Un virus informatique comme oeuvre d'art !

C'est une des surprises, mais certainement pas la meilleure, de la Biennale de Venise 2001 (de juin à novembre).

Les spectateurs peuvent y voir un ordinateur occupé à se détruire en direct, tous ses fichiers s'infectant. Ceci est présenté comme une "performance" artistique !

Le virus est nommé "BIENALE.PY", et est la prétendue adaptation artistique de deux autres virus qui ont en leur temps défrayé la chronique : MELISSA et LOVE BUG. Il est l'oeuvre de deux groupes : l'European Net Art Collective et epidemiC, qui ne s'expriment que collectivement et sous le couvert de l'anonymat : courageux mais pas téméraires :-)

2000 T-shirts à 15 USD, et 10 CD-ROMs  à 1.500 USD, avec le code-source, sont proposés à la vente. Il s'est trouvé déjà un grand nombre d'acquéreurs pour les T-shirts. Le code-source est également sur le site des créateurs.

Bien que ceux-ci aient expliqué qu'ils avaient prévenu les grandes maisons de logiciels, notamment celles qui fabriquent les anti-virus, cette initiative a surtout soulevé révolte et réprobation. Il s'est bien trouvé un professeur de l'Histoire de l'art (Lisa Jevbratt, Université de San-Jose aux Etats-Unis) pour légitimer cette action en qualité d'oeuvre d'art qui innoverait au même titre que toute nouvelle expérience.

A notre avis, nous nous trouvons devant un nouveau cas de surenchère dans la recherche éperdue de reconnaissance. Après les poissons rouges que le spectateur pouvait à sa guise tuer par électrocution, et bien d'autres manifestations pseudo-culturelles nauséabondes, celle-ci vient ajouter à la panoplie des transgressions qui prétendre appartenir à l'art.

Dans cet ordre d'idées, on pourrait imaginer un artiste pyromane qui allumerait les feux de forêts, ou un autre modifiant le corps (le sien ou celui d'autrui) par quelques mutilations. Henri de Montherlant fréquentait les pissotières à la recherche de jeunes éphèbes : de nos jours, en suivant toutes ces démarches, on admettrait sans doute qu'il visitait une exposition !

Bref, une nouvelle fois l'insignifiance est parvenue à faire parler d'elle, simplement parce qu'elle fait peur. Quant à dire qu'il s'agit d'art...

Liens en rapport :
* le site de la Biennale

* le site d'EpidemiC

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