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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Octobre 2003. La Transavantguardia : Chia, Clemente, Cucchi, Paladino, Au Centre de la Gravure de La Louvière . |
Les artistes de la Transavanguardia travaillent autour d’une expression individuelle. Ils ne revendiquent pas de références à une actualité. Chacun a ses références artistiques et y puise une partie de son inspiration. Enzo Cucchi est fasciné par des grandes figures de l’histoire de l’art comme Giotto, Piero della Francesca ou Masaccio. Sandro Chia évoque par ses personnages l’art classique italien. Mimmo Paladino est fasciné par l’art byzantin, la peinture rupestre africaine et la sculpture romane. Quant à Francesco Clemente, il est envoûté par la culture et la religion de l’Inde. Ces
quatre artistes développent un univers particulier détaché de toute notion
temporelle. Le mélange des influences et des citations rend leurs œuvres
complexes mais chacun peut laisser libre court à son interprétation. L’exposition du Centre de la Gravure de La Louvière témoigne du travail
de ces quatre artistes qui ont renoué avec la tradition et le savoir-faire de
l’estampe. Francesco Clemente (Napoli, 1952) privilégie l’aquatinte qui lui
offre un jeu de couleurs chatoyantes. Ses différentes œuvres sont le reflet de
ses angoisses, ses envies et ses fantasmes. L’artiste s’implique toujours de
façon très personnelle dans ses créations. On lui doit de nombreux
autoportraits. Enzo Cucchi (Morro d’Alba, 1949) aborde de façon récurrente le thème du
voyage et de la mort. Il représente aussi de façon quasi obsessionnelle des
paysages abandonnés. C’est un certain état du monde qu’il nous révèle à travers
ses réalisations oniriques : le thème du crâne et de la forme ovale
(proche de celle d’un œuf) font se côtoyer la naissance et la mort. Ses œuvres
oscillent entre le visible et l’invisible, entre l’obscurité et la lumière. Il
n’y a pas de radicalisme, il garde une part de mystère et laisse de nombreuses
interprétations possibles. Cucchi multiplie les techniques comme l’eau-forte,
l’aquatinte et la sérigraphie. Sandro Chia (Firenze, 1946) aime représenter l’homme sous ses aspects
les plus charnels. La figure du héros parcourt tout son œuvre. Inspiré par
l’art classique italien, il accentue la robustesse de ses modèles pour rendre
toute son importance à la figure humaine jamais impliquée dans un contexte
défini. Sa maîtrise de différentes techniques comme la pointe sèche,
l’eau-forte, la lithographie et l’aquatinte lui offre une grande variété dans
le rendu des expressions. Mimmo Paladino (Paduli, 1948) est fasciné par les secrets que renferment
les religions et les mythologies. La figure humaine est souvent accompagnée de
signes ou symboles l’intégrant ainsi dans un récit souvent complexe. Dans le cadre d’Europalia Italie, le Centre de la Gravure a voulu
présenter un mouvement majeur pour l’art au début des années 80. Alors que
certains proclamaient la fin de la peinture, les artistes de la Transavanguardia
revendiquent un retour aux émotions et à la figure humaine mais aussi au métier
et au savoir-faire. L’univers de l’estampe et ses multiples possibilités est
abordé avec maîtrise et sensibilité par des artistes qui ont voulu affirmer
leur individualité. Françoise Bernardi,
Lien sur le site : |
Cucchi Chia Cucchi
Paladino
Paladino
Clemente
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Centre de la Gravure et de l’Image Imprimée, |
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Du
mardi au
vendredi de 12 à 18h, week-end et jours fériés de 11 à 18h, Fermé le lundi. |
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| Exposition accessible jusqu'au 4 janvier 2004. |
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