![]() |
** N° 07 - mars 2001 ** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 01 03 01 |
![]()
|
Sommaire |
Stephane Rey : |
TETAF Maastricht... Paradis des amateurs d'art | |
| Editorial | Lise Brachet, Plaidoyer pour la Paix | ||
| Le contenu | Chantal Bietlot à la Galerie Isabella Brant d'Anvers | ||
| A Deurle : Fondation Dhont - Dhaesens | |||
|
Françoise Bernardi : |
Jean-Pierre Husquinet à l'Espace Les Brasseurs à Liège | ||
| La peinture contemporaine au Pays de Liège, Salle St-Georges | |||
| Les chroniques universitaires : | |||
| 1. Bernard Gilbert, Un peintre en résistance, par Madame Julie Hanique | |||
| 2. L'affiche de théâtre en Communauté française, par Madame Françoise Bernardi | |||
| Musée Rops à Namur : Année des Saveurs | |||
| Un nouvel artiste sur le site : Bob van Damme ; également présent à "Expositions". | |||
| Une page d'actualités : Nouvelles des salles de ventes | |||
| Pour financer notre site : Nous vendons quelques oeuvres ... de plus | |||
|
Une des importantes polémiques de ces dernières semaines -mais peut-être la jugerez-vous futile- concerna la publicité faite par l'agence Adecco. Vous vous rappelez de cet obèse nu censé incarner un patron qui embauche : le message en était qu'il n'y a plus à craindre de tels harcèlements avec l'agence en question. J'avoue avoir souri de cette franche gauloiserie, mais j'ai sans doute eu tort à en juger par l'indignation qu'elle a suscitée. Comme le sentiment d'être atteint dans sa dignité est trop respectable que pour être contesté, dès lors qu'il n'est pas feint, je me garderai d'intervenir plus avant dans cet aspect du débat. L'outrage en l'occurrence me paraissait bien mince, mais dans nos contrées où le sirop a remplacé le piment, il est permis de s'indigner à bon compte, et ici "à compte d'auteur" ! Pour rester plus proche de notre propos sur l'art, je voudrais vous faire part de quelques considérations sur l'esthétisme, l'esthétique et le bon goût, dont on a dit que cette publicité les bafouait, eux aussi. Ecartons d'emblée l'esthétisme qui est plus proche d'une doctrine (la quête du beau pour lui-même, ou du beau absolu). Le mois dernier, je m'insurgeais contre certaines manifestations à prétention artistique, mais plus proches de lieux publics d'aisance ou de dépôts d'immondices. Ces considérations n'ont en fait rien à voir avec les notions d'esthétique et de bon goût qui, comme notre légitimité à nous indigner, nous sont personnelles et donc "non négociables". Pourquoi un Boudha dodu en porcelaine orientale ou en faïence européenne serait-il "moins beau" qu'une danseuse de Chiparus ? L'affaire n'est pas si simple, et j'ai pour une fois appelé Kant à la rescousse -je n'ai jamais lésiné sur la qualité des collaborateurs ! Le philosophe distingue (1) entre l'agréable, le beau et le bon. L'agréable et le bon sont dictés par un intérêt et/ou présupposent un besoin. L'agréable est guidé par l'intérêt des sens : manger quand on a faim p ex, et le besoin est satisfait. A contrario, les transgressions dont je parlais en février -et qu'évoque Madame Hanique dans son article pour dire que Bernard Gilbert les refuse- ne sont ni belles ni laides, elles sont désagréables. Elles conditionnent en nous, disais-je, les réflexes du chien de Pavlov. Le bon est guidé par la raison : la loi (la morale, dit Kant) parle et implique un commandement auquel on satisfait. Et Kant de poursuivre : "on peut dire qu'entre ces trois genres de satisfaction, celle du goût pour le beau est seule une satisfaction désintéressée et libre ; en effet aucun intérêt, ni des sens, ni de la raison, ne contraint l'assentiment". Cela implique que la liberté ne s'exercerait que lorsqu'on ressent un sentiment de beau. Les poissons rouges passés à la moulinette comme l'a fait récemment un artiste participent de l'expérience "stimulus-réponse", "agréable-désagréable". A l'autre pôle, définir un "bon" ou un "mauvais" goût en revient à associer des termes antinomiques, puisque bon et mauvais sont des concepts normatifs sans rapport avec notre impression de beau. La diversité de l'expression artistique est précisément issue de notre liberté à trouver certaines oeuvres belles. Nous devons refuser qu'on nous en fasse grief. Néanmoins, définir la production artistique par ses caractères de beauté risquerait d'enfermer la fonction de l'art dans sa vertu "décorative", au pire. Et nous tombons alors dans une vision à oeillères, car la plupart des vrais artistes ont voulu transmettre une émotion (qui peut certes être un sentiment de beauté, mais pas nécessairement), une réflexion (j'évite encore et toujours le terme de "message", sauf pour la publicité). Et là, nous sommes forcés d'admettre que l'art a bien d'autres contenus que la beauté ou la laideur ; que la raison peut et doit intervenir dans la lecture d'une oeuvre. Vous
voyez que le débat est loin d'être tranché ! (1) Critique de la faculté de juger, traduction de Philonenko, Vrin, Paris. E. Mons delle Roche
|
Si vous
avez des réactions
|
|
Le contenu Retour au sommaire Vous lirez les chiffres à droite. Les offres liées à l'inscription sont visibles en cliquant [ici]. Il en est désormais fini de nos offres de lancement pour les artistes, galeries et métiers d'art. Par contre, les avantages offerts aux visiteurs sont devenus permanents : une fiche gratuite par an, et la possibilité d'insérer 5 petites annonces dans la "Bourse des particuliers". L'abonnement reste à 1.210 FB (30 euro) tant que nous n'aurons pas accru significativement le nombre de fiches artistes. Les abonnés actuels se verront, eux, prolongés de quelques mois pour compenser notre retard. Ils en seront avertis personnellement. |
|
||||||||||||||||||||||||||
|
La chronique d'Art&Fact - Historiens d'Art de l'Université de Liège. Ce mois, l'article est de Madame Hanique. Elle évoque un artiste dinantais actuel, Bernard Gilbert qui, refusant de céder aux provocations en vogue, innove de belle manière : conceptuelle comme technique. Historienne d'Art et collaboratrice de Mémoires, Madame Françoise Bernardi nous propose un article sur un sujet qu'elle connaît bien puisqu'elle a réalisé son mémoire de fin d'étude sur ce sujet : L'affiche de théâtre contemporaine en Communauté française. Les membres de notre liste de diffusion en avaient pris connaissance dès le 15 02 01, et ce travail très fouillé et illustré est proposé à tous dans cette lettre. |
Pour réagir : |
||||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||||
|
Pour nous contacter :
|
* Les prochaines chroniques
universitaires auront pour thème : * Françoise Bernardi a accepté de collaborer à notre lettre en nous fournissant des chroniques d'exposition tous les mois : deux chroniques sont déjà présentes ce mois-ci. La lettre s'en trouve enrichie d'une plume avisée et alerte. E. Mons delle Roche. |
[Retour à l'accueil] [Inscription à notre liste de diffusion] [Abonnements]
Toutes les anciennes chroniques se trouvent dans [nos archives].
Copyright © 2001 Memoires. Tous droits réservés.