LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Juin 2001 .
2. "Il était une fois... le thé" - Mariemont et Bruxelles.

 

Deux expositions évoquent pour nous le thé, ce breuvage sans doute presqu'aussi ancien que l'eau et dont l'origine se perd dans les brumes et le silence des vallées chinoises, indiennes ou japonaises.

Connu depuis la plus haute antiquité, il fut utilisé comme médicament, fortifiant, désinfectant, emplâtre, onguent, puis comme support aux méditations des moines bouddhistes, enfin comme boisson appréciée des nobles, des lettrés, des gens comme vous et moi!

Le thé, dit-on, stimule mais n'excite pas. Il s'en consommé de par le monde environ 15.000 tasses à la seconde!

,/\u Musée de Mariemont, les amateurs découvriront avec émerveillement un authentique pavillon de thé, implanté depuis peu au milieu même des collections, dans le respect des traditions, par des artisans japonais de l'école Urasenke du thé de Kvoto. Une belle aventure et un édifice classique et simple (de 7 m x 4m x4m) construit en matériaux traditionnels (bois, pisé, écrans de papier). L'occasion pour le musée de réunir en un même lieu des céramiques rares comme des bols en raku, des jarres, des boîtes à thé souvent enfermées dans des réserves... L'occasion aussi de proposer une approche vivante de 1'un des aspects les plus captivants de la culture japonaise: la cérémonie du thé.

L,e même esprit souffle au Pavillon chinois qui propose lui, une exposition "pointue" sur l'art de. la théière pourpre née à Yixing, dans la province chinoise de Jiangsu et célèbre pour ses grès caractérisés par une teinte brun-rouge à haute teneur en oxyde de fer qui, en cuisant, donne toute une gamme de coloris allant du jaune au brun, voire au pourpre.

Contrairement à la porcelaine lisse et froide, le grès de Yixing interpelle tous les sens que ce soit par ses formes, le son qu'il rend, l'odeur et le goût qui résultent du contact des feuilles de thé avec le grès chaud, jusqu'à la sensation de cette matière douce et granuleuse comme la peau.

Amateurs de belles choses orientales, soyez " zen " et prenez le temps de parcourir les salles du Pavillon chinois dont les vitrines recèlent des trésors de raffinement.

Théières au décor moulé, appliqué ton sur ton ou contrasté, émaillé, laqué, ou décor à l'engobe. Elles jalonnent les siècles.

La plus ancienne en forme "d'oeuf de dragon" inspirée des oeufs de dinosaures fossilisés découverts en Mongolie, date de 1575, et pour prouver que l'art de la théière Yixing n'appartient pas qu'au passé, quatre maîtres-potiers contemporains ont réalisé une théière, spécialement à l'occasion de cette exposition.

Le thé n'est pas le coca-cola. On s'en aperçoit ici avec bonheur. Les objets et

l'état d'esprit qui participent à sa consommation parlent d'art et de culture. Gageons que "partager fine simple tasse de thé" prendra dorénavant une autre signification...

 Stephane Rey     

 

 

 

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"Théière en forme d'oeuf 
de dragon", 1575

 

 

 

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Théière contemporaine,
créée spécialement 
pour cette exposition par
 Xu Ketang, Yixing, 1999

 

>> Musée Royal de Mariemont. Morlanwelz.
Cérémonie du thé, chaque troisième dimanche du mois.

>> Pavillon Chinois. 44 av. van Praet. Bruxelles. 
Jusqu'au 3 septembre 2001.

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