LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Avril 2001 .
1. "Atelier belge, chez Dexia Bruxelles"

 
Curieuse exposition que celle présentée actuellement chez Dexia, focalisée depuis toujours sur l’art belge, et qui convie le visiteur à venir admirer l’oeuvre de 13 artistes bien de chez nous, vivant et travaillant tous à Bruxelles, Anvers, Gand, Liège ou ailleurs.

La question posée par Dexia est celle-ci: l’art belge existe-t-il ? et peut-on retrouver dans les oeuvres des artistes sélectionnés un état d’esprit typiquement belge ? Question paradoxale s’il en est quand on connaît le paysage "politique" du pays mais enfin...

Ils sont 13 à parler de leur identité et donnent en tout cas la preuve qu’ils sont tout sauf monotones, mieux qu’ils remportent un succès certain à l’étranger.

Encadré par des représentants de différentes disciplines (comme le sociologue Alberto Melucci, le professeur Jacques Sojcher, l’historien d’art Lieven van den Abeele) le projet, lancé par Dexia, a donc pris forme.

D’une liste de 30 artistes, 13 sont sortis. Ils ont été rencontrés chez eux ou dans leurs ateliers, ils ont parlé de leur identité, de leur place dans la société, de leurs relations avec le pays et avec l’art belge.

Un livre bilingue et peu banal accompagne l’exposition. Chaque artiste s’y raconte et répond aux mêmes questions. Le professeur Melucci y va de son discours sur l’identité dans la société actuelle et le rôle de l’art dans ce domaine.

12 personnalités adressent 12 lettres ouvertes à l’artiste de leur choix pour expliquer ce que l’art contemporain leur apporte.

Une vraie "analyse" quoi... que ne renierait pas Lacan et qui conduit en droite ligne à une "communautaire" dilatation du moi !

En rangs serrés et par ordre alphabétique citons les heureux retenus.

Jacques Charlier (Liège) Patrick Corillon (Knokke) Wim Delvoye (Wervick) Gerry Desmet (Merksem) Jan Fabre (Anvers) Michel François (Saint Trond) Marie-Jo Lafontaine (Anvers) Johan Muyle (Charleroi) Michael Samyn et Auriea Harvey (Poperingue- Indianapolis) Luc Tuymans (Mortsel Patrick van Caeckenbergh (Alost) Anne-Mie Van Kerckhoven. Epinglons au hasard...

Wim Delvoye pour ses "prolétaires" comme il dit, objets que tout le monde connaît (épluchures, planches à repasser ) dont il fait des images fortes (!) et surprenantes.

Jean Fabre, chorégraphe et plasticien, pour une gracieuse statue creuse habillée de petites bestioles vertes.

Marie-Jo Lafontaine pour sa "Belle jeunesse", une série de photos monumentales et percutantes de jeunes de Schaarbeek qui nous confrontent à une société multiculturelle.

Jean Muyle, l’incontournable, dont le rhino sans corne hantait il y a peu le hall du musée de Tervueren, nous revient avec d’intéressantes sculptures-assemblages et un monumental crocodile en mouvement intitulé "Que le monde aille à sa perte".

Luc Tuymans enfin, qui fut enfant autiste et devint peintre pour s’exprimer, peint un monde froid, blanc, dont l’espoir est absent.

Vous avez dit esprit belge ? Réponse de Jan Fabre: "je ne me sens vraiment belge que quand je regarde un match des Diables Rouges". Dont acte.

Stephane Rey     

 

 

 

Cliquez sur la miniature pour voir l'oeuvre en plein écran

 

 

08ilrey44.JPG (17481 octets)

"Que le monde aille
 à sa perte"

Johan Muyle
© J. Muyle

 

 

 

 

 

 

Dexia. Passage 44. Bruxelles. Jusqu’au 10 Juin 2001.
Ouvert du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Fermé lundi et jours fériés.
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