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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Dominique Piteux-Vallin. Novembre 2003. Les chemins de l'art brut : Donation de la collection L'Aracine à Villeneuve d'Ascq, dernière expo avant 2006 ! |
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;; Le musée de Villeneuve d’ascq, dévolu à l’art moderne et contemporain par la donation Masurel, a reçu en donation en 1999 la collection d’art brut constituée par l’association L’Aracine. Cette collection comprend plus de 3500 œuvres de 170 artistes et créateurs français et étrangers. Les plus grands noms de l’art brut y sont représentés dont plus spécialement Aloïse Corbaz, et Fleury Joseph Crépin qui figurent dans l’exposition qui s’achève prochainement. Aloïse Corbaz née en suisse en 1886 s’est expatriée en 1911 en Allemagne où elle entre comme gouvernante à la cour de l’Empereur Guillaume II. La guerre la contraint à rentrer en suisse et manifeste dès lors des troubles du comportement qui obligent sa famille à l’interner dès 1918. Hors du monde Aloïse s’exprime par des dessins avec un univers de codes et de lois propres. Les échos du monde qu’elle a perdu réapparaissent et notamment les souvenirs des fastes de la cour. Elle organise les images de cet ancien monde (carrosses, scènes de théâtre, couples) dans un monde mouvant sans toutefois renoncer à l’ancien. Elle quitte ce monde en 1964. Présent également à cette exposition ACM qui réalise des sculptures à partir d’éléments mécaniques ou électroniques qu’il extrait des machines à écrire, transistors, réveils …récupérés et classés avec méthode et recompose à partir de ces éléments des machines qui deviennent des architectures à regarder et à rêver. Un Allemand Théodor Wagemann (1918-1988) dessine sur papier sulfurisé qu’il récupère dans les cuisines de son établissement. Crayons feutres ou de couleur donnent naissance à des figures du Nouveau Testament, de l’histoire allemande ou des contes populaires. A travers le miroir déformant de la mémoire et de la reconstruction dans l’œuvre se cristallise une double histoire : celle d’un peuple et celle d’un homme de l’ombre. Le Français André Bauchant (1873-1958) ne peindra qu’à son retour de la première guerre et connaîtra le succès lors d’une exposition à la galerie Jeanne Bucher en 1927 à Paris. De fervents collectionneurs comme Le Corbusier, Ozenfant, Lipchitz, Lurçat confirment cet engouement. La consécration viendra avec la commande de Diaghilev pour les décors et les costumes de L’apollon Musagète de Stravinsky. Il bénéficie du soutien du marchand et critique d’art Wilhem Uhde (1874-1947), tout comme Camille Bombois (1883-1970) originaire de la côte d’or que le critique découvrira à Montmartre. Uhde est séduit par cette peinture vigoureuse et colorée qui montre des scènes de cirque, des villages ou des femmes aux formes généreuses. Surprise par la guerre l’Américaine Gertrude O’Brady (1901-1983) est internée au camp de Vittel. Liée avec Jakovsky qui la conseille et la fait connaître ;elle se lie avec les intellectuels Cocteau, Elluard et Steinbeck. Elle expose en 1949 à Manhattan et disparaît ensuite du monde de l’art après s’être retirée dans un couvent. Louis Vivin (1861-1936) et Séraphine Louis(1864-1942) retiennent également l’attention de Uhde qui leur consacrera un chapitre dans son ouvrage Cinq maîtres primitifs, publié à Paris en 1949. Le Bordelais Pascal Désir Maisonneuve (1863-1934) élabore entre 1927 et 1928 une quinzaine de portraits en coquillage, qu’il intitule les fourbes à travers l’Europe, portraits charges de la reine Victoria, de Guillaume II… Le peintre Bordelais André Lhote et André Breton en possédaient ; Jean Dubuffet en acheta neuf pour sa collection d’art brut. Pour finir honneur au nordiste Fleury Joseph Crépin (1875-1948) plombier zingueur et quincaillier, amateur de musique, radiesthésiste. Il entre en contact avec les deux autres peintres médium Victor Simon et Augustin Lesage. Ses œuvres sont dominées par une constante, l’utilisation des motifs perlés. Des centaines de gouttelettes de couleur rythment les motifs, essentiellement des architectures de palais, de temple ou de formes géométriques (prismes, étoiles, rosaces…). Le projet d’extension du Musée est conçu essentiellement pour exposer et montrer en permanence au public la collection de L’Aracine. Bonne visite si vous pouvez vous rendre au musée pour cette exposition temporaire d’art brut, autrement il vous faudra attendre 2006. Dominique
Piteux, |
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Musée d’art moderne Lille métropole à Villeneuve d’Ascq. |
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| Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h. | |
| Jusqu’au 17 novembre 2003. |
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