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LA LETTRE MENSUELLE |
| La chronique de Stephane REY. Janvier 2001 . |
| 3. Claire Moinil à la Galerie Pierre Hallet. |
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E Depuis quelques années, elle fit de nombreuses apparitions avec et à la galerie Pierre Hallet où la voici de retour avec une sélection de ses derniers travaux, essentiellement de grandes peintures à l’huile sur toile de jute " fruits d’une production aussi vitale qu’abondante". Son art s’apparente incontestablement à l’art brut... dont l’appellation remonte à Dubuffet et à la fin des années 40. Le but de cet art ? " rechercher des productions artistiques dues à des personnes obscurs, et présentant un caractère spécial d’invention personnelle, de spontanéité, de liberté à l’égard des conventions et des habitudes reçues "... Une bonne partie des oeuvres d’art brut ont pour auteur des malades mentaux mais bien des oeuvres proviennent aussi de gens du commun, comme vous et moi, touchés par les aléas de la vie - chômage, solitude, familles éclatées - et exprimant de façon picturale leur mal de vivre. Ni naïf, ni surréaliste cet art, qu’on dit modeste, et qui souvent ignore même qu’il s’appelle art est une façon, pour certains artistes de donner un sens à leur existence, de trouver leur place dans une société où personne ne se connaît plus, ne se voit plus, ne se parle plus. Emouvante et écorchée, Claire Moinil fait partie de cette cohorte d’êtres tourmentés posant un moment sur la toile, comme pour se dégager d’un fardeau, des bribes de souffrance, des souvenirs éparpillés trop lourds à porter. Sa grande huile sur toile intitulée: " Confusion et multitude " porte bien son nom et figure un indescriptible charabia de signes, de chiffres et de mots sur lequel évoluent, dans des coloris plaisants, de drôles de bonshommes aux yeux ébahis, aux cheveux dressés d’effroi. Ailleurs quatre personnages rudimentaires, rouges sur fond jaune, déambulent " pour mémoire ". On dirait un dessin d’enfant mais en y regardant de plus près, il semble que l’essentiel accompagne leur marche silencieuse. L’artiste manie avec délicatesse une palette de coloris tirant sur les rouges, les noirs, les ocres. Rien de criard, rien de vulgaire. L’art de Claire Moinil vient plus des tripes que de la tête nous dit-on. Peindre serait sa seule issue sur le monde. L’ennui, avec l’art brut, c’est qu’il y a toujours un malaise et l’on ne peut s’empêcher de poser la question piège: la démarche de l’artiste est-elle sincère ou découle-t-elle d’un procédé lui faisant jouer un jeu?... A noter la présence de quelques "toiles majeures" de Antoine Mortier aux côtés de Claire Moinil, omniprésente. Stephane Rey |
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Claire Moinil, 2000 Quatre
personnages
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| Galerie Pierre Hallet. 33 rue Ernest Allard. 1000 Bruxelles. | ||
| Jusqu’au 28 Janvier 2001. | ||
| Mardi, mercredi, jeudi, samedi de 14h30 à 18h30. Dimanche de 11h30 à 13h30. |
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