LA LETTRE MENSUELLE

Les chroniques de Françoise Bernardi.  Juillet 2003. 
   Art on Cows : les vaches sont entrées dans Bruxelles,
  
une exposition de plein air, sur divers sites dans Bruxelles.

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Plusieurs troupeaux de vaches ont envahi Bruxelles depuis le 21 juin. L’idée est née à Zürich en 1998 d’une envie de promouvoir l’art le commerce dans la ville. Plus de 800 vaches en fibre de verre avaient alors été décorées par des artistes. Dans la capitale belge, ce sont presque 200 bovins qui animent plusieurs quartiers bruxellois.

Le principe est simple et a déjà rencontré le succès dans de nombreuses villes depuis ses débuts. Les vaches sont vendues vierges à des mécènes qui les font ensuite « habiller » par des artistes personnellement choisis. A la fin de l’exposition, le troupeau est vendu aux enchères et l’argent est réparti entre les associations caritatives, les artistes, les mécènes, les organisateurs et le propriétaire du principe Art on Cows.

A Bruxelles, les joyeux quadrupèdes sont répartis sur plusieurs sites de passage important comme la Place Royale, Place Poelaert, Galerie de la Reine et du Roi. Il est possible de se procurer un plan qui détaille le parcours. Les vaches sont parfois liées au lieu de leur exposition comme celles qui se trouvent devant le Palais de Justice ou le Palais royal. 

On peut juste espérer qu’elles garderont leur aspect d’origine mais rien n’est moins sûr. Si le climat a déjà causé des dégâts à plusieurs d’entre elles, on peut aussi regretter la détérioration de certaines par quelques « cowboys » de passage. 

Le choix de la vache comme support offre une vision surréaliste de la ville mais on peut aussi y percevoir une certaine symbolique. Il s’agit d’un animal familier et surtout « maternel » qui répond à nos besoins quotidiens en nous offrant, souvent sans consentement, son lait et sa chair. L’objectif avoué d’un tel événement n’est autre que de donner de la couleur à la ville et d’y apporter un peu d’humour.

Cette exposition en plein air suscite évidemment le débat, s’agit-t-il d’art ou de marketing ? L’art n’est-il pas ici qu’un simple prétexte pour permettre aux sponsors et organisateurs de se faire de l’argent ? 

Quoi qu’il en soit ces vaches rencontrent un public qui se montre de façon général assez content de l’initiative. Ne pourrait-on pas, pour une fois, s’épargner de longs débats et profiter de l’été en croyant naïvement que ces bovins ne sont là que pour nous faire sourire ?

Françoise Bernardi,         
Historienne de l'art         


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Pas d'illustrations 
pour cet article
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Exposition en plein air dans Bruxelles sur plusieurs sites.

Exposition accessible jusqu'au 21 septembre 2003.

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