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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de Françoise BERNARDI. Mai 2001 . | |
| "Surréalisme et photographie", à Charleroi |
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Les artistes surréalistes abordent la photographie selon de nouvelles techniques et thématiques, ils se distinguent ainsi de toutes les créations antérieures. Les photographies sont travaillées, manipulées le plus souvent dans la chambre noire. Man Ray crée ses premiers rayogrammes en 1922, les objets sont en contact direct avec le papier ; Raoul Ubac multiplie les recherches techniques et se distingue par le procédé de la pétrification dont le résultat est une image proche du bas-relief. Ici sont exposées ses Pierres de Dalmatie qui font partie de ses recherches sur la matière et la forme à partir des montages de pierres. On peut également citer le brûlage, le photogramme, le soufflage ou la solarisation, nouveaux procédés qui laissent une grande part au hasard. Si l’exposition présente des oeuvres réalisées selon des techniques diverses, elle ne souligne malheureusement pas l’apport des surréalistes dans le développement et le perfectionnement de celles-ci. On peut également regretter que ces différents procédés ne soient pas brièvement expliqués. L’exposition, même si cela n’apparaît pas toujours clairement, propose une approche thématique des artistes surréalistes qui se sont adonnés à la photographie. Si les sujets abordés ne sont pas toujours nouveaux, c’est la façon de les traiter, de les cadrer qui les rend si particuliers. Ainsi, on retrouve des rues, des parcs, des façades qui offrent à la photographie un rythme, une succession et un chevauchement insolites de plans et de lignes. Les jeux d’ombres et de reflets ont également amusé certains artistes comme Maurice Tabard, Eugène Atget (photographes pas directement engagés dans le surréalisme, mais adoptés par ce mouvement), Bérénice Abbott, Germaine Krull. Ces photographes vont également jouer sur le cadrage, ils vont détacher un élément de son ensemble, l’isoler et le rendre ainsi autonome mais surtout incongru vu que séparé de sa réalité contextuelle : Jacques Boiffard et son oeuvre intitulée très explicitement Gros orteil ou Eli Lotar avec Isolateur. La femme, l’érotisme et le nu seront maintes fois traités, théâtralisés, mis en scène. A ce titre, on peut citer les oeuvres de Marcel Marien, Marcel Lefrancq, Alvarez Bravo ou Pierre Molinier. Une seule photographie de la série des Distorsions de Kertesz est exposée. Il s’agit de femmes devant un miroir déformant dont le corps n’est plus qu’une forme floue et nébuleuse. Si le principe de départ est tout à fait volontaire, c’est le hasard qui décide de la forme finale. La poupée et le mannequin ont hanté le travail de certains artistes. Le choix de ce motif dont la nature est très ambiguë n’est pas anodin : objet proche de l’homme par son apparence physique, par sa tenue vestimentaire. Ce clone reste pourtant soumis à la volonté de l’homme qui décide de chacun de ses mouvements. Mr et Mme Wood devant la T.V. de Man Ray viennent témoigner de cette thématique. Bellmer en a fait un de ses motifs de prédilection. Il fabriquait ses poupées, les montaient et démontaient, les mettait en scène pour les photographier. Françoise Bernardi |
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Marcel
Marïen
Marcel
Lefrancq
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Musée de la photographie à Charleroi. |
| Exposition accessible jusqu’au 3 juin 2001. |
| Tél. 071 43 58 10. E-mail : musee.photo@infonie.be |
Copyright © 2001 Mémoires et
Françoise Bernardi.
Pour les photos : comme indiqué en légende. Elle sont
tirées de la plaquette de l'exposition. Tous droits réservés.
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