LA LETTRE MENSUELLE
La chronique de Stephane REY. Octobre 2000 .
3. Michèle Purnal à la Galerie Fayla de Bruxelles.

D
D’elle, on pourrait dire qu’elle ressemble à une fée sortie en droite ligne d’un livre d’images pour enfants sages. Etherée, intemporelle, évanescente, planant en quelque sorte entre ciel et terre comme un personnage de Chagall.

Et si son oeuvre picturale nous retient aujourd'hui, il serait réducteur de ne pas évoquer sa passion des roses anciennes. Une passion qui a, peu à peu, grignoté sa vie au point que son jardin - 140 espèces de roses - se visite lors des journées "Jardins ouverts".

Pour Michèle Purnal, il y a un temps pour tout. Un temps pour semer, un temps pour cueillir, un temps pour parler aux fleurs "sinon elles baissent la tête en signe de chagrin", un temps pour mélanger les pigments et inventer la palette des coloris qui fera le tableau parce qu’elle peint aussi notre jardinière et depuis belle lurette. Avec une infinie délicatesse. Imaginant des personnages féeriques, des petites filles faussement sages jouant au cerceau ou savourant le 4 heures entre ours en peluche et poupée. On ne sait trop ce qui leur passe par la tête mais on devine leur malice.

Parfois l’artiste se fait violente pour décliner à sa façon un "Christ aux outrages" façon Ensor. Parfois au contraire, elle adoucit le geste pour que surgisse un arbre, une fée des bois ou un souvenir diaphane à peine perceptible dans le silence magique de touches chromatiques légères.

Michèle Purnal manie avec virtuosité ombres et lumières mais où elle excelle, forcément, c’est dans sa moisson de fleurs assemblées en bouquets ou tressées en guirlande tout autour de la toile.

Les tons sont légers et frais. Les roses, les bleus dominent parfois rehaussés d’un rouge frondeur. Il y a de la poésie, de la tendresse, de la nostalgie et une pointe de fantastique dans l’écriture de Michèle Purnal.

On ne peut y rester insensible.

Stephane Rey    

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lm02ilrey1.JPG (208906 octets)

Marie,
Huile sur toile, détail

 

Galerie Fayla. 43 rue Lebeau. 1000 Bruxelles.
Jusqu’au 22 octobre 2000. Tous les jours de 11h à 18h30.
Tel. 02/ 511.17.35.

© Copyright 2000 Mémoires et Stephane Rey.

 

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