LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Colette Bertot.  Novembre 2003 
  Jean-Pierre Maury - Envols stationnaires,
  
Chez Quadri - Et entretiens avec Ben Durant .

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Traces noires sur fond blanc, formes géométriques mouvantes, les « Envols stationnaires » de Jean Pierre Maury sont d’étonnantes mises en page, toutes de rigueur et d’esthétisme.

Né à Uccle en 1948, formé au journalisme et aux sciences politiques, il ne se cache pas d’être autodidacte en matière de peinture et attaché à un style géométrique qu’il cultive depuis près de 30 ans, ce qui ne l’empêche pas d’enseigner le dessin à de jeunes enfants parcequ’ils sont dépositaires d’une très grande fraîcheur dont l’artiste aimerait « perpétuer le tintement ».

Les oeuvres ici rassemblées sont (généralement) de petits panneaux blancs couverts de formes simples - comme le carré, le losange – peintes en noir. Cela peut paraître banal, c’est loin de l’être. Posés côte à côte, les dessins semblent tournoyer, s’allonger, s’étirer en un mouvement qu’on dirait cadencé et qui est pourtant immobile. Les quadratures prennent une apparence nouvelle comme si elles étaient régies par d’autres lois de la nature.

Il y a de l’illusion optique dans cette modification du sens des lignes dont l’exécution appliquée relève du vol gracieux des oiseaux.

L’ordinateur n’est pas étranger à ce langage. On sait les qualités et les défauts des technologies nouvelles. Appliquées à l’art elles ouvrent des horizons, mieux, des « fenêtres » comme les windows informatiques, à la différence près que Maury, poète et non machine, donne des ailes à la répétition des motifs.

Il se définit lui-même comme artiste, non pas constructiviste mais de la «mouvance construite», celle qui fédère les gens autour d’un principe d’économie de moyens, d’utilisation de formes simples et de systématisation de la démarche.

Mais est-il libre cet « artiste construit » enfermé dans ses formes géométriques ? Le profane se pose la question. Pour Maury « il y a même un espace mental spécifique à cultiver dans l’usage de la structure et des formes géométriques qui laisse libre cours aux mécanismes les plus émancipateurs de la pensée… C’est là un des infinis poétiques les plus féconds »…

Au niveau des couleurs, le noir et le blanc dominent car ils constituent « la façon la plus simple pour aller à l’essentiel d’une composition ». Il suffit d’un support immaculé et d’une mine de plomb pour que se détache une forme d’un fond. Le reste n’est qu’arrangement.

L’artiste vit en France à Etreux tant il est fatigué par les « pesanteurs propres à la Belgique ». De temps en temps, il nous revient avec ce travail constant, rythmé, abstrait au meilleur sens du terme puisqu’il est placé « au delà de l’anecdote », cérébral et marqué d’une certaine forme de spiritualité qui fait réfléchir…

A signaler, qu’à l’occasion de l’exposition, les Editions Tandem sortent un petit livre illustré : «Jean Pierre Maury. Conversation avec Ben Durant». Dense et instructif.

 Colette Bertot         

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39ilmaury111.JPG (25262 octets)

Envols stationnaires 

 

 

 

39ilmaury222.JPG (16001 octets)

Envols stationnaires

 

Galerie Quadri. 49 rue Ten Bosch. 1050 Bruxelles. 
Tel. 02/ 640.95.63. 
Tous les samedi de 14h à 18h et sur rendez-vous. 
Jusqu’au 15 novembre 2003.

Copyright © 2003 Mémoires et Colette Bertot.
Copyright © 2003 Jean-Pierre Maury pour les oeuvres et leurs photos.
Tous droits réservés.

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