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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Françoise Bernardi. Juillet 2003. Femmes fatales 1860 - 1910, à Anvers, Séductrices et destructrices... pour l'homme qui s'y frotte ! |
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;; Autour d’une cinquantaine d’œuvres (tableaux, dessins, sculptures) l’exposition d’Anvers aborde une thématique qui connaît entre 1860 et 1910 un engouement particulier dans la littérature, l’opéra, le théâtre et les beaux-arts. Cette courte période voit le symbolisme s’imposer comme le courant majeur avec ses références à la littérature et la mythologie. En effet, les récits bibliques et mythologiques offrent aux artistes une source riche d’inspiration mais aussi d’interprétation. Médée, Cléopâtre, Judith, Dalila ou Salomé sont autant de femmes aux charmes irrésistibles dont les hommes sont les victimes. Le désir de vengeance et de justice qui les anime les pousse à commettre des actes irréversibles dont les œuvres ici exposées se font l’écho. Ces femmes fatales sont souvent représentées avec des attributs ou dans des attitudes qui accentuent leur sensualité mais aussi leur force : longue et luxuriante chevelure, regard franc et droit, robe fluide avec des jeux de transparence, de nombreux bijoux, une silhouette longiligne. La mort, la violence et le sang côtoient la beauté féminine et surtout fatale. Cléopâtre regarde lancinante son amant de la veille transporté mort par ses valets (Alexandre Cabanal, 1887). Clytemnestre s’affiche avec la hanche toute ensanglantée qui lui a servi à tuer Agamemnon (John Collier, 1882). Salomé porte triomphante la tête fraîchement coupée de Jean-Baptiste (Aubrey Beardsley, 1893 ; Georges-Olivier Desvallières, Gustave Moreau). La beauté et l’horreur, la mort et la vie sont unis dans des œuvres troublantes où la femme tient le rôle principal. Les artistes mettent en exergue un aspect (supposé) perfide de la femme moderne au XIXè siècle et la représentent sous forme de sirènes, sphinx, harpies ou encore vampires. Ces différentes figures fantasmagoriques diabolisent en quelque sorte la femme et la définissent comme une dangereuse séductrice dont l’homme doit se méfier au risque d’y perdre sa vie. Ainsi, on retrouve deux peintures à la mise en scène étudiée et théâtrale (Herbert Draper, 1910 ; John William Waterhouse, 1891) qui présentent Ulysse tenté par les sirènes et attaché au mât de son bateau afin de résister au mieux à leurs chants. Le sphinx, félin ailé à la tête de femme, est un thème privilégié par les artistes du XIXè qui peuvent exprimer au mieux la nature animale de la femme. C’est alors le côté sensuel et mystérieux qui est privilégié comme dans les célèbres Sataniques de Félicien Rops (1882) Les fées et sorcières qui peuplent les récits légendaires médiévaux sont une autre source d’inspiration qui présentent également une femme manipulatrice et destructrice. On retrouve la Fée Morgane préparant ses maléfices dans une œuvre de Frederick Sandys, artiste particulièrement soucieux du détail. Parsifal se fait également harceler par le diable qui a pris la forme d’une femme séduisante (Arthur Hacker, 1894). Edvard Munch occupe une place particulière dans cette exposition. Considéré comme le plus grand peintre misogyne de sa génération, on retrouve dans ces œuvres de nombreux êtres fantasmagoriques féminins : vampire, harpie. L’homme y est souvent représenté comme une proie. C’est sa perdition que l’artiste norvégien met en image. Le Musée des
beaux-arts d’Anvers propose une exposition pour se laisser séduire. Mais
attention car si les femmes y sont belles et sensuelles, il ne faut pas oublier
que leurs charmes peuvent mener à la mort. Françoise Bernardi,
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F. Khnopff
A. Stevens
Agache
Cabanel
Alma-Tadema
Stuck |
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Musée royal des
Beaux-Arts, Léopold de Waelpaats - 2000 Anvers. |
Draper |
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Du mardi au dimanche de 10 à 17h, Fermé le lundi. |
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| Exposition accessible jusqu'au 17 août 2003. |
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