LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Mai 2001 .
1. "Roland Devolder... Magique et tellement humain"

 
La ville d’Ostende rend un bien bel hommage à son concitoyen Roland Devolder né en 1938, artiste puissant et chaleureux qui, depuis la fin de ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Gand, n’a cessé ni de travailler, ni d’exposer, ni de séduire ceux qui attendent de l’expression artistique une approche en profondeur de l’être humain, de ses secrets, de ses émois.

Il se fait d’abord connaître par des gravures, des dessins aquarellés d’une qualité exceptionnelle. On y côtoie visages de vieillards, visages d’adolescents aux yeux ronds un peu égarés comme perdus dans leurs songes et leur solitude.

Avec la peinture, l’oeuvre s’étoffe tout en continuant à poursuivre son inspiration antérieure.

Devolder ne cesse de porter intérêt à la démarche de l’homme au quotidien dans une atmosphère douce-amère, fantastique parfois où l’on sent un besoin d’évasion jamais assouvi. Pour preuve les licornes, les oiseaux, les chevaux et autres personnages insolites venus gambader comme par miracle au coeur des toiles.

Couleurs graves, transparentes, mystérieuses ajoutent encore à l’étrangeté de la démarche de l’artiste, exclusivement figurative, et qui ne s’est jamais laissé impressionner par les sirènes désordonnées d’un certain art contemporain.

On ne rit pas beaucoup dans le monde selon de Devolder. On le sait, la vie n’est pas toujours drôle, elle est ce qu’elle est, et il en est conscient au point que le spectateur attentif perçoive, au détour de chacune de ses oeuvres, un trouble de l’âme, une angoisse non dite que le succès n’a pas apaisé.

C’est pourtant avec infiniment de plaisir qu’on parcourt le chemin de l’artiste à la poursuite de buveurs accoudés à un coin de table, de funambules au regard triste, de danseurs, de musiciens des rues plantés sur des pieds vigoureux et accrochés à leur piano à bretelles, de filles rêveuses, d’orphelines sans joie, de

gamins désoeuvrés tapant sans conviction dans un ballon trop mou.

Tous ces personnages, un peu fantastiques mais pourtant bien réels, répondent, à leur façon, au besoin d’échapper aux servitudes du présent.

On ne peut oublier ni leur regard, ni leurs gestes qu’on dirait exécutés au ralenti.

Devolder pourtant ne rejette pas le mouvement qui déplace les lignes. Il est sensible aux pertes d’équilibre, aux vertiges de la balançoire, à la fuite oblique d’un chien qui fuit.

Tout cela interpelle le spectateur, le fascine, lui envahit l’esprit. Les images bougent, vivent, parlent car le diable d’homme a bien des choses à dire sur l’absurdité de la vie et les dit avec force.

 Stephane Rey     

 

 

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09ilr1aa.jpg (16253 octets)

"Rustend meisje met hond"
© Roland De Volder

 

 

 

09ilr1bb.jpg (11250 octets)

Titre non communiqué
© Roland De Volder
© Photo Yvan Poncelet
tiré de la plaquette
du MSKO

 

Museum. Feestpaleis. Wapenplein. Oostende.
Jusqu’au 27 mai 2001.
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