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LA LETTRE MENSUELLE |
| La chronique de Stephane REY. Février 2001 . |
| 2. Lucien BRAET à la Galerie Reinold Ketelbuters. |
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N Lucien Braet avait épousé Michèle Purnal (dont nous avons eu l’occasion de parler dans nos chroniques d’octobre 2000). Secret et discret, le couple vivait et travaillait en Brabant Wallon dans une maison féérique entourée de roses. C’est là, dans son atelier que Lucien Braet décède en septembre 1980. Il avait coutume de dire qu’il peignait, qu’il dessinait et n’exposait pas ! D’une extrême honnêteté dans son art et d’une permanente insatisfaction dans son esprit, il a détruit une grande partie de son oeuvre ce qui donne plus de valeur encore aux oeuvres "rescapées". En 1983, la commune de Watermael- Boitsfort (où il est professeur) organise une exposition révélant les différentes facettes de l’artiste. Un court moment "réaliste abstrait" durant sa jeunesse, Braet change de style dans les années 60 et réapprend à peindre et dessiner d’après nature. Ses paysages, ses natures mortes, ses bouquets, ses portraits font preuve d’une superbe habileté d’exécution. Sa virtuosité, son trait de crayon incisif forcent l’admiration. Plus tard, le peintre se tourne avec vigueur vers le monde douloureux du ghetto de Varsovie, de l’affaire Bonnot, du coup d’état au Chili. Angoisse et solitude marquent de leur empreinte les oeuvres de cette période comme si elles étaient "le reflet d’un drame intérieur et d’une recherche d’intensité et de liberté"... La dernière période de l’artiste fut érotique. Ces oeuvres là n’ont jamais été exposées et Michèle Purnal avoue avoir longtemps hésité à le faire. C’est à la galerie Reinold Ketelbuters qu’elle a confié ce soin et c’est avec émotion que le spectateur en prendra connaissance tant le travail est empreint de rigueur. Rien de pornographique dans ces dessins d’une écriture impeccable où corps et sexes masculins- féminins évoquent un jeu d’épures ou de planches anatomiques que ne renierait certes pas Vinci. On songe aussi au graveur Pierre Yves Trémois qui fit toujours la part belle à l’amour sans se départir jamais d’une certaine austérité un peu païenne. Tourmenté, avide d’un inaccessible absolu, Lucien Braet fut de ces artistes pour qui le dessin "unique et fragile reste plus que jamais un témoignage de la probité de l’art". On découvrira ici, exposés pour la première fois, une impressionnante série de dessins érotiques et quelques nus à l’huile d’un savoir faire et d’une exigence technique exemplaires. Stephane Rey |
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Lucien Braet Dessin |
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| Galerie Reinold Ketelbuters. 16 rue Sainte-Anne. Sablon. Bruxelles. | ||
| Du 9 Février au 4 mars. Du jeudi au samedi de 13h à 18h. Le dimanche de 11h à 16h. | ||
| Tel. 02/ 512.35.67. |
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