LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Mars 2001 .
1. "TEFAF Maastricht... Paradis des amateurs d'art"

T
Il n’est pas dans les habitudes de notre "lettre mensuelle" d’évoquer un évènement hors frontière mais quand il s’agit d’un évènement aussi capital que la Foire de Maastricht, nous ne pouvons le passer sous silence tant il va - il doit - interpeller l’amateur d’art.

Première constatation, Maastricht n’est situé qu’à un jet de pierre de la frontière belge et la ville, pour la circonstance, sort ses plus beaux atours en matière de bulbes fleuris.

Deuxième constatation, la TEFAF ( The European Fine Art Fair ) 2001 s’annonce comme un grand cru, avec un large éventail d’oeuvres d’art, toutes de qualité muséale, présentées par 198 marchands venus de 13 pays, dans une atmosphère intemporelle à la fois moderne et classique "mise en scène" par le sculpteur, architecte et designer Tom Postma.

Les amateurs y découvriront tableaux, dessins et gravures, antiquités et objets d’art, pièces égyptiennes, classiques, médiévales, orientales, argenterie, porcelaine, meubles et tapisseries sans oublier l’art du 20° siècle.

Pour notre part et parce qu’il est impossible de balayer d’un coup de plume une telle abondance, nous avons choisi d’épingler deux exposants, susceptibles de toucher plus particulièrement notre fibre nationale.

Le premier à retenir notre attention est Berko, galeriste belge de qualité qui s’est, depuis belle lurette, spécialisé en peinture des 19° et 20° siècles.

Membre de la Chambre Belge des experts en tableaux, expert lui-même près des Compagnies d’Assurances, il propose, ici comme ailleurs, une sélection de haut niveau avec, entr’autres, une fraîche " Clairière ", huile sur toile, de Cesar De Cock, gantois du 19°, élève de l’Académie de sa ville natale qui travailla à Paris et fut conseillé par Corot dont on retrouve la maîtrise et la patte dans un verdoyant fouillis d’arbres et de branchages penchés sur un paisible cours d’eau.

Ou encore cette oeuvre peu banale signée Eugène Verboeckhoven et figurant, en une course élégante et mouvementée "Le retour du troupeau". L’artiste schaerbeeckois qui parcourut en tous sens et les Ardennes et d’autres pays d’Europe inscrit là tout son talent de peintre animalier et paysagiste. Sur fond de paysage aride et rocailleux, chevaux, béliers et brebis obéissent promptement au coup de canne impérieux d’un berger d’opérette!

L’autre exposant qui retient notre attention est français. Il s’agit de la Galerie Blondeel-Deroyan située rue de Lille à Paris et spécialisée dans la tapisserie, une discipline artistique abondamment pratiquée chez nous et dont le stand nous remettra en mémoire, avec bonheur, scènes de Cour, scènes de vie quotidienne "tissées" dans la laine et dans la soie, semées de "millefleurs", de feuillages, de fleurs, d’oiseaux, de fruits et évoquant des centres de production aussi prestigieux qu’Audenaerde, Bruges, Tournai.

Le visiteur pourra, par exemple, admirer une tapisserie à fond bleu et feuilles d’acanthes stylisées provenant probablement de Flandres et datant du 16° siècle.

Bordée de candélabres, masques grotesques et branches fleuries, elle fera pâlir d’envie tous les amateurs de " tapis de mur ".

Mais il y a tant à voir à Maastricht. De meubles anglais en citronnier, époque George III en porcelaine de Meissen, d’un paysage précoce de Brueghel le Velours à un double portrait de Modigliani... qu’il faut y aller pour y croire.

Stephane Rey           

 

 

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"Le retour du troupeau"
Eugène Verboeckhoven
© Photo Berko

 

 

 

 

 

 

TEFAF. Maastricht. MECC.
Du 10 au 18 mars 2001. De 11h à 19h.
Copyright © 2001 Memoires et Stephane Rey. Tous droits réservés.

 

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