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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Vera Lewijse. Septembre 2003. Les noces d'or de la Biennale de Venise, Un florilège artistique, du très bon et du douteux : sans masque ! |
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Francesco Bonami, le
directeur artistique de cette biennale, a demandé à divers artistes et
commissaires de réaliser leurs projets de manière telle que les visiteurs les
perçoivent comme des "îles" d'un "archipel" complexe,
comme une "carte mondiale" invitant à la découverte. Quelque 550 artistes
venant de 63 pays sous la supervision de 12 curateurs ont travaillé ensemble pour offrir au spectateur
une dictature de l'image. Libre à chacun
de trouver son chemin, de suivre les parcours, de se former une appréciation
toute personnelle. Bonami a choisi ce titre spécial
pour la cinquantième biennale à Venise: Rêves
et conflits: la dictature du spectateur.
A la différence d’autres années
et d'autres biennales, la peinture a retrouvé sa place dans les manifestations d'art. La peinture qui -pour moi– reste toujours
la perle des beaux-arts, qui
chauffe mon cœur et illumine mon esprit, est le fil rouge de ma visite. Je parle donc surtout des
peintures, des installations en combinaison avec la peinture. Je laisse
un peu de côté les installations et les installations vidéo. Sans pour cela toutefois les négliger
entièrement. Je suis très heureuse de vous
parler de ma visite. Malheureusement je ne peux pas parler de tout ce que j'ai
vu. C'était trop ! L'événement prend place aux jardins
classiques de la biennale : Il Giardino, mais aussi
dans les grands hangars de l'Arsenal juste à côté, dans le Musée Correr à la place San Marco ;
aussi sur plusieurs places de la ville. Evidemment une visite à Venise oblige de rendre hommage aux artistes
du passé comme Palladio, Bellini, Tiepolo, le Titien, Véronèse... qui sont
partout présents dans ce musée vivant qu’est la Sérénissime. L'exposition
au Giardino : les pavillons Il est onze heures du matin et
l'autobus de Mestre à Venise me dépose Piazzale Roma, le terminal des autobus où je prends le vaporetto
pour la Biennale, arrêt Giardino. Le vaporetto suit
le Canal Grande et je m’émerveille de la beauté des anciens bâtiments et de
l'atmosphère typique de Venise. Le premier pavillon que je visite
est le pavillon belge. Le philosophe
Thierry de Duve a sélectionné les deux artistes Sylvie Eyberg et Valérie Mannaerts qui y
exposent des photos qui ne m'impressionnent pas du tout ; j'éprouve le sentiment d'un déjà vu. Quand on entre, à gauche, il y a des murs
remplis d'images intimistes en noir et blanc ; à droite de très grandes photos en couleur
et des photocollages. Dans l'œuvre de Mannaerts les personnages sont travaillés en ajoutant un
visage, un objet ou un membre pris d'un autre personnage. Ceci créé une image qui est à son tour de
nouveau photographiée et projetée comme dia, et qui avec les ombres des
passants crée un monde étrange et aliéné. Ces assemblages font comme une sorte
d'album autobiographique. Sylvie Eyberg expose des
sérigraphies en rose floues, sur grand format. Des fragments de corps, des détails d'images extraites d'anciens
magazines etc. Elle cherche à faire de la poésie à l'aide d'images trouvées.
C'est propre, c'est esthétique mais l'idée derrière l’ensemble ne m'atteint
pas. Au
pavillon italien, sous le titre Delays and Revolutions, (Délais
et Révolutions), des artistes de toutes nationalités, une quarantaine, exposent
leurs créations. De la peinture, des dessins, sculptures, films, vidéos et des
installations. L’accent est mis sur
l'art des artistes actuels, mais quelques oeuvres datant de 1960, '70, '80 et
'90 sont incluses. Les artistes viennent
d'Asie, d'Amérique Latine, d'Europe et des Etats-Unis. L'
accent est mis sur la
peinture, mais en dépassant très souvent la frontière picturale et la limitation
du médium. Ces oeuvres, de par leurs
expressions et qualités caractéristiques, sont difficiles à catégoriser
comme peintures pures. Souvent liée avec la vidéo, le cinéma et des sculptures,
la peinture ne représente qu'une partie de l'œuvre d'art. Delays and Revolutions cherche connections et liens entre les
générations d'artistes du passé, avec l'histoire de l’art, et essaie de tracer une
sorte d'histoire de la transformation, du changement. Kerry James Marshall, avec Gulf Stream (towards representation) se
sert d'un large éventail de références historiques, de la Renaissance au folk
art des noirs. C'est une installation
avec un bateau à voile peint en noir, qui a fait naufrage dans du béton. Elle
est placée
presque au milieu de la salle en combinaison avec une large peinture inspirée
par l'oeuvre du peintre américain Winslow Homer, Gulf Stream. On
remarque des petites photos d'une danseuse classique élégante, tout cela uni
par de larges lignes rouges sur le sol. La peinture montre un homme noir sur un bateau entouré de requins, sous un ciel
menaçant. Référence aux réfugiés Mexicains et Haïtiens. Les traces rouges au
sol peuvent symboliser des traces de sang. Le petit bateau naufragé dans le
béton: la désespérance, l'inutilité d'essayer de laisser derrière soi une vie
de misère par la tentative de faire part du rêve américain. En face de la grande peinture, on voit une
épreuve photographique – noir et bleu ciel de nuit - qui évoque l'atmosphère
menaçante des événements nocturnes lors de tentatives d'évasion. Les petites danseuses légères en tutu,
semblent être la figuration du destin qui passe sur le ventre des gens. Dan Graham, travaille
autour de l'aspect temporel de la perception, la récollection et la conscience
de soi. Inspiré par la philosophie
phénoménologique, l'artiste a fait une série d'installations dont différentes
formes de surveillance et d'imagination délayée constituent l'idée
centrale. C'est une rencontre
interpersonnelle avec soi-même qui provoque une réaction chez le spectateur qui
en regardant soi-même regarde l'autre. Damien
Hirst, connu pour ses animaux en formaldéhyde et qui ainsi
explore les frontières entre art, média et culture populaire, montre ici un
cabinet en verre et métal acier dans lequel
il a placé 18.000 pilules faites à la main. Le cadre et sa matière sont en contraste
frigide avec les pilules faites de couleurs chaudes. Symbole de la distance
entre la vie saine et e.a. les méthodes médicinales
de nos jours ? Gabriel
Orozco, retravaille de l'intérieur l'architecture du
pavillon de 1952 conçu par l'architecte Carlo Scopa. Il reproduit l'architecture dans une énorme maquette qui répète les formes du bâtiment, qui traverse l'espace et réunit
intérieur avec extérieur, passé et
présent. L'artiste
belge Berlinde de Bruyckere expose
Le
cheval noir, un cheval assis sur une table en acier. La tête courbée vers
ses pattes, dans une pose triste et abattue.
Très reconnaissable mais déchiré de son contexte et mis hors de son
attitude naturelle. De la même
installation fait partie la sculpture Hanne, que nous avons pu admirer dans
l'exposition à Gand sur Marie Madeleine. Au mur quelques dessins en aquarelle et encre d'Inde, Cœur déchiré. L'installation est très émouvante et est d'une
grande qualité esthétique et expressive. Au pavillon de l'Islande expose l'artiste Rúrí. L'art d’Islande a une histoire particulière, loin des influences de l'Italie et des primitifs flamands, du Gothique ou de la Renaissance. Les artistes ont une mémoire basée sur la nature sauvage de leur pays, nourrie de leur tradition de récits transmis oralement de père en fils. Dans un pays où les gens connaissent encore la vraie signification de 'distances' et où la communication n'est pas évidente comme en pays surpeuplés, l'art qu'on voit ici parle de la nature et de sa mélodie propre. Le bruit de l'eau, du vent, du paysage siffle à travers le pavillon. Des photos au mur montrent le paysage fabuleux de l'Islande,
l'isolement,
la force de l'eau. Au milieu de l'espace
se trouve un cabinet, avec des plaquettes à rallonges qui montrent des photos
chacune accompagnée d'un propre son mélodique se référant à
la nature sauvage du pays. Le projet de Rúrí, Archive – endangered
waters (Archive, eaux en péril),
dans le pavillon de l'architecte Alvo Aalto est une
installation multi-media interactive. Elle crée une ode à la nature et à la méditation,
et à ces valeurs dans le monde actuel. L'œuvre avec ces 52 photos est une sorte de databank des cascades de ce
merveilleux pays qu’est l’Islande. L'art de Michal Rovner Against order? Against Disorder? (Contre l'ordre ? Contre le Désordre ?) dans le pavillon d'Israël est d'une sobriété impressionnante mais non
moins pénétrante. Rovner attaque des sujets concernant
le monde en ce moment; la biotechnologie, le cloning,
la SARS, le nouvel ordre du monde, et les zones locales qui sont en guerre. L'expérience
commence déjà a l'extérieur du building. Les murs du pavillon
montrent une
sorte de fresque constituée de quatre lignes qui répètent les mêmes
figures. Mise en scène en cercles et
lignes, comme lettres, signes, des gens qui forment des figures différentes
sont perçus comme les anciens hiéroglyphes. En même temps, on a l'impression de lire un
code secret placé dans le futur, un diagramme des symboles d'un code génétique
qui nous menacent aujourd'hui comme jamais auparavant. A l'intérieur, la projection More, (Plus) montre le mouvement des petites figures dans un cercle éternel, créant l'ordre et le désordre. Vingt-cinq 'plaques culturelles' sont placées sur des tables blanches dans une atmosphère laboratoire DataZone, et forment le centre de l'exposition. Se déplaçant dans des boîtes de Petri, on remarque des centaines de personnages en miniature qui se promènent en lignes et les coupent les lignes, des groupes qui explosent en personnages distincts, puis qui se réunissent de nouveau. La visite se termine avec le Time Left (Temps qui reste), un texte qui parle de l'après. Une chaîne sans fin de 30.000
figures encercle la chambre. Elles se tiennent par la main, se promenant en
rythme égal, existant dans un ordre et un désordre simultanés, comme un papier
de tapisserie vivant. Tout le pavillon
est immergé dans une musique répétitive qui représente le battement de cœur
et/ou le temps qui s'en va, le tout dans une atmosphère en noir et blanc. En ce
qui concerne la phénoménologie existentielle dans l'art, il y a beaucoup à dire
ici !! Dans le pavillon américain, Fred Wilson Speak of me as I am (Parle de moi comme je suis) souligne les problèmes du racisme, le contraste entre le noir et le blanc. Une installation qui nous place dans une chambre presque carrée, avec un carrelage en noir et blanc, entrecoupé par des cercles noirs. Le optical art pur. Sur des écrans vidéo sont projetées simultanément plusieurs versions d'Othello. Une installation humoristique : des gouttes noires en verre avec des petites pointes blanches comme des yeux qui tombent par terre sur un arrière-plan blanc Elle s’intitule Drip, drop, plop. Wilson attaque un sujet assez pénible et triste avec un humour et un sarcasme qui donnent au problème du racisme une dimension supplémentaire. Il s'est laissé inspirer par l'image des Maures qui est présente dans l'art pictural et architectural Vénitien à partir du 12ième siècle. Il se pose les questions suivantes : 'Qui étaient ces noirs ? Comment était leur situation ? Est-ce qu'il existait une commune noire à Venise ?' . Ensuite il a fait une série d'œuvres qui va d'artefacts historiques aux objets artisanaux modernes de Venise. Inclus dans l'installation, des mannequins en costumes élaborés basés sur les oeuvres d'art de Véronèse, Carpaccio, Mantegna et autres. Wilson regarde la Venise de
l'époque comme une place où la vie
quotidienne avait mis de côté les différences entre les races pour le bénéfice économique de tous, comme
dans les centres de l'argent à New York City, de nos jours. Par l'emploi d'un
système audio et de photographies des Sénégalais vivant actuellement à Venise,
il leur donne la parole et les laisse raconter leur histoire. C'est un document
qui parle de l'impossible rêve de trouver une place en sécurité dans un monde
de plus en plus séparateur et violent. Remplaçant la porte principale du pavillon français par un miroir semi-transparent, l'artiste Jean-Marc Bustamante a créé un espace accessible et en même temps enfermé, ouvert et distant, l'accès au pavillon se fait par la gauche. Le côté miroir est tourné vers l'extérieur, il renvoie l'image des alentours, du jardin du pavillon allemand qui est en face. L'intérieur est composé de trois espaces dominés par une combinaison de photos, de peintures, de sérigraphies sur plexi, et de sculptures qui remplissent l'espace et l'illuminent dans des explosions de lumière et de couleurs. Le projet dénommé Pavillon des amazones, se situe entre la photographie, la peinture et la sculpture. On voit quatre clichés géants qui ornent l'espace central et représentent dans une sorte de foret des jeunes femmes artistes appelées 'amazones' par Bustamente. Pour Bustamente le mythe des Amazones est très ancien et à la fois très actuel; l'évolution du statut de la femme dans la société, sa façon de penser etc. C'est aussi pour Bustamente l'allégorie de la vie d'artiste aujourd'hui. Les photos hésitent entre la notion de paysage et celle de portrait. Peut-on associer visage et paysage ? On voit également des sérigraphies
sur plexiglas, dans lesquelles le mur révèle l'image. Ce sont des images que Bustamante
a trouvées sur l'internet et qui montrent des jeunes
gens dans des scènes nocturnes et retouchées pour obtenir un effet de réel
oscillant entre peinture et photographie. Tout cela crée une atmosphère
de perte dans le temps, fait songer au
cinéma fantastique, aux scènes filmées par caméra de surveillance, dans des
couleurs un peu spectrales avec beaucoup de verts. Un pavillon qui m'a beaucoup plu est le
pavillon des Pays Nordiques. Sous le
titre Devil-may-care (toujours
en mouvement, plein de vitalité) une
expression ironique et impertinente, qui cherche à évoque une idée, un point
de vue, ici les affinités présentes dans l'idéal artistique de la femme artiste.
Trois femmes réunissent leur langage artistique dans un pavillon superbe
(l'architecture permet aux arbres de pousser a travers le toit). Kristina Bræin’s, Dilemma of politeness, part d'une peinture
minimaliste entre surfaces en couleurs et objets, avec de la peinture appliquée
sur les objets ou directement sur le mur. Karen
Mamma Anderssons se situe plutôt vers l'expressionnisme européen mais
elle mélange les citations de l'expressionnisme à sa manière personnelle et
unique. Liisa Lounilas
travaille dans le domaine multimédia –
installations vidéo, elle poursuit les special effects des films d'action. Mais par la mauvaise performance de sa caméra
(construite par elle-même) et par-delà la mauvaise qualité de ses images, elle joue
sur le contraste entre ces
images et l'image parfaite de la culture que nous présente l'industrie hollywoodienne. Au pavillon néerlandais je suis très touchée par la vidéo A woman walks always a mile more (une femme fais toujours des kilomètres en plus). Ce qui réfère aux endroits mal éclairés dans les villes, aux rues qu'une femme seule doit éviter le soir et qui de ce fait doit marcher des kilomètres en plus. Le message est clair : la ville est faite par les hommes et pour les hommes. Egalement, un film sur la femme, avec des
images d'un catwalk enscéné. Des femmes qui portent des vêtements avec des
slogans comme 'Beauty beats violence' (La beauté
triomphe sur la violence), des slogans qui, très subtils, soulignent le statut
de second ordre de la femme. Des femmes
taciturnes vêtues d'un tissu blanc brillant. Les femmes de différentes
nationalités, portant sur leurs vêtements les mêmes mots chacune dans sa propre
langue. Soudain, s'affiche sur l'écran
en lettres rouges le texte suivant : 27
femmes tuées dans leur maison depuis le 1ier janvier 2003 en
Espagne... L'image suivante – en gros plan – des visages de femmes, 'overdressed', sur un marché, la couleur or – jaune/or est
dominante ; de la musique très lente: image des femmes se promenant en
ralenti; puis la musique prend un rythme menaçant,
les femmes commencent à courir entre les terrasses et à travers le marché.
Pourquoi ? Pour qui ? Les femmes
s'arrêtent et tournent leur tête et
regardent sans sourciller vers la caméra. Vue de dos des femmes. Le film se
termine avec la remarque que les vêtements étaient dog-bite proof, fire proof et anti-bullit fashion. Un film par la Foundation Mondriaan. Concept d'Alicia Framis. Dans le
Giardini, l'idée 'art' s’avère très
large, très élaborée. L'environnement et l'architecture des pavillons sont
souvent repris dans le concept des oeuvres d'art de l'intérieur. Après toute une journée d'art, je suis vraiment saturée. Le pavillon italien avec resto sous les arbres
est très attirant : il donne l'occasion de se reposer et de boire un vin blanc
frais ou de manger une bonne salade. Tout cela accompagné par le toujours présent
chant des cri-cris, une mélodie typique de la Méditerranée. Les prix ne sont pas exagérés, pas plus
chers que chez nous dans les
endroits touristiques. Comme j'ai acheté un ticket autobus-vaporetto
(valable pendant trois jours pour 22 Euro), je décide de prendre un bateau sans
savoir où il va m'emmener, question de voir Venise et de me rafraîchir sur
l'eau. Je me promène du Rialto au Palazzo Gritti. Par moments
je suis toute seule dans des petites ruelles larges seulement d'un bon mètre. Le calme, la beauté. Je m'imagine les Venitiens
du 15ième siècle se promenant comme moi dans La Serenissima. Les sons d'un concert de Vivaldi flottent
sur la place: magique ! Belle fin d'une
journée bien intéressante. Vera Lewijse, |
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Le pavillon belge
Sylvie Eyberg
Kerry Marshall
Windslow Homer
Dan Graham
Berlinde
Berlinde
Ruri
Pavillon d'Israël
Michal Rovner
Fred Wilson,
Fred Wilson
Marc Bustamente
Pavillon
des
Mamma Andersson
Liisa Lounila
Alicia Framis
Valery Koshliakov
Paola Pivi
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50esima esposizione internazionale d'arte, |
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| Exposition accessible du 15 juin au 2 novembre 2003. |
Copyright © 2003 Mémoires et Vera
Lewijse.
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