LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Juin 2001 .
3. "Nathalie Joiris... Histoire d'arbres", à Waterloo

 

Il y a des siècles, semble-t-il, que nous connaissons Nathalie Joiris se confrontant avec l'arbre, source de vie, de questions, de combats. C'est toujours comme ça avec les artistes qui n'ont pas peur de poser des questions. Ils se jettent à corps perdu dans des recherches de mouvement, de matériaux, de structures, ouvrent une brèche, s'y engouffrent, s'y installent, évoluent en créant un nouveau langage et donnent l'impression de pérenniser une oeuvre qui existe depuis toujours. De situer, selon les dires de l'artiste "l'arbre sculpture dans un contexte social et culturel".

Avec sa tignasse retenue à la diable, ses grands yeux noirs et ardents, ses mains noueuses qui savent ce que travailler veut dire, elle ressemble encore et toujours à la toute jeune artiste rencontrée, un jour d'été 91, sur les hauteurs de la citadelle de Namur où elle exposait ses premières oeuvres, mariage apparemment fragile de l'arbre et de la pierre. Mais de fragilité, il n'y avait que l'apparence.

Pour Nathalie Joiris, le combat commençait, âpre comme tout combat. Le bois devenait son matériau privilégié. Elle allait lui inventer une autre histoire en rien comparable à celle des artistes classiques taillant, polissant, manipulant le bois à l'envie. Ici, c'est la forêt entière qui interpelle l'artiste.

La forêt avec ses jeunes pousses et ses feuilles fragiles mais aussi ses brisures, ses éclatements, ses noeuds.

L'artiste travaille à double sens, si l'on peut dire. D'une part, elle s'attaque au matériau mort, le façonne à sa guise, le brutalise, le fait éclater à coups de coins métalliques, l'ouvre pour le mieux ligaturer ensuite, panse ses plaies d'emplâtres de granit, demande au bronze ou à l'acier de lui rendre une solidité perdue.

D'autre part joue, avec la vie qui bat dans les jeunes branches au rythme des saisons. Oh, elle n'est pas toujours tendre l'artiste qui emprisonne l'arbre, le met en cage, l'isole, l'enserre entre deux murs de granit -tête en haut, tête en bas- le plie, le redresse, le magnifie parce qu'il essence de la terre, le soigne même à coup de prothèses et de baxter pour voir ce qui va se passer et trouver réponse à ses interrogations.

Comme celle de l'architecte, "sa démarche est une appropriation de l'espace par les formes". Une démarche actuellement exposée à Waterloo dans une petite galerie rarement ouverte mais au design approprié à l'arbre dans tous ses états dont nous parle Nathalie Joiris. L'arbre "rare symbole vivant qui permet à l'être humain aux quatre coins de la planète, de communiquer avec un langage similaire".

 Stephane Rey     

 

 

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Plaquette de 
l'exposition

 

 

 

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Sans titre
Nathalie Joiris

Its-Art-Ist, 8, rue Bruyère Saint-Jean, Waterloo.
Samedi 15h30 - 18h30. Dimanche 10-13 h.
ou sur rendez-vous. Tel.: 02/351.35.53
Jusqu’au 24 juin 2001.

Copyright © 2001 Memoires et Stephane Rey ; l'artiste pour les oeuvres et les photos.
Tous droits réservés.


 

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