h ou sur rendez-vous. 
Fermé les mercredis.
Du 31janvier au 21 mars 2004.

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