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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de
Colette Bertot. Juillet 2003 "Good morning La Louvière", Les petits-déjeuners de la célèbre manufacture Boch-Keramis. |
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; Flash back. L’aventure commence en 1841 quand une branche de la famille
Boch installée à Septfontaines ( Luxembourg ) quitte le bercail pour créer en
Belgique la manufacture Keramis à Saint Vaast ( La Louvière ). D’énormes
moyens techniques sont mis en œuvre, le succès est immédiat. La faïence est
pure, sa couleur incomparable. En 1851, Boch Frères reprend la Manufacture Royale et Impériale de
Tournai ce qui lui permet de chercher inspiration dans l’extraordinaire
patrimoine de la célèbre maison avec ses services « A la mouche »,
« Romarin », « Ronda ». Apparaissent également des décors inspirés par la faïence de Delft ou
la majolique italienne. Au début des années 1890, Anna Boch, personnalité
exubérante et artiste de talent invite, entre autres, Théo van Rijsselberghe à
venir travailler dans l’entreprise familiale. Plus tard Charles Catteau
insuffle son style, sobre et géométrique à la faïencerie qui occupe plusieurs
centaines d’ouvriers…Mais le vent tourne. Fin de la période de gloire. Aujourd’hui Boch continue avec une petite équipe et une volonté
farouche de sauver un patrimoine inestimable. Une Fondation est née dans le but de restaurer les bâtiments (en piètre
état), de sauvegarder les impressionnants « fours bouteilles » en
briques réfractaires datant du XIX°, d’inventorier les moules, de créer un
musée. L’art du petit déjeuner. « Good morning La Louvière » tel est l’intitulé d’une
charmante exposition organisée sur place. Elle est évidemment sans prétention
et rassemble dans quelques vitrines une sélection de services à petits
déjeuners et d’objets en faïence ayant contribué à un certain art de vivre dont
nous gardons tous le souvenir. Tel plat à tarte au décor de « Glands » nous rappelle la
table juponnée d’une vieille tante qui recevait à goûter ses turbulents neveux. Tel service Art Déco, datant de 1930, aux formes géométriques, aux
lignes souples oranges et noires évoque, pour nous, les interminables fins de
repas chez un notaire de province. Telle théière au motif « Tricot » datant des années 1870, tel
sobre sucrier au décor « Romantique » aujourd’hui dépareillés et
remisés au fond d’un placard sont des modèles de raffinement. Promis, juré…on
va les ressortir ! Et que dire des bols à pois de nos grands mères, des pots à lait
« Chocolat Côte d’or », des classiques tartinières en faïence du
service Copenhague qui, grâce à Dieu, ont résisté au temps et prennent encore,
chez nous, le chemin de petits déjeuners familiaux et campagnards. Au fil des vitrines les décors « Paon », « Coup de
fouet », « Platine » se succèdent humblement et témoignent en
silence du savoir faire de la faïencerie, oeuvrant depuis ses origines à créer,
autour de la table des moments précieux d’échange et de convivialité. Avec l’évolution des habitudes culinaires, la vaisselle s’est adaptée.
Le petit déjeuner, essentiel pour la santé, s’agrémente de céréales, d’œufs, de
pains divers, de jus de fruits, de confitures. Royal Boch l’a compris qui entend perpétuer la tradition en produisant
toujours les grands classiques mais en créant aussi de nouveaux modèles comme
ce joyeux service « Blue Note » qui porte bien son nom ou ces jeunes
tartinières réalisées par des artistes contemporains comme J.F. Octave
inscrivant en long et en large, en blanc et en noir, un joli texte… à
déchiffrer au petit matin ! Les collectionneurs d’objets de cuisine apprécieront la collection de moulins à café de Rombouts sans l’arôme duquel un petit déjeuner ne serait pas un petit déjeuner . Le lecteur nous en voudra-t-il de conclure en ces termes : Au
secours ! Ne laissons mourir ni Royal Boch ni le Val Saint Lambert, car
que seraient nos tables, demain, garnies de tristes services destinés au micro
onde ou de verres à moutarde d’une décoiffante banalité ? Colette Bertot |
* Boch-Keramis
Boch-Keramis,
Boch-Keramis
Boch-Keramis
Boch-Keramis
Boch-Keramis,
Boch-Keramis, |
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Royal
Boch. Boulevard des Droits de l’Homme. La Louvière. |
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Tous les jours, sauf le lundi de 10h à
17h . |
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| Jusqu’au 30 septembre 2003. |
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Bertot.
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