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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Novembre 2003 Isabelle de Borchgrave au pays des sultans : "Les silences du Bosphore" chez Arthus Gallery . |
Sitôt
rentrée au pays, elle se met à l’ouvrage, épluche ses carnets et
transfigure ce qu’elle a vu. A
l’Arthus Gallery, l’artiste expose ses souvenirs de voyage en Turquie,
située au confluent des cultures occidentales et orientales. Une mine
d’inspiration pour qui sait l’art de marier les civilisations tout comme
les styles et les contrastes. Ce
travail de création se concocte sur une grande table d’atelier recouverte
de tissus divers. De ces tissus, buvards de son travail, naissent les
tableaux. D’une
transparence, elle fait une fenêtre ouverte sur un jardin. D’une tache elle
fait l’œil d’un personnage, d’une superposition de couleurs donnant au
support du relief, elle fait un luxuriant costume. Isabelle
de Borchgrave utilise toutes les techniques et mélange avec autant de
savoir-faire l’huile, l’aquarelle, les pigments, le fusain. Ici,
dans l’espace lumineux et vaste de la galerie Arthus, les œuvres sont mises
en scène dans un esprit de fête orientale. Aux
cimaises se succèdent des portraits de sultans coiffés de somptueux turbans. Qu’ils
soient « En songe », en « Attente », « Au col
noir », « Aux œufs d’autruche » ils sont croqués d’une
main raffinée et experte balayant, sur fond de coloris aux reflets
changeants, toutes les nuances de la gamme chromatique. Les visages sont
infiniment doux, les gestes gracieux, les regards intenses, le tout inspiré
par une longue observation du vêtement chez les Primitifs Flamands, de la
lumière chez les Impressionnistes. Parfois l’artiste s’attarde sur
« L’étale d’un potier » ou sur une série de « Vases »
dont la matière et les bleus éclatants rendraient jaloux Matisse lui-même ! Mais
où, Isabelle de Borchgrave excelle, c’est quand elle reprend le chemin de
la mode qui n’a pas de secrets pour elle. C’est ici un grand panneau représentant
des kaftans, peints sur toile, et déployés comme de riches soieries. Là,
d’autres kaftans, grandeur nature réalisés en papier, aussi brillants,
aussi mouvants que des étoffes anciennes. Tous sont l’aboutissement d’une
réflexion autour de la mode et du costume. Le
visiteur ne manquera pas d’admirer les petites sculptures « Silhouettes »
de kaftans, découpées dans des plaques de cuivre patinées par l’acide et
rehaussées de couleurs chatoyantes suggérant des motifs de tissu. Topkapi
n’est pas loin. Les Mille et Une nuits non plus. Le
défilé est féerique et le rêve omniprésent. -
En
parallèle à cette exposition pleine de charmes exotiques, le Château de
Beloeil expose ( jusqu’au 20 novembre ) une époustouflante collection de
robes en papier crées par Isabelle de Borchgrave, en collaboration avec Rita
Brown, d’après des modèles originaux. Cela va d’Elisabeth I aux années
30… Du
moindre bouton au moindre nœud, tout y est ajusté "à
l’authentique". Colette Bertot |
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Mosaïque Iznik
Silhouettes I
Les oeufs d'Autruche
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Arthus Gallery, 33 rue Simonis, 1050 Bruxelles. |
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| Du mardi au vendredi de 14h à 18h30. Le samedi de 11h à 18h30. | |
| Jusqu’au 15 novembre 2003. |
Copyright © 2003 Mémoires et Colette
Bertot.
Copyright © 2003 Isabelle de Borchgrave pour les oeuvres et leurs photos.
Tous droits réservés.
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