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LA LETTRE MENSUELLE |
| Les chroniques de Stephane REY. Octobre 2000 . |
| 1. Eugène De Bie à la Galerie K |
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;; Formé en Belgique et à Paris, il fut entr’autres, élève d’Anto Carte qui lui enseigna les lois de la composition. Il marquait également un grand attachement à Ensor et Permeke mais rejeta toujours la notion même d’appartenance à une " mode " ou à une école. Résolument figuratif, il traversa différentes périodes artistiques dues aux circonstances. Il croit à son art, vit pour lui et y puise une source constante de renouveau et de joie. Ses premières oeuvres sont réalistes, noires comme l’époque qu’elles traversent, comme les charbonnages, comme le service militaire et la mobilisation qui s’impose. Vient ensuite une période baroque voire fantastique peuplée de personnages qu’on dirait sortis de fêtes foraines ou de la comedia del’ arte. Clowns, comédiens, baladins, arlequins, vagabonds voisinent avec des diables aux regards inquiétants, des oiseleurs mauvais garçons, des gens du voyage en partance. Rien n’est jamais statique chez De Bie. Rien n’est jamais innocent non plus et l’on songe aux diableries de Jérôme Bosch, aux facéties de Brueghel. Quelque chose d’inquiétant traverse certaines oeuvres comme si, derrière les simulacres, les capuchons et les manches, l’artiste était hanté par l ’angoisse de la mort. " Tout spectacle porte en soi sa tragédie et son secret "... Par ailleurs, l’artiste a consacré une part importante de son oeuvre, pour nous la plus attachante, à cette terre bretonne qu’il affectionnait tant. Il y vécut en solitaire durant de nombreuses années ce qui explique peut-être la discrétion de sa renommée. Paysages, marines, chapelles, petits ports, plages désertes sous un ciel plombé ne font pas l’essentiel de ses préoccupations. Au coeur de sa production bretonne il y a aussi les gens de mer au visage buriné, les bretonnes en habit, les mendiants... tout un univers rattaché à une humanité profonde, à une terre de légende et de mélancolie racontée avec une maîtrise technique digne des plus grands. Le dessin, l’adresse, le choix des coloris en disent long sur la sagacité et de l’oeil et du pinceau de l’artiste. " Un homme d’intériorité fuyant toute publicité, fidèle à sa création comme un philosophe à son écritoire "... Pour évoquer cette oeuvre abondante, variée, trépidante de vie et d’imagination, une superbe monographie abondamment illustrée vient de sortir de presse comprenant des textes de Paul Caso, Denis Coekelberghs et Alexis Gloaguen. Stephane Rey |
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| Galerie K. 10 rue Charles Hanssens. 1000 Bruxelles. | |
| Jusqu’au 5 Novembre 2000. Du jeudi au samedi de 10h à 18h. Dimanche de 10h à 13h. Ou sur rendez-vous. 02/ 514.79.90. | |
| Monographie en vente à la galerie. |
© Copyright 2000 Mémoires et Stephane Rey.
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