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*** N° 04 *** |
| LA LETTRE MENSUELLE |
Parution du 25 11 00 |
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L'art est-il en progrès continuel ? Nous pouvons parfois donner cette impression que, comparant des courants ou des techniques, nous attribuerions à certains des "mérites" que n'auraient pas eu leurs prédécesseurs. Cela signifierait qu'à l'instar de la science, l'art avancerait par sauts qualitatifs, serait guidé par quelque logique de progrès, d'amélioration de la connaissance ou d'un accroissement de compétences dans la restitution et la transmission des mémoires (sentiments, émotions, allégories, voire compréhension du Beau ou de l'Idéal). Or, nous pensons tout le contraire, même s'il est indéniable que l'art évolue et innove. Nous avons dit (lettre N°1, voir archives), combien cette évolution est tributaire et redevable des courants antécédents. Cela ne signifie pas un "progrès" au sens d'un art qui serait de meilleure qualité, ou d'une meilleure maîtrise de la réalité. L'artiste répond "poétiquement"aux mêmes questions que le philosophe qui y répond "rationnellement", ou que le scientifique dont la réponse s'efforce d'être expérimentale, mathématique, fût-ce par le biais des séries statistiques. Pour affirmer un progrès artistique, nous devrions admettre que certains artistes ont "mieux répondu" que leurs prédécesseurs, que leur solution (l'oeuvre d'art) a un degré de validité, quant à sa valeur cognitive, plus élevé. Or, dire cela imposerait d'appliquer à l'art les critères de la science, c'est-à-dire s'assurer -notamment- des conditions de reproductibilité (ou de falsabilité selon Popper), alors que l'oeuvre d'art est une réponse unique. L'oeuvre est terminée quand l'artiste l'affirme telle. Une théorie scientifique est provisoirement valide, jusqu'à sa réfutation. Réfute-t-on, sauf pour dire que ce n'en est pas, une oeuvre d'art ? La science est donc dirigée par des méthodes, impératives parce qu'elles la fondent. Elle est cumulative, ou plutôt constamment ajustée. De plus, la science a un but qui est, précisément via ses caractéristiques de reproductibilité, d'agir sur les composantes qu'elle analyse. Même si c'est à terme en ce qui concerne la recherche fondamentale. L'art n'a pas cette visée utilitariste. Il n'en reste pas moins qu'il répond à une nécessité. Nécessité induite par le fait que l'Homme est un animal social, qui n'existe que par reconnaissance au et par le groupe. Nécessité dérivée de l'incapacité de la science a donner les réponses exhaustives. Nécessité générée par l'insatisfaction que procure une appréhension uniquement rationnelle de l'univers. Les positivistes purs et durs ont depuis longtemps soldé leurs prétentions. Et si l'on veut me suivre, il en découle à la limite que l'Homme pourrait se passer de science, mais pas d'expression artistique. L'Art trouverait sa justification et ses fondements dans sa nécessité intrinsèque. La Science trouverait sa justification dans ses applications, et ses fondements dans sa méthode. Magnifique sujet de réflexion pour le moins, mais sans nous cacher que l'art du discours ne dispense pas du doute scientifique. E. Mons delle Roche
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La chronique d'Art&Fact, association des Historiens d'Art de l'Université de Liège. Ce mois de novembre 2000, deuxième article des Historiens d'Art d'Art&Fact, asbl regroupant les licenciés de l'Université de Liège : Luis Salazar par Valérie Halleux, un artiste bien belge malgré ses ascendances hispaniques. Les estampes et gravures : techniques. Nous voici au troisième des 4 articles consacrés à la technique des multiples. Outil pour l'amateur, mais rédigé avec la rigueur nécessaire, l'article de ce mois traite de la taille en creux, ou taille-douce. Voyez sur : Estampes/techniques/3 pour les procédés mécaniques (burin, pointe-sèche,...) et sur Estampes/techniques/3B pour l'eau-forte et ses variantes. |
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