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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Décembre 2003 Costa Lefkochir, 25 ans de peinture et de rencontres : A Liège et à Bruxelles, l'artiste exprime son tempérament de feu. |
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;; Cela fait plus de 25 ans qu’il peint les frémissements de ses rêves et
les embrasements de la réalité « rebondissant sur les vagues d’une
insatiable soif de l’invisible, de l’inaccessible » comme le souligne
joliment Claude Lorent, commissaire de l’exposition liégeoise et co-auteur d’un
important ouvrage détaillant la démarche de l’artiste. Un double événement célèbre actuellement son travail. A Liège, l’espace muséal de la salle Saint Georges consacre ses salles
à «Costa Lefkochir, 25 ans de peinture et de rencontres». Une façon
de faire partager au spectateur le cheminement du peintre. A la fois pictural
avec ses questionnements bigarrés de couleurs et humaniste parce que l’homme ne
peut s’empêcher de vivre sans établir des passerelles entre la pensée, les
évènements quotidiens, les rencontres. Ici, on peut donc découvrir les séries de tableaux évoquant ces
rencontres. Parmi d’autres épinglons « La mémoire du temps » où il
rend hommage à Gandhi dans un éblouissant rayonnement de jaune solaire strié de
formes noires qui s’adoucissent en subtiles nuances de gris. Parfois des
morceaux de papier journal aux textes illisibles sont collés sur la toile comme
« les blessures d’un monde qui court à sa perte » et ces traces,
fossilisées au cœur d’une palette chromatique vibrante et forte sont comme le
moteur d’un parcours tout empreint de méditation. Ailleurs l’émotion envahit la toile quand l’artiste, interpellé par le
sort des enfants, victimes de la cruauté des hommes, tient à leur faire passer
un message d’espoir. Quelques « Lettres aux enfants » peintes à l’acrylique sur
papier aux bords volontairement déchiquetés, témoignent d’un combat entre
l’ombre et la lumière, entre le tolérable et l’intolérable. La composition est chaotique, la matière est râpeuse, irrégulière comme seraient des plaies mal cicatrisées. Les couleurs s’entrechoquent à la fois ardentes et ténébreuses. Les formes abstraites libèrent les forces vives d’un esprit en perpétuelle ébullition. Il eut été impensable que Lefkochir enferme dans un univers figuratif ses élans, ses recherches. A Liège, le visiteur
admirera aussi « Les livres scellés » ( nos préférés…) d’une infinie
poésie. Ces pages de carton couvertes d’écritures mystérieuses et fermées d’un
lien recèlent des secrets qu’on aimerait connaître. Personne ne pourra lire ces
pensées, ces poèmes, ces secrets écrits par l’artiste pour être transmis aux
générations futures… A Bruxelles, la Galerie Bastien-Art expose les « Lettres à Dominikos
Theokopoulos » cet autre artiste crétois plus connu sous le pseudonyme de
El Greco. Lors d’une exposition Greco à
Heraklion, Lefkochir est bouleversé par une petite toile
figurant une montagne allongée et pauvre en végétation. Inscrite dans sa mémoire
cette montagne sera le point de départ d’un dialogue, entre les deux artistes à
travers le temps. L’hommage au Gréco se décline à coup de tonalités palpitantes comme un cœur écorché, brûlantes comme le feu qui bouillonne dans les multiples facettes de cette montagne toujours recommencée. Chaque tableau, qu’il soit de grande dimension ou de format étroit et allongé répond à une quête de spiritualité. La matière est épaisse, torturée, vivante comme une coulée de lave monochrome sortant du volcan en marquant à jamais le paysage qui l’entoure. Lefkochir fouille les entrailles du monde en quête d’une main tendue. La montagne du
Gréco est un thème de dépassement, un prétexte à tenir en éveil nos sens et nos
esprits tout au long d’un voyage initiatique et souvent douloureux. Lefkochir, le peintre et l’homme que nous rencontrions lors du
vernissage de ses expositions est touchant comme un enfant. « Nous ne
pouvons changer la réalité, expliquait-il, changeons donc l’œil qui voit la
réalité »… A méditer. Colette Bertot |
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"Du fond des âges"
Livre scellé
Lettre aux enfants
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Musée de l’Art Wallon. 86 Feronstré. Liège. |
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Galerie Bastien Art. 61 rue de la Madeleine. Bruxelles. |
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