LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Vera Lewijse.  Août-septembre 2003. 
   Robert Filliou, multiples avec la collection People day,
  
La poésie de l'objet, du mot, du monde...

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Tout à tour résistant, manoeuvre pour Coca-Cola à Los Angeles, diplômé d'économie à l'université de U.C.L.A. et fonctionnaire de l'O.N.U. en Corée, Robert Filliou (Sauve 1926 - Les Eyzies 1987) abolit les frontières entre l'art et la vie.

Dans les années soixante il travaille avec Daniel Spoerri (°1930) qui, avec Yves Klein, est fondateur du mouvement d'art Nouveaux Réalistes. (1960-1963). Ce mouvement intègre l'objet de tous les jours dans les oeuvres d'arts. 

Performances et activités en soi, les happenings issus du surréalisme et du dadaïsme, comme c'est le cas dans le mouvement Fluxus, sont à la base de leur créativité  Ils publient le magazine pour la poésie concrète, Matérial, dans lequel les apparences visuelles des mots expliquent  la signification. Ils essaient de souligner la réalité poétique ou artistique déjà présente dans la ville.

Filliou travaille entre autres avec George Brecht, Joseph Beuys, John Cage et Allan Kaprow. Son intention était de faire participer le plus de gens possible au dialogue qu'était pour lui l'art.

Les objets sont porteurs d'idées, générateurs de méditations et peuvent faire partie d'un projet artistique à caractère social ou artistique.

L'art est pour Filliou un terrain hétérogène et ambigu dans lequel l'espace d'exposition sert d'endroit où la vie prend la place de l'art.

Filliou n'est pas intéressé par l'habileté technique de l'artiste. Ses multiples n'ont pas en soi d'importance esthétique, ils sont un lien poétique avec le monde. Littéralement et figurativement, ils ne représentent rien mais ils suggèrent. Filliou veut dépasser l'ici et l'ailleurs. 

Dans les multiples de Filliou qui sont exposés au MHKA, le mot est particulièrement présent.

Ainsi pouvons nous voir Idiot-ci, idiot-là – Ample food for stupid thought.  Dans une vitrine nous voyons une boite de cartes de visites de grand format garnie de maximes telles que: Votre cœur ça boume?; 1... n...  n+1?; L'art n'est-il point remarquable?

En réunissant Paramarenko,  Kippenberger et Filliou, il nous est possible de faire un saut dans le temps et de sentir l'intense électricité des années soixante venir vers nous. Le spectateur réalise l'influence et l'apport de cette période sur l'art actuel. 

Et au même temps l'art n'est plus prix au sérieux, détachement, aliénation et humour. La technique chez Panamarenko, l'ironie chez Kippenberger et le lien entre poésie et images chez Filliou font de cette exposition un tout passionnant et diversifié. Trois fois des multiples et trois fois autre chose...

Vera Lewijse,         
Historienne de l'art         


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La belette est solitaire

 

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Musical Economy

 

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Spaghetti-sandwich

 

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Poussière de poussière

Musée royal des Beaux-Arts, Léopold de Waelpaats - 2000 Anvers. 
Tel. : 03.238.78.09.

 

 

Du mardi au dimanche de 10 à 17h, 
Fermé le lundi
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Exposition accessible jusqu'au 17 août 2003.

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