LA LETTRE MENSUELLE
Les chroniques de Stephane REY. Novembre 2000 .
1. "ART BELGIUM" au Passage 44

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Pour ses 140 ans d’existence, la banque Dexia met sur pied une exposition prestigieuse donnant un aperçu des tendances artistiques belges de 1860 à nos jours car, il y a bien et on l’oublie trop souvent, une "production belge" distincte de celle des voisins.

La collection du Crédit Communal comporte plus de 2000 pièces dont presque toutes sont belges à l’exception de quelques oeuvres d’artistes étrangers ayant travaillé en Belgique. La politique d’achat se distingue d’autres collections, celles des Communautés, par exemple, branchées surtout sur l’art contemporain.

Au départ, les oeuvres n’étaient pas destinées au grand public mais aux bureaux de la société et à la salle du conseil. Les temps ont changé et c’est tant mieux. Le Passage 44 voit régulièrement défiler des expos de haut niveau. C’est la première fois que la banque présente les pièces maîtresses de sa propre collection " collant " à tous les mouvements artistiques qui ont marqué l’histoire des arts plastiques en Belgique de la deuxième moitié du 19° siècle à nos jours. Comme toujours l’exposition est accompagnée d’un très beau catalogue dont les auteurs, parmi lesquels Joost De Geest, conservateur du patrimoine artistique de Dexia, ont réussi l’exploit d’en faire un ouvrage d’art... A consulter sans modération!

La présentation des oeuvres est tout à fait originale. Elle permet un parcours intelligent à la fois initiatique et didactique. Un seul reproche. Il manque du recul pour regarder à loisir les pièces de grand format.

Mais ne boudons pas notre plaisir, il est intense.

En vitrine ( mais oui ) et en couverture du catalogue, une " Figure assise ", rêveuse, en polyester, réalisée en 1975 par Jacques Verduyn ouvre la marche, nous donne l’illusion de la réalité et nous rappelle que la société de consommation veille.

Au visiteur ensuite de marquer ses préférences au gré de ses sensibilités personnelles. Nous avons craqué pour " Les chiens " de Joseph Stevens se disputant férocement un os sur lequel il n’y a rien à ronger. Pour " Les pochards " de James Ensor, malheureux poivrots éclairés dans leur misère par une réconfortante lumière bleutée. Pour " La voile rouge " de Théo van Rysselberghe toute vibrante encore de la lumière de l’Impressionnisme. Pour le Portrait de Joseph de Craene , gamin à l’allure insupportable de suffisance, peint par Gustave Van de Woestyne. Pour les lignes vigoureuses du " Nu de dos " de Rik Slabbinck. Pour " Les transatlantiques " de Wolvens tournés vers la mer, habillés de toiles joliment bariolées et s’agitant doucement au vent venu du large. Pour la " Colonne " de Felix Roulin, en acier et bronze, emprisonnant dans une structure abstraite des pieds, des mains, des bouches cherchant à s’extirper ou à respirer. Pour l’absolue sobriété du " Tryptique " de Dan Van Severen. Pour " Le verger " de Bernard Lorge, tout bruissant d’un inquiétant feuillage. Pour l’irrésistible " Jo, le pingouin des volcans " de Marc Van Krinkelvelt ! La liste n’est pas exhaustive.

D’autres préfèreront Baugniet, Evenepoel, Khnopff, Delvaux, Magritte, Tytgat.

En matière d’art... seul l’oeil compte.

Stephane Rey           

 

 

 

 

Jacques Verduyn,
Figure assise
, 1975

 

Dexia. Passage 44. Bruxelles.
Jusqu’au 14 janvier 2001. Prolongé !
Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Info: 0800/ 99 900.

© Copyright 2000 Mémoires et Stephane Rey.

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