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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Juillet 2003 "Le théâtre de Jean Pierre Souvraz", chez Contrast Gallery à Bruxelles. |
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;; Ouvrez
les yeux, vous voilà face au théâtre ironique et sinistre de Jean Pierre
Souvraz, Lillois né en 1948 et qui expose régulièrement ses phantasmes
depuis bien des années. D’abord
on est surpris par les images violentes répercutées de toile en toile. Ce ne
sont que mecs bizarres et atmosphères
lourdes. Les personnages de Souvraz se ressemblent tous et leurs yeux sournois
disent une certaine méfiance à l’égard d’un quotidien qu’ils sont
bien obligés de subir ! Ici,
sous son grand feutre noir, surgit « Le fantôme de l’opéra »
aux oreilles pointues, aux moustaches félines, à peine surpris par la présence
dérangeante de monstres marins mi congres, mi poissons, aux couleurs
stridentes et qu’on devine visqueux. Voudrait-on les empoigner qu’ils
glisseraient entre les doigts. Là,
sans aucun doute, d’autres complotent… « Début de partie »
évoque une partie de cartes où quatre personnages inquiétants exhibent trèfles,
carreaux, cœurs, piques. Sur la toile, le temps est suspendu comme si les
mauvais garçons tenaient, suspendu entre leurs mains le destin du monde. Tout
ceci pour dire, qu’au premier coup d’œil, on n’est pas vraiment
attiré par cette peinture difficile à regarder mais l’exubérance
des couleurs fait peu à peu surface et le foisonnement des hommes et de leurs
animaux donne au spectacle un côté jubilatoire rappelant un peu le monde de
Jérôme Bosch. L’artiste
travaille avec sérieux, au moyen de pigments purs et de liants. Sa palette
chromatique est soutenue sans vulgarité, sa matière est généreuse. En
grand nombre, les animaux participent à ce jeu aux allures pseudo canailles où
rien n’est dit et où tout se devine. Parfois
réunis deux par deux, et en petits formats très colorés, la vache, la chèvre,
le cheval, le singe, l’oiseau sont représentés en plans différents qui
structurent joliment la toile. En
plus grand format, dans « La chambre de Noé », ils sont tachetés
de joyeux coloris et devisent comme des humains. Air important, bras levés,
yeux attentifs, ils se racontent des histoires pour ne rien dire ou tiennent
un rôle qui est évidemment une imposture à la manière des hommes. Finalement
cette peinture brusque et sans prétention cache peut-être sous l’ironie
goguenarde des personnages, une tendresse refoulée, un malaise existentiel,
une profonde solitude. Rien ne vaut la dérision pour masquer la détresse… Colette Bertot
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Le fantôme de l'opéra
La chambre de Noé
Guerre
Début de partie |
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Contrast Gallery, 21 rue Ernest Allard, 1000 Bruxelles. |
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Du
mardi au vendredi de 12h à 18h. Samedi de 11H à 18h30. |
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| Jusqu’au 13 juillet 2003. |
Copyright © 2003 Mémoires et Colette
Bertot.
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