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LA LETTRE MENSUELLE |
| Une
chronique de
Vera Lewijse. Novembre 2003. Michelangelo Pistoletto & Cittadellarte : Europalia Italia à Anvers. Art et société : les responsabilités. |
Les contrastes de la tendresse et de la passion, de la dureté et de la douceur des matériaux, le contraste de la forme et du contenu. Cette différence, on la retrouve dans ses ‘objets minus’ des années 1965-1966 avec lesquels nous sommes confrontés à l’entrée du musée. De cette époque où Pistoletto s’occupait de ‘l’installation art’ (dans le contexte de l’Arte Povera où il devenait un des leading men), date entre autres le Veneri degli stracci. Il s'agit de la copie d’une statue classique vue de dos, mais associée à un amoncellement de chiffons devant lequel elle semble hésiter à faire un choix. La métaphore sous-jacente est claire : elle est le symbole des idées classiques de la beauté éternelle opposée au caractère minable et misérable des chiffons entassés. Pistoletto met en question les valeurs de notre société. Pistoletto est aussi connu pour sa série de miroirs Divisione e Moltiplicazione dello Specchio (1975-1978). L’idée du miroir qui reflète, jusqu’à l’image où l’idée du miroir est toujours présente mais sans réflexion, tout est expression du lien artiste – spectateur. Pistoletto emploie le miroir comme métaphore, de nouveau : miroir qui reflète, multiplie et divise, déforme. Toujours empreint d’un sentiment de responsabilité envers la société, en tant qu’artiste ou simplement en tant qu’être qui ‘est’ dans la vie, conscient des autres autour de lui, le lien est vite fait avec le concept de Cittadellarte, projet de la Fondazione Pistoletto pr ésenté au MuKHA.L’art, l’artiste et la société L’expression des installations et les idées de cet
événement sont très claires. L’artiste
doit être un individu qui prend sa place comme un être créateur, comme un homme
à l’attention multiple et toujours en éveil. Comment l’art et l’artiste peuvent-ils
amener une transformation sociale responsable ? Quelle réponse la
créativité peut-elle donner à la contradiction entre le progrès phénoménal
d’une part et la situation lamentable de la planète et de millions de gens
d’autre part ? La place de l’artiste dans la société est de
nouveau mise en question : pourquoi
et comment fais-je ce que je fais
et pas autre chose ? Comment assumer ma responsabilité ? De là le concept ‘Cittadellarte’. Un projet exceptionnel sur la société, la différence, la division. Pistolett o situe l’art et l’artiste dans notre réalité actuelle.En 1994, Pistoletto rédige le manifeste Progetto Arte, dans lequel il souligne que les cultures, les peuples, les opinions et les individus s’éloignent de plus en plus les uns des autres. Mais il y a aussi les activités des spécialismes qui fonctionnent très séparément. De la politique à l’éducation, de l’économie à la main d’œuvre… L’art doit sortir du cocon dont il s’est emballé à partir de ‘l’art pour l’art est sans but, tout but dénature l’art’ comme disait Théophile Gautier…… deux siècles auparavant. Ce combat est déjà gagné, maintenant il faut continuer dans la mondialité, dans cette société sans frontières pour lui donner une nouvelle dimension : le respect de l’un pour l’autre et le rôle que peut y jouer l’artiste. Pistoletto va beaucoup plus loin : pour être capable de changer les choses il faut le pouvoir. C’est pour cela que l’artiste doit s’engager dans plusieurs domaines de la société, selon ses capacités. L’aspect cellulaire de Cittadellarte Le logo de Cittadellarte
est érigé en trois dimensions dans deux salles du musée qui se
chevauchent : le visiteur peut ainsi pénétrer symboliquement dans Cittadellarte par les différente cellules qui évoquent
chacune un ufficio et où l’on découvre des objets qui symbolisent le bureau en
question. - Education : un formulaire d’inscription pour le programme d’UNIDEE : L’Université des Idées. Des jeunes artistes du monde entier ont l’opportunité de travailler, d’apprendre et de vivre pendant quatre mois à Cittadellarte à Biella. -
Religion :
basée sur Metrocubico di infinito de 1966, qu’il réutilise
pour ses projets spirituels. -
Arts et sciences : parle des deux pôles opposés qui produisent une énergie, comme l’art
est toujours en dialogue avec le spectateur et est ainsi créateur d’énergie et
d’idées. - Production : une carte d’Italie sur laquelle sont indiquées les entreprises qui fabriquent des produits issus d’un contexte historique et culturel marquant et avec lesquels l’ufficio développe un projet-
Politique :
un miroir découpé en forme de Mer Méditerranée qui évoque le principal projet
de cet ufficio, le projet ‘love difference’ qui tente de rapprocher
les peuples qui vivent autour de la Méditerranée. - Economie : un ‘box museum’ qui symbolise l’un des plus grands projets de Cittadellarte et pour lequel cet ufficio apporte une contribution importante notamment la collaboration avec un groupe textile renommé en Italie, Zegna.Le but est d’octroyer une valeur économique à l’élément créatif de la production industrielle, dans une enquête comparative entre créativité et qualité. - Travail : une évocation du projet ‘créativité sur les lieux de travail’ dans lequel Cittadellarte tente de créer un espace libre pour les ouvriers dans l’usine ; une présentation des produits socialement engagés fabriqués par Cittadellarte (quelques-uns sont mis en vente au Muhka) ; un lien avec le website… - Communication : le premier numéro du Journal – Progetto Arte en 1995, présentait le manifesto de Michelangelo Pistoletto. Dans une des déclarations fondamentales, il affirme que l’art doit prendre la responsabilité de mettre en communication toute activité humaine, chaque domaine de la science, toutes les circonstances de la société, les rapports sociaux, toute la production économique. Tous doivent être en contact l’un avec l’autre à travers l’art. En présentant cette organisation ‘Cittadellarte’,
le MuHKA aborde le projet sous divers angles de telle sorte que le
spectateur se trouve baigné dans l’atmosphère du projet et se sent amené le
plus près possible de son noyau. Le lien avec l’exposition au Musée des Beaux-Arts d’Anvers dans le cadre de Europalia-Italia Anvers - Genua, qui illustre le lien entre mécène et artiste est dés lors tout de suite fait. Du dix-septième siècle où les artistes avaient pour fonction d’embellir la vie des riches et du pouvoir, et avec les idées du Groupe du Bauhaus durant les années 1919-1933 en tête, on arrive avec Pistoletto et sa vision sur l’art et le rôle de l’artiste, au vingt-et-unième siècle. Une visite combinée des deux expositions est comme
un voyage à travers le temps. On passe du passé au futur sans s’arrêter dans le
présent. Vera Lewijse, |
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City
poster -
City poster - Art office
City poster -
Citadellarte, Biella
Cittadellarte,
Citadellarte,
Venus
Ball of newspaper
Minus objects
UNIDEEE
|
| Museum van Hedendaagse Kunst Antwerpen,
Leuvenstraat 32, 2000 Anvers. Tel.: +32 (0)3 238 59 60 - Fax : +32 (0)3 216 24 86 - info@muhka.be |
Love difference |
| Du mardi au dimanche, de 10 à 17 heures. | |
| Site de l'artiste : www.cittadellarte.it | |
| Exposition accessible jusqu'au 30 novembre 2003. |
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