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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de Françoise BERNARDI. Mai 2001 . | |
| "13 ans, 13 artistes", Galerie Lierhmann, Liège |
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On retrouve des peintures (Georges Collignon, Don Ken, Maurice Musin, Jo Rome et Roger Somville), des sculptures (Mady Andrien, Josep Bofill, Jean-Michel Folon, Pierre Petry, Roger Wauters) ainsi que des oeuvres du maître verrier liégeois Louis Leloup et de l’artisan bijoutier Jean-Pierre De Saedeleer. Les différents peintres ne sont liés entre eux que par le fait d’avoir exposé dans un même lieu. D’un point de vue stylistique, ils ont tous des caractères très différents, ce qui témoigne de la diversité des rencontres de la galerie. Roger Somville (Schaerbeek, 1923) présente ses peintures nettement figuratives, avec ses personnages à l’allure toujours un peu rêveuse, évoluant dans un univers abstrait. Dans une tendance figurative différente, on retrouve Maurice Musin (Liège, 1939) et un de ses thèmes de prédilection : la femme (l’enfant et les chevaux étant ses deux autres sujets maintes fois traités). Les traits sont souples, les lignes pures et fluides. Les tons chauds ajoutent à la poésie de ses peintures, où des personnages à la silhouette parfaite semblent traverser comme dans un rêve. Jo Rome (Horion-Hozémont, 1937) nous offre ses peintures nostalgiques, souvenirs de son enfance. Peu soucieux du détail, il préfère s’attacher au travail de la matière, du geste et des couleurs. Ses personnages, le plus souvent des enfants, n’ont pas de visages, ce qui leur confère un caractère énigmatique. L’anecdotique n’est pas de mise, il s’agit d’aller au-delà d’une transcription purement réaliste pour évoquer les sentiments liés à son enfance. De façon très différente, Don Ken puise, lui aussi, dans son enfance les motifs de son art. Ses oeuvres, dans l’esprit du pop art, mettent en scène Mickey, Donald ou encore Pluto, personnages emblématiques de Disney. Les tableaux présentent un aspect confus où des graffitis viennent comme annoter l’oeuvre initiale et lui ajouter du sens. Il faut également noter la présence des peintures abstraites de Georges Collignon (Liège, 1923). La Galerie Liehrmann a également invité des sculpteurs : Mady Andrien, Josep Bofill, Pierre Petry ou Roger Wauters. Ils ont chacun développé un langage très personnel, les techniques et les styles sont très différents, ce qui nous permet de profiter de la grande richesse de cet art. Mady Andrien est certainement l’artiste la plus connue des liégeois. Si son nom n’est pas toujours connu de tous, ses sculptures par contre n’ont échappé à personne. En effet, il serait difficile d’ignorer le Saute mouton, Place des Carmes, Les Principautaires, Place Saint-Barthélemy ou encore La piscine en face de l’Hôpital de la Citadelle. Il ne s’agit là que de quelques exemples car sa production est évidemment bien plus importante. La joie, la tendresse, la douceur animent toujours de ces sculptures. Elle trouve toujours son inspiration dans le quotidien, elle vole des moments de vie, elle saisi des instants de bonheur. La galerie a choisi d’exposer ses couples de baigneurs complices, calmes et paisibles. Dans un esprit plus tourmenté, les sculptures de Josep Bofill interrogent la condition humaine. Cet artiste espagnol mélange les matières (résine, crayon, métal, photographie) dans des oeuvres fantastiques. Il met en scène l’homme face à lui-même. On retrouve dans la galerie les deux grands axes de son art. Le premier où l’homme est de dimension réduite, toujours en instabilité par rapport à la structure environnante. Ses oeuvres récentes sont beaucoup plus réalistes, il prête une attention très particulière à l’anatomie, au corps des êtres qu’il met en scène. Le résultat est troublant par son réalisme et par l’emprise de la matière sur les êtres qui semblent souvent enfermés, pris au piège. Autre sculpteur qui par son art interroge la condition humaine , Roger Wauters est lui aussi un habitué de la Galerie. Ses sculptures procèdent toujours d’un même schéma : silhouettes longilignes, démesurément étirées, les différents parties du corps ne sont pas soulignées, seul le visage est marqué par les traits fins et réalistes. Dans un tout autre esprit plus léger, Pierre Petry (Liège, 1943) compose des êtres hybrides où fusionnent l’homme et l’animal. Ses sculptures conservent un aspect brut et vivant par les coups de palettes clairement perceptibles. Pierre Alechinsky et Jean-Michel Folon, exceptionnellement présents en ces lieux, ont tenu à fêter l’anniversaire de la galerie. Ce sont les talents de sculpteur de Folon qui sont ici mis à l’honneur avec L’homme chat, La femme oiseau et Le fil du temps. Ces pièces sculptées sont à l’image de ses travaux d’illustration. Il reflètent un même univers, une même douce poésie. Quant à Pierre Alechinsky (Bruxelles, 1927), on le retrouve avec la spontanéité de sa calligraphie, la fluidité et la souplesse de ses traits. 13 ans, 13 artistes, 13 bonnes raisons de (re)découvrir la Galerie Liehrmann au travers de personnalités qui en ont fait les beaux jours. Cette exposition permettra aux habitués de se souvenir des grands moments. Pour les autres, il s’agira peut-être de la découverte de la richesse et la diversité des artistes exposés. Françoise Bernardi |
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Galerie Liehrmann, Bd Piercot, 4 - 4000 Liège. |
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| Exposition accessible jusqu’au 27 mai 2001. | |
| Tél. 04 223 58 93 |
Copyright © 2001 Mémoires et
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* Somville et Collignon : supprimés
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