LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Janvier 2004. 
   Luighi d'affezione, paesaggio-passagio :
  
Du nomadisme des artistes contemporains, à Bruxelles.

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Le monde est devenu un village global pour des artistes de plus en plus nomades. Ceux-ci voyagent beaucoup, ils partent à la rencontre de personnes mais aussi de lieux à l’atmosphère particulière. Ils recherchent ailleurs ce qu’ils n’ont pas nécessairement chez eux. Touchés par des rencontres ou des paysages, les artistes décident de s’arrêter pour un temps dans un « lieu d’affection ».

Dans ce contexte, l’Italie joue un rôle particulier que cette exposition tente de mettre en lumière. Si cette terre de culture est la patrie de nombreux artistes tels que Beecroft, Boetti, Clemente ou Mariani, elle joue aussi le rôle de pôle d’attraction pour des personnalités aussi essentielles que Beuys, Warhol, Kounellis, etc.

A la fin des années 50, les échanges artistiques se multiplient entre l’Italie et les Etats-Unis. Domenico Gnoli, Salvatore Scarpitta migrent à New-York, Jannis Kounellis et Cy Twombly s’installent à Rome. Ces deux pôles culturels sont sous influence réciproque. Chaque artiste se nourrit de la culture du lieu, de son passé et de son histoire et l’intègre à son propre bagage culturel.

La migration des artistes vers des pays étrangers est l’occasion pour eux de connaître le succès et d’atteindre une reconnaissance dans le milieu de l’art. Scarpitta, Mariani ou Clemente sont devenus à New-York des références artistiques. Ils y ont développé leur univers en favorisant un retour à la peinture faite de citations et d’affirmations du Moi artistique. 

Les civilisations de l’Extrême-Orient ont inspiré Barbieri qui aime photographier l’agitation des hommes dans leur contexte familier et quotidien. Il donne ainsi autant d’importance aux paysages qu’aux êtres qui s’y agitent. Boetti, avec la collaboration de tisserands afghans, réalise une carte du monde où chaque pays est représenté aux couleurs de son drapeau national.

Le lien entre les différentes œuvres ici exposées n’est pas à trouver au nouveau du style mais plutôt au niveau du processus de création. Pour chaque artiste, des œuvres personnelles témoignent de l’influence des voyages des  rencontres avec des « lieux d’affection ».

Une large diffusion des tendances artistiques internationales est permise grâce aux nouveaux médias, aux nouvelles technologies mais aussi aux galeries qui accueillent des artistes tant nationaux qu’étrangers. Le nomadisme culturel favorise les échanges, les relations artistiques. Les artistes recherchent une terre d’accueil permettant la liberté de leur création. Les artistes ont deux patries, une patrie réelle et une patrie imaginaire, celle où l’œuvre trouve sa place (Gertrude Stein).

Si la mobilité des artistes a existé de tout temps, elle se généralise dans les années 60 et l’exposition veut mettre l’accent sur les influences de l’Italie qui agit comme un point de ralliement ou de départ pour des artistes internationaux. Le monde est un village pour des artistes en quête d’un renouvellement du langage artistique.

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'art         


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Beecroft

 

 

41fbpane.jpg (29739 octets)

Pane

 

 

Retiré :
Andy Warhol,
droits Sabam

Hôtel de Ville de Bruxelles, Grand-Place.

 

 

Tous les jours de 11 à 18h sauf le lundi.  
Exposition accessible jusqu'au 18 janvier 2004.

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